Comment j’ai dompté ma peur et appris à aimer les requins, et autres petites peurs en eau libre.

Pourquoi faire des articles complets sur la technique en eau libre, sur les compétitions et leurs préparation, sur la stratégie lors d’une nage marathon ou d’une traversée de la Manche quand la plupart des nageurs ont tout simplement peur de se mettre à l’eau?

Voilà la constat qui s’impose suite à de nombreuses discussions notamment sur les réseaux sociaux ou les bords de piscines lorsque j’invite des nageurs à participer à une sortie en eau libre en mer, en lac, ou en rivière. Je passe rapidement sur une injonction qui est aussi systématique à propos de la qualité de l’eau, nageant la plupart du temps au Liban je dois avouer que c’est absolument désespérant mais je n’aborderai pas ici la pollution de nos eaux de baignades.

Alors qu’est ce qui fait peur à nos baigneurs, d’abord l’effet « Martin Brody », et, contre ça on ne peut pas faire grand chose. Si vous ne savez pas qui est Monsieur Brody et que je vous dis qu’il est le nouveau chef de la police à Amity, non toujours rien?

Il s’agit de Jaws (Les dents de la mer en français) qui depuis le 20 juin 1975 fait passer le banal petit requin peau bleu pour un Carcharodon Carcharias soit un grand blanc de la famille des Lamnidés, un requin qui peut atteindre plus de 6 mètres pour les femelles et qui certes peut attaquer l’homme mais qui est surtout la cible de l’homme si l’on regarde de près les statistique de pêche Versus celles des attaques.

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« We are gonna need a bigger boat » :  l’homme par qui tout est arrivé en juin 1975.

Tout est donc la faute de Steven Spielberg qui met dans la bouche de Matt Hooper et de du Capitaine Quint des récits terribles et qui nous font peur depuis presque 43 ans en nous faisant voir sous l’eau une ombre gigantesque qui jaillit sur nous. Soyons honnêtes on a tous eu la peur de notre vie en voyant un rocher, ou en heurtant un morceau de bois. Pourtant il n’existe que 3 espèces de requins qui mordent l’homme, le tigre, le bouledogue et le blanc et tout ceci dans des conditions de mauvaises visibilité et de nourriture présente près des côtes (eaux usées directement rejetées à la mer). Bref c’est rare, très rare, on plus de chance de mourir d’une piqûre de moustique.

Mais qui d’entre nous à eu la chance de croiser un animal de la sorte en pleine mer, c’est une chance extraordinaire de voir évoluer un requin, et non il ne faut un bateau plus gros le requin la plupart du temps tourne autour du nageur puis poursuit sa route, c’est nous qui intervenons dans son milieu et provoquons sa curiosité. De nombreuses traversées sont interrompues pour ces raisons, la peur de l’attaque faisant plus que l’attaque elle même.

Mais une fois dans l’eau douce, que se passe t-il dans la tête du nageur qui finira bien par accepter qu’aucun requin ne viendra lui mordre le maillot?

Il s’agit là simplement de la peur de la noyade qui ne serait éloignée que par la présence d’autres nageurs ou d’un kayak ou deux, voire d’un bateau ou d’avoir pied à tout moment (la peur du gouffre qui attirerait par le bas le nageur, bien connu aussi des récits en eau libre).

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Un « safe swimmer » très pratique pour se sécuriser mais aussi pour transporter des affaires lors d’une traversée, de plus en plus courant en compétition aussi pour répérer les nageurs et les rassurer.

Il existe des moyens de sécuriser sa nage en eau libre. D’abord, quoi de mieux, comme en montagne d’avoir le matériel nécessaire, ici pas de pelle ou de sonde mais une bouée qui pourrait supporter le poids du nageur en cas de moins bien et qui surtout le signale à des sauveteurs prévenus à l’avance ou à des bateaux rencontrés en chemin. Prendre l’avis des professionnels parait aussi nécessaires pour comprendre les courants, la marée, la météo et passer par une longues phases d’observations pour comprendre notamment comment on sortira de l’eau si les choses se gâtent notamment les vagues qui pourraient rendre cette fin de nage très compliquée et dangereuse.

Mais au risque de choquer mon lectorat je dois préciser qu’en ce qui concerne la noyade, là aussi les productions hollywoodiennes sont responsables de bien des clichés et qu’il est rare de pouvoir y faire quoi que ce soit, à moins d’avoir sous la main des professionnels performants et rapides.

Il faut en effet, avoir eu une bonne formation de sauveteur pour savoir quand réagir à une noyade car si on attend des éclaboussures et une gesticulation désespérée dans l’eau de la part d’un nageur qui appelle à l’aide, on peut être surpris par ce qu’est réellement ce qu’il faut appeler un étouffement.

En réalité à ce stade la nageur donnera plutôt l’impression de vouloir grimper sur quelque chose qui n’existe pas, il sera presque à la verticale et aura la tête en arrière avec la bouche juste à la surface ses mains seront donc sous l’eau à faire un petit chien et ses jambes ne seront pas vraiment actives, il pourra aussi être sur le dos, plus facile à identifier mais la chose fait peu de bruit et dure rarement très longtemps et ne fait aucun bruit. De là à dire que seul un sauveteur entrainé à repérer cela pourra intervenir il n’y a pas loin.

Voilà pourquoi dans biens des cas la sécurité que le nageur semble avoir mis en place pour se rassurer ne servira pas à grand chose car l’incident peut arriver sous les yeux d’un encadrement complet sans que personne ne sache vraiment ce qu’il doit regarder.

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Des sauveteurs, toujours une source d’information pour connaitre les dangers en milieu naturel, ici équipés d’un drone pour intervenir encore plus vite.

Partant de cette constatation je ne crains donc pas vraiment d’aller nager seul, comme je peux aller faire de la montagne seul, je le fais car j’en tire un réel plaisir et que j’en assume les conséquences par avance si je devais avoir un jour un accident, que je ne cherche pas à rendre coupable mon entourage ou mes compagnons de sorties qui, je le sais par avance, ne pourraient pas faire grand chose contre mon incapacité à rester à la surface. Ainsi je me souviendrai toute a vie de ce touriste que j’ai sorti d’un mauvais pas sur la plage d’Anglet lors d’une session de surf, j’avais alors 16 ans . Depuis, ayant passé quelques brevets de secourisme et suivi des entrainements spécifiques, l’auteur de cet article n’a pu sauver, malgré toute cette préparation, sa propre mère faisant un simple arrêt cardiaque sur terre en pleine journée, il faut savoir l’encaisser.

Voilà 43 ans que Jaws est sorti dans les salles et 43 ans (ou presque) que je nage ou surf très souvent seul pour autant je n’encourage personne à le faire mais j’aimerais tellement que les cours de secourisme soient obligatoires à l’école afin que quiconque puisse intervenir et tenter de sauver une personne en danger.

Petite anecdote sur le film pour finir sur une touche heureuse, on ne voit le requin qu’après 45 minutes de film, et l’angoisse vient surtout de son absence à l’écran qui est simplement évoquée par la musique et la vue à la première personne, mais dans le script original on devait le voir tourner autour de la nageuse nocturne lors de la première attaque mais la maquette du requin n’ayant pas supporté l’eau salé il a fallu trouver un autre procédé, et la force du film est surement dans cette évocation. Retournez le voir et retournez nager…

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Lancement de la saison à Chypre (Eurasia Swim Cup)

Si j’avais publié quelques photos de l’étape chypriote de l’Eurasia Swim Cup je n’ai pas encore eu le temps d’écrire la moindre ligne sur le sujet, et ce blog ayant comme objectif de faire découvrir des épreuves d’eau libre notamment je me devais de réparer cela au plus vite.  Cette année je vais avoir l’occasion de nager des étapes de coupe de France, une de l’open swim stars à Paris (fidèle depuis la première année), les championnats d’Europe masters (LEN) et d’autres épreuves au Pays Basque ou au Liban. Mais j’avais été attiré par une franchise qui m’était jusque là inconnue, Eurasia Swim Cup dont j’avais entendu parlé en recherchant des courses en Russie. Il s’avère qu’ils ont aussi des épreuves en Sicile et à Chypre, dont une en tout début de saison, parfait pour se tester sur 10km. Sur le papier tout pour me plaire.

C’était donc le 17 mars dernier à Larnaca, et non pas à Aiya Napa comme annoncé lors de l’inscription, près de l’ancienne forteresse, l’organisation russe proposait toutes les distances de 1000m à 10.000m en passant par des distances assez incompréhensibles sauf si on est triathlètes de 1900 et 3800m.

À ce stade il faut rappeler que beaucoup de nageurs d’eau libre y viennent par le biais du triathlon qui est pour l’instant plus développé à l’échelle mondiale, d’où la présence de nombreuses combinaisons et de ces distances. Rappelons au passage que la natation est déjà le parent pauvre du triathlon car si 5km nagés sont l’équivalent de 20km courus on en est loin au triple effort où elle se limite à moins de 4km pour 42,2km couru et 180km de vélo quand il faudrait pour équilibrer les disciplines, nager un peu plus de 10km. Soyons honnêtes si c’était la règle du jeu peu de triathlons longues distances auraient lieu faute de participants. Pour autant doit on en eau libre proposer des distances de triathlon pour faire venir des nageurs, cela reste une question ouverte, mais sur un seul parcours faire cohabiter un 3800m et un 6000 ou 10.000m parait plus que compliqué. Je précise qu’il existe des triathlons qui respectent la répartition égalitaire des distances dans les 3 disciplines, il ne s’agit pas du label ironman vous l’aurez compris.

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En dehors de ce choix étrange de vouloir plaire à plusieurs publics se posait la question du parcours et du ravitaillement, malgré quelques échanges de messages avec l’organisation je n’avais pas pu en savoir plus, pas évident pour préparer des nageurs à leur première longue distance en mer en compétition. Si je m’inscrivais sur la longue distance je conseillais aux masters que j’entraine au Liban de partir plutôt sur le 6km pour ne prendre aucun risque, je ne connaissais rien de l’organisation, du lieu, des conditions de ravitaillement ou de sécurité, et il vaut toujours mieux éviter de mauvaises surprises dans ces cas là.

Les horaires de départ ayant plus ou moins respectés nous avons du nager au moment où le vent se levait (pratiquement toujours au moment de la mi-journée) et donc face à lui sur 50% du trajet sans en bénéficier lors du retour car nous nagions trop proche de la côte bien à l’abri, un sens inverse de rotation aurait été beaucoup plus facile donc, mais c’est ce que l’on aime en eau libre, les conditions difficiles.

La sécurité sur l’eau et le ravitaillement avait l’air efficace, le briefing d’avant course très moyen pour le 10km où j’étais le seul non russophone, pour le reste le niveau sportif n’était pas forcément au rendez vous sauf sur le 6km, car pour ma part après avoir du courir dans l’eau pour le départ je virais en tête au 300m pour nager seul les 9700m restant. Heureusement je rattrapais à mi-course, des nageurs du 6km partis plus tard, qui me motivaient à garder un rythme et à finir en 2h39 malgré plus de 6km avec du vent et de la houle qui rendaient la course assez difficiles.

Le nageur suivant arrivait plus de 15 minutes après moi, ça change des coupes de France où les jeunes nageurs et nageuses me mettent un tour à mi-course dans un style et une facilité qui fait envie.

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Alors d’un point de vue technique le mélange de styles entre natation, triathlon, boite de nuit avec pole dancing et filles en maillots échancrés ne me donnent pas forcément envie de refaire une étape de cette franchise surtout à cause du manque de niveau globale de l’épreuve et du type de parcours qui en découle, car tourner en boucle en pleine mer c’est toujours un peu rageant, Chypre à bien mieux à proposer en terme de ballade en mer même sur 10km.  La distance en question se dénommait « Héro » on franchit là un cap assez navrant dans la médaille de « finisher » qui désormais se dote d’un qualificatif sur valorisant pour avoir nagé 2 ou 3 heures en mer. N’ayant sauvé personne ni même l’humanité pendant cette petite promenade pour laquelle je m’entrainer régulièrement je n’ai ressenti aucun héroïsme à franchir la ligne d’arrivée qui était sur la plage. Ici encore quand on dispose d’une arche flottante pourquoi la poser sur le sable, en eau libre un départ dans l’eau et une arrivé en tapant la planche c’est tout de même l’idéal.

Loin de moi l’idée de vous déconseiller leurs épreuves mais cela serait difficile car ils viennent d’annuler la plupart de leurs étapes en Russie pour en remplacer certaines par des épreuves en piscine (du sprint sur 50m) quand je vous parlais de mélange des styles.

Revenons à cette épreuve d’un point de vue technique, j’avais établi une stratégie à 3 ravitaillements car il faisait chaud, soit après 4, 6 et 8km en buvant essentiellement. J’ai souffert de cette chaleur, sur la fin surtout, en faisant face à la houle où un triceps sifflait un peu et où j’ai du passer par une phase d’éducatifs pour faire passer la douleur. Il serait bon de trouver des solutions pour soulager au mieux cette chaine musculaire et se préparer pour les 10km à venir (Paris en Juin, Annecy en Aout et Jablines en Septembre…) le niveau sera bien plus relevé.

Ceci dit c’était une très belle occasion de passer un week end avec les nageurs que je fais souffrir en bassin ou en mer par tous les temps, tout au long de l’année au sein de l’ATCL et si nous étions la délégation la plus nombreuse cela a surtout permis à de nombreux nageurs de prendre goût à l’eau libre en compétition et nous serons donc du voyage à Paris en juin.

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La préparation de la longue distance continue donc avec l’accroissement du volume et l’augmentation de la vitesse notamment sur des 1000m et plus. L’objectif étant de pouvoir nager avec une certaine facilité jusqu’à 6km pour pouvoir accélèrer sur la fin. À Paris cela sera sans grande difficulté car il y aura je le pense un grand nombre de nageurs, un courant favorable et que la navigation est quasiment absente, mais à Annecy seuls 20 nageurs prennent le départ et je serai surement parmi les derniers il faudra garder le moral et être capable de ne pas trop perdre de terrain sur un groupe intermédiaire. L’objectif étant de pouvoir réaliser des chronos autour de 2h20 lors de cette saison avant de penser à participer à des épreuves un peu plus longues notamment en Italie sur 15km et plus lors du circuit Gran Fondo.

http://www.circuitogranfondoitalia.it/gfi/calendario-circuito-gran-fondo-italia-2018/

L’eau libre ça donne envie de grand espace.

Ocean’s 21, les choses se précisent…

Il ne suffit pas de parler des choses pour qu’elles se réalisent mais parfois le fait d’en parler notamment sur les réseaux sociaux permet aussi de concrétiser les projets et ne pas les garder au stade de douces rêveries.

Openswimstars parle du projet Ocean’s 21

Ainsi se lance officiellement ce projet un peu fou mais parfaitement réalisable de nager seul ces 21 traversées dont les 7 du Ocean’s Seven et dont une quinzaine autour de l’Europe d’ici 4 ans pour les terminer si possible en 2021. Cela va demander de boucler un budget et de réunir une petite équipe autour de moi, de continuer à m’entrainer notamment à nager en eau froide, pour le reste rien d’impossible dans cette première mondiale (à ma connaissance).

Les 21 traversées me paraissent constituer un défi plus global et plus équilibré aussi que le Ocean’s Seven qui avait le mérite de lancer le principe mais qui passait sous silence Napoli-Capri par exemple ou Jersey-Saint Malo…

J’ai pu dessiner un tour de monde, en tout cas un tour d’Europe complet et quelques traversées ici ou là en hémisphère sud ou en Asie, qui avant tout me font envie et constitue un défi que je vais attaquer avec la plus grande motivation ces prochains mois.

L’obstacle majeur ne sera pas forcément financier mais peut être structurel car il est souvent difficile de trouver une place pour nager Gibraltar ou la Manche, donc sur ce point là pas de temps à perdre je me lance dans la guerre des inscriptions et des prises de contact.

Donc à très vite sur ce blog pour vous faire part de mes avancées et de mes premières traversées. Pour l’instant le compteur est à zéro mais désormais c’est officiel le projet Ocean’s 21 est lancé.

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Les clés de la réussite, qu’est ce qui détermine une bonne compétition en eau libre

À trois semaines de la reprise de la saison qui aura lieu, pour moi et bon nombre de nageurs libanais que j’entraine, à Chypre lors d’une manche de l’Eurasia Swim Cup, c’est l’occasion de faire le point sur le déroulement parfait d’un jour de compétition. Ce billet se veut, un petit guide pratique à l’attention des athlètes mais aussi des organisateurs afin que cette discipline se développe comme elle se doit.

Tout débute par une inscription et parfois par une course contre la montre pour trouver un bonnet mais bien souvent il faut aller à la pêche aux informations et à défaut d’une quelconque centralisation des informations il faut jongler avec des sites, des pages Facebook et autres afin de programmer sa saison. À ce stade on espère toujours avoir un maximum d’information dès le début et connaitre le parcours, s’il y aura des vestiaires, où un service de navette pour se rendre au point départ et espérer un retour des sacs au point d’arrivé car passer une demie journée en maillot de bain et abandonner des tongues sur une plage ça n’est pas très écolo. Malheureusement notre discipline est encore au stade de l’improvisation, mais au contraire de la ligue du même nom, c’est surtout un comique de répétition qui n’amuse pas sur le long terme.

Le jour j on souhaite encore de l’information et notamment sur les conditions de courses en cas de mauvais temps et être tenu au courant en temps réel ou presque des décisions de l’organisateur qui a tout pouvoir en la matière. Pourtant j’ai fait l’expérience d’un départ anticipé de la course un jour de beau temps sur un lac du centre de la France, sans que la plupart des nageurs soient mis au courant. Pas d’envoi d’email, pas de coups de téléphone et pire encore pas de réponse lorsque l’on appelait sur le numéro de l’organisateur. Rater un départ alors qu’on était à l’hôtel à faire passer le temps et arriver pour son 10km quand les rares nageurs avertis bouclent leur 5km c’est plus que rageant.

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L’information c’est aussi un briefing de sécurité fait dans les règles et là encore je ne parle pas d’un bénévole qui va tenter de crier trois consignes depuis un bateau à une minute du départ, en pensant que les 300 nageurs à moitié immergés, bonnets enfoncés sur la tête, ont parfaitement compris le parcours en mer qui les attend.

Je classe la qualité d’une épreuve selon des critères simples et lorsque l’on me demande de conseiller une course à un nageur je prend cette phase là comme référence. Ça peut paraitre étrange mais c’est un plaisir de nager dans un cadre bien organisé. J’ai pu par exemple prendre le départ de course où on avait du mal à comprendre le sens de rotation du parcours pourtant basique, deux bouées alignées à 500m de distance (en fait 400m).

Et c’est donc l’occasion d’aborder le point le plus sensible, le parcours en lui même. Ne pas connaitre le parcours au moment de l’inscription est une chose mais le voir se construire maladroitement au moment même du départ avec des bouées à peine visibles et sans aucun respect des distances annoncées marque un grand manque de considération pour les nageurs et pour la discipline.

Certes il n’est pas facile de faire un tracé exact, en plus le courant ou les vagues et le vent vont être de la partie pour durcir ou facilité ce trajet mais se limiter à des allers-retours entre deux bouées alors que le site propose des choses plus intéressantes c’est cruel pour le nageur en eau libre qui a l’impression de venir nager en bassin.

Il est bon à ce stade de mon énoncé de rappeler que je ne suis pas partisan des départ à 7h00 du matin sans avoir eu le temps d’un réveil musculaire et d’un échauffement, surtout quand la distance ou la météo ne sont pas contradictoire avec le fait de lancer l’épreuve au moment où il y aura du public et que les athlètes auront ainsi toutes les chances de nager vite et bien.

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Vient enfin le déroulement de la course qui nécessite que les règles soient réellement appliquées, à savoir le dossier épineux des combinaisons et des homologations par la Fina des tenues des nageurs, mais aussi que le parcours a bien été respecté, le nombre de tours bien validé ou que le départ n’a pas été volé de plusieurs dizaines de mètres par certains. Si en plus il n’y a pas à l’arrivée 204 podiums par catégories d’âge et que le chronométrage est bien fait et le classement vite connu et diffusé (notamment pour le celui de la coupe de France), alors tout ira bien, mais là c’est le meilleur des mondes.

L’un des moyens de développer ce sport n’est pas de le limiter à des boucles sans fin, dans des endroits vide sans aucun média ou public, en laissant un gout amer aux compétiteurs, mais bien en proposant une belle expérience, une belle traversée en mer, en lac ou en rivière mais qui donnera envie de revenir et de faire inscrire pas mal de nageurs de son club car c’est bien le partage d’un très beau moment qui sera la moteur de l’eau libre.

Le mot d’excuse, où comment passer à côté de son entrainement ou de sa course.

Pour faire suite au précédent article sur la distance marathon en eau libre mais aussi pour faire écho à de nombreux récits d’athlètes amateurs de toutes disciplines nous allons aborder cette fois la façon dont on peut auto-brider sa performance, ou, pour se rassurer pour le jour J accumuler paradoxalement bon nombre d’erreurs à l’entrainement en pensant bien faire.

il serait utile de débuter, ici, par les entrainements et faire d’abord une liste des fausses raisons (pas exhaustives malheureusement) qui reviennent très (trop) souvent dans la bouche des athlètes de tous niveaux. Puis de s’attaquer aux grandes erreurs que les athlètes mettent en place pour palier à ce manque de confiance dans un entrainement spécifique et qui, de fait, vont saboter toute ou partie de leur performance le jour J.

S’il s’agit de traiter de question psychologique, il ne s’agit pas de décortiquer le mental de chaque athlète mais bien les réponses du type « je ne peux pas » lorsqu’il lui sera proposé un entrainement relativement difficile qui le ferait progresser. On peut imaginer ici des fractionnés en grand nombre ou des vitesses élevées, peut importe à condition que la réponse de l’athlète soit un évitement de cette session.

Dès lors, la première excuse est, justement,  la trop grande difficulté, a priori, d’une session d’entrainement qui pourtant suit une certaine logique de progression dans la préparation et permettra d’aller plus vite lors des compétitions à venir. Mais l’athlète se bloque face au menu de la session et se définit comme incapable de réaliser un exercice qui serait dès lors, hors de propos.

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Cette excuse vient souvent s’accoler au fait de n’avoir jamais fait ce type d’entrainement avant, car l’athlète qui doute peut être très conservateur, dans le but de se rassurer, et il veut bien innover mais uniquement si tous les réseaux sociaux parle d’une nouvelle technique qui fête pourtant souvent ces 20 ans.

Donc, tant qu’il ne l’a pas fait avant il est souvent difficile de faire faire une session spécifique sans créer des réticences chez le sujet pourtant déjà suffisamment entrainé et près pour passer un nouveau cap. Mais comment progresser grâce aux sessions déjà traditionnelles qui souvent touchent leurs limites? L’athlète ne se pose pas ce type de question il pense qu’il peut le faire en suivant un plan commun, une nouveauté de 20 ans totalement inutile ou anachronique, voire en répétant sans cesse les étapes précédentes. S’il fallait appliquer cette « méthodologie » à tous les apprentissages de la vie on progresserait peu.

Vient ensuite une série de deux excuses qui, à nouveau, s’entremêlent, à savoir que l’athlète pense déjà en faire beaucoup mais aussi que cela pourrait nuire à sa technique car il ne serait pas capable de se concentrer sur celle-ci durant un entrainement aussi exigeant. La nouveauté serait indigeste voire contre-productive.

Voilà encore une manière de trouver des excuses pour ne pas se confronter, pourtant sans dossard et juste avec le chronomètre comme juge et soi même comme seul spectateur, à une « nouvelle » méthodologie, du moins à un exercice qui va sûrement permettre de développer quelques qualités de vitesse ou de maintien. Il y a pourtant peu de risque sur le papier.

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On en vient alors à notre second problème, celui de l’entrainement à la distance ou sur le parcours. Car évitant de se mettre à l’entrainement dans un certain inconfort et en « danger » par rapport à des normes qu’il a pu lire ici ou là, l’athlète va choisir de s’entrainer à la distance qu’il doit courir ou nager ou rouler le jour J, histoire de se rassurer. La variante à cela étant de vouloir faire la course avant la course sur le même parcours et à la vitesse donnée, en espérant ainsi maitriser sa performance lors de l’épreuve.

Voilà deux faces d’une même pièce, qui représentent bien une faille mentale qui entraine une défaillance dans l’entrainement et qui provoque une contre performance en compétition.

Dès que l’on aborde la partie mentale dans la réussite d’un sport qu’il soit d’endurance ou de vitesse pure on évalue son importance à une part largement majoritaire dans le succès ou dans l’échec. Et l’on peut souscrire à cette hypothèse que l’entrainement quotidien devrait aussi aborder la part psychologique du sport et de l’effort que l’athlète doit endurer.

Pourtant à vouloir se rassurer ou ne pas oser se confronter à des sessions dédiées l’athlète qu’il soit un nageur de 100m en bassin, un compétiteur en eau libre qui devrait se lancer sur 10km ou un marathonien sur route, rate bien souvent sa course lorsqu’il entame sa phrase par : « je ne peux pas » quelque soit l’excuse qui viendra appuyer sa capitulation.

Pire encore il viendra ruiner tous ses espoirs en voulant répéter sans cesse des exercices ou des distances qui le rassure mais ne le font pas progresser. Combien de coureurs de marathon arrivent cramer le matin d’un 42,2 km faute d’avoir couru deux ou trois fois cette distance, ou presque, les semaines précédentes en pensant bien faire. Ici le mental n’y pourra rien car les conditions de course ne seront pas les mêmes et la pression souvent trop importante pour que l’on puisse reproduire à Berlin, Paris ou New York ce que l’on faisait le dimanche matin dans la sortie trop longue. Et de toute façon, le manque de fraicheur fera le reste. Dans le meilleur des cas l’athlète n’ayant plus réellement travaillé la vitesse mais uniquement la distance aura une performance relativement médiocre car il lui manquera de jus pour progresser encore et toujours.

La prochaine fois que vous lisez votre plan ne sabotez pas vous même la suite du programme, ça peut tuer toutes vos ambitions qui pourtant vous motivent chaque matin pour aller vous entrainer.

Lancez vous et « je ne peux pas » n’est pas une option, essayez, tentez, relativisez et attaquer, laissez vos doutes dans la zone de confort et oubliez les si vous souhaitez passer une barrière.

Préparer sa première longue distance en eau libre

Lors de mes participations à des épreuves notamment de coupe de France ou autres évènements franchisés comme l’excellent Open Swim Stars  (qui cette année propose des 10km), l’Eurasia Swim cup ou OceanMan, il n’est pas rare qu’ayant choisi le plus longue distance possible, ce qui rime avec 10km, car le 25km est absent des tablettes à mon grand regret (sauf au championnats de France élite), il n’est pas rare que des nageurs participant régulièrement à des 5km viennent me questionner à propos de la distance marathon.

La grande majorité doute de la faisabilité et bien souvent ne s’inscrit même pas à des combinés sur un ou deux jours (par exemple un 5km le samedi et un 2km le dimanche matin) pensant ne pas avoir les bras.

Alors certes les 10km ne sont pas légions mais on en trouve tout de même un peu partout en France, mais pas en mer malheureusement, et, si parfois il est nécessaire de pouvoir terminer dans un temps limite (3h) voire de justifier d’un chrono sur la distance dans l’année, bien des 10km sont en fait ouverts à tous mais ne font pourtant pas recette, du fait j’en suis sûr que la distance effraie.

Il s’agit techniquement d’un marathon en eau libre (4km en courant=1km en nageant) et lorsque l’on voit l’engouement pour les courses de 42km partout dans le monde, les nageurs du dimanche devraient rêver de se lancer un jour sur un 10km. La réalité est toute autre, cette discipline qui pourtant connait un essor non négligeable notamment grâce à des franchises qui permettent de nager au coeur des villes ou à des épreuves mythiques (défi Monte Cristo) fait encore peur à bien des pratiquants qui avec un niveau d’entrainement équivalent en course à pieds feraient le marathon de Paris un jour ou l’autre après avoir validé un ou deux semi (notre 5km en eau libre).

Il y a une frontière que de trop nombreux nageurs n’osent pas franchir alors même qu’il n’est pas impossible de nager 3h (soit 1’47 au 100m parfois en combinaison Néoprène) avec des ravitaillements, lorsque l’on nage 3 à 4 fois par semaine en club ou en solo des sessions de 1 h à 1h30.

Ce blog, s’il doit avoir une vocation est bien celle de donner envie, et quelques ressources, afin que des lecteurs/nageurs se lancent sur des épreuves atypiques ou qui leurs semblaient hors de portée. Pour cela voilà quelques clés pour réussir son premier longue distance sans exploser en route ni lors de la compétition ni lors de l’entrainement.

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Tout d’abord évaluer son niveau de nage de manière un temps soit peu honnête, avec un vrai chrono sur 500m et un oeil extérieur pour se donner une idée des points à travailler et des vitesses que l’on devra viser au fur et à mesure de l’année. Mais que pour enchainer les sessions et les kilomètres il ne faudra pas se blesser non plus et donc avoir un style le plus correct possible.

Il faudra aussi s’y prendre suffisamment à l’avance, le fait que je poste ce billet en début d’année laisse entendre qu’il faudra 5 à 6 mois pour se préparer sans se cramer ou se dégouter en cours de route, car oui, il y aura une hausse du volume ou une hausse de l’intensité parfois.

Une fois muni d’un chrono de référence sur 100m et sur 500m (ou 400m pour ceux et celles qui nageraient à presque 2’ au 100m car on vise un effort de 7 à 8 minutes) il faudra calculer votre indice de déperdition à savoir, le coefficient multiplicateur entre votre temps sur 100 et sur 500m qui doit se situer aussi proche que possible de 1.06 pour les meilleurs.

Vous voyez que je ne parle pas de chronos impossibles à atteindre sur 100m mais d’un temps sur 500m qui soit assez proche en moyenne par 100m du 100m de référence en sprint. Le tout n’est pas forcément d’être rapide mais plutôt constant et endurant.

Prenons l’exemple d’un nageur ayant réalisé un 100m en 1’20 et qui mettra 7’46 sur le 500m soit un indice de 1.09 s’il avait pu tenir un indice de 1.06 il aurait terminé en 7’21, ce qui semble être son meilleur temps possible.

Attention à ne pas avoir, quelque soit son temps de base, un indice trop élevé qui serait synonyme de grand ralentissement plus la distance s’allonge et donc d’un 10km vraiment trop dur à finir. Attention aussi à bien prendre en compte deux notions importantes celle de la relance au virage qui avec une très bonne culbute vient un peu fausser le résultat d’un nageur qui sera peut être un peu plus lent en eau libre, ou, à l’inverse, un nageur virant moins aisément qui sera peut être favorisé en ligne droite pour une même distance (et je ne parle pas ici de la navigation, de l’eau salée ou pas, ou de la combinaison qui viennent perturber le nageur le jour J).

Mais l’exemple précédent n’étant peut être pas à la portée de tous je maintiens mon propos un nageur faisant 1’35 au 100m ou plus à condition qu’il soit capable de maintenir une grand partie de cette vitesse de pointe sur 500m et obtenir ainsi un indice assez réduit 1.10 au maximum pourra se lancer sur le marathon en suivant quelques règles utiles jusqu’au jour J, disons dans 4 à 6 mois.

Marathon Swimming - Olympics: Day 10

RIO DE JANEIRO, BRAZIL – AUGUST 15: The competitors swim in the Women’s 10km Marathon Swimming on day 10 of the Rio 2016 Olympic Games at Fort Copacabana on August 15, 2016 in Rio de Janeiro, Brazil. (Photo by Clive Rose/Getty Images)

D’abord, en divisant la période d’entrainement restant en 3 grandes sections :

La première consacrée à la technique (quoi que cela soit être une constante) et à l’endurance.

La deuxième à la vitesse sur des fractionnés un peu plus long à chaque fois.

Et la troisième à la cadence (le rythme de course).

En jouant sur des sessions qui vont travailler les points faibles notre nageur ayant fait 3 à 4 séances par semaine, dont une un peu plus longue parfois (ou deux sessions dans la journée quand c’est possible) sera prêt le jour de son marathon. Il faudra aussi alterner des éducatifs, de la vitesse notamment pour rompre les volumes importants tout en pratiquant les 4 nages et, le tour sera joué. Car il est important de ne pas chercher à nager 10km à chaque session mais à mieux nager, plus vite et plus longtemps et là les éducatifs et les autres nages sont de précieux atouts.

Avec un volume de 15 km et plus par semaine en moyenne un nageur qui travaillera ses points faibles et notamment la partie eau libre si cela lui pose problème (navigation, aisance dans le milieu naturel…) sera en capacité de finir correctement son premier 10km aidé le jour j par un ravitailleur qui lui tendra une perche et de précieux conseils pour le garder hydraté et motivé. Je reviendrai vite sur la partie hydratation et nutrition pour le 10km car là aussi il y a des erreurs à éviter.

En espérant que l’on soit plus nombreux encore aux départs des 10km cette saison, le premier pour moi aura lieu en mars pour bien attaquer la saison.

Le bilan d’une saison 2017

Le mois d’octobre ne marque pas seulement la fin de saison d’eau libre 2017 mais aussi le lancement de celle de 2018, preuve en est que l’eau libre à au moins une année d’avance, ceci dit il est temps de faire un bilan de cette année de compétitions et de rencontres, de voyages et d’entrainement.

Mon objectif était au départ de participer à 10 étapes de la coupe de France, et d’aller au Championnats du Monde Masters à Balatonfured, de faire la traversée de la baie de Saint Jean de Luz et pourquoi pas une course en Grèce, la traversée du canal de Corinthe.

D’un point de vue comptable la coupe de France s’est bien passée je termine avec 810 points 5ème au classement masters 1, mais avec seulement 4 compétitions au compteur. Les raisons sont multiples et laissent certains regrets notamment sur le classement final mais aussi sur l’avenir de la discipline.

Pour des raisons professionnelles je n’ai pas pu me libérer pour enchainer Dijon (un 7.5km qui me tentait bien), Paris la Fluctuat le lendemain (un 5km en boucle dans le bassin de la Villette et un 1.5km juste après) et enfin Jablines une semaine plus tard (le 5 et le 10km), pour clôturer la saison et jouer un podium éventuel.

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Mais ma plus grosse frustration ne fut pas ce voyage que je dû annuler mais le 10km programmé au Lac de Saint Pardoux en Juillet le lendemain d’un 5km qui s’était bien passé. L’organisation ayant décidé d’avancer de 3h30 le départ de la course sans prévenir l’ensemble des nageurs. Dans cet entre soi plus de 33% des nageurs inscrits le dimanche ne prendront pas le départ et certains comme moi arriveront sur site avant l’heure officielle pour constater que le 5km se terminait. Beaucoup d’aigreur et pas mal de points ratés à cette occasion.

Le reste des épreuves fut par contre à l’opposé de cette mauvaise expérience, à rouen chez les vikings un 10km où j’arrive sans ravitailleur ni perche et où l’organisation me trouve une charmante bénévole Marine que je remercie encore, je termine 2ème masters. À Compiègne la veille où je termine premier masters du 10km loin derrière les fusées qui me mettent un tour et dont j’appréhende  le retour après 5km,. Voilà un sport où une adolescente de 15 ans peut remettre à sa place un nageur de 40 ans et plus qui finira malgré tout très satisfait de sa course, l’ego n’en prend même pas un cout tellement ce sport est dur et beau à la fois.

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Enfin j’irai finir ma saison plus tôt que prévu à Annecy sur le 5km dans une très belle ambiance avec l’ambition de revenir sur le 10 km l’an prochain tellement ce lac est beau et l’organisation parfaite.

Autant tirer les choses positives ces manches de la coupe de France ont plusieurs avantages, la convivialité d’abord et le prix abordable. Il est facile de s’y inscrire et dans la plupart du temps l’organisation est très bonne. Mais il reste des choses à faire pour sortir cette discipline de l’entre soi dont je me plaignais à propos de Saint Pardoux et pour l’ouvrir à un plus large public qui venant du triathlon ou de la nage en piscine sans être membre d’un club, ce qui permettrait d’avoir des épreuves encore plus fournies et ainsi donner un peu plus de challenge et de signification à des classements et à des points parfois « injustement » gagnés.

Je m’explique car si je suis compétiteur je reste aussi très humble sur mon propre niveau et sur ma valeur en tant que nageur, je termine 5ème de ma catégorie et 55ème homme au général, pourtant je ne fais que 4 courses et je si je termine sur des podiums dans ma catégorie c’est aussi et surtout faute de combattants.

Je marque donc en m’inscrivant sur des 10km beaucoup de points car au lieu de distribuer ceux-ci en fonction du nombre de participants, la répartition se fait sur une base qui reste toujours la même et donc on peut vite marquer 200 points en terminant dernier ce qui parait tout de même un peu ironique. À force on connait les nageurs de bon niveau et on évalue sa performance en fonction du temps mis par ceux-là mais le classement général est un peu faussé à mon avantage certes mais une dotation plus respectueuse du différentiel et surtout du nombre de nageurs permettrait de mieux s’évaluer sur chaque course et en fin de saison.

Pour l’anecdote en terminant la traversée de la baie de Saint Jean de Luz à la 15ème place à plus de 3 minutes derrière le vainqueur pour seulement 1800m et un peu plus, ou 33ème du Lac d’Annecy en 1h15 je me dis que certes toutes les épreuves ne se valent pas et rien ne sera jamais parfait mais que l’on pourrait imaginer un calcul plus juste pour étalonner les résultats et valoriser les progrès ou la régularité plutôt que le classement général qui ne signifie pas grand chose.

Aux Championnats du Monde en Hongrie, nos amis de la Fina ont tenté de renouveler ma mésaventure de Saint Pardoux à savoir avancer de 24 heures le départ de ma vague, mais d’informations en contre information j’ai bel et bien nagé au moment prévu dans une eau chaude, trouble et avec un fort vent et des vagues sur plus des deux tiers du parcours. Nous étions 96 nageurs dans ma catégorie et divisés en 2 vagues de 48 nageurs. Je nage en 3ème position toute la course jusqu’à l’avant dernière bouée où 3nageurs me passent comme les fusées souvent encore mineures des coupe de France. J’ai surement trop donné dans la ligne droite face aux vagues, on ne se refait pas quand on vient du Pays Basque, l’envie de passer la barre…

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Je finis quasiment au maximum à vouloir les rattraper et suis donc 6ème de cette manche. Pourtant la seconde manche va nager beaucoup plus vite car 19 nageurs vont faire un chrono plus rapide que le mien. 25ème au final sans regret aucun mais une question, si tout le monde était parti ensemble n’aurais pas tenté de me placer mieux et de gérer ma course différement, ou bien aurais je subi ce classement? Sachant que je nage plus de 1500m seul à guider mes adversaires dans les vagues ceux là même qui vont me doubler peu avant la fin.

On peut toujours refaire une course, mais je crois que j’aime les batailles et les départs en masse, le bazar et les conditions dures, que j’aime me confronter à des nageurs plus forts que moi et surtout pas marquer des points que je sens pas vraiment mérités.

Je n’étais pas en Grèce non plus pour la canal de Corinthe (que Jacques Tuset va faire et terminer en 5ème position en rattrapant pas mal de monde face au courant qui vient de s’inverser quand sa vague prend le départ et malgré des méduses) car le changement d’organisateurs, de nom et le manque d’info ne me rassuraient pas pour bloquer encore 3 ou 4 jours pour une course certes pas très loin du Liban mais qui longtemps a semblé une arlésienne. Pour élargir la base des nageurs et sortir du niveau local il faut une communication et une organisation à l’écoute, réactive et qui donne en temps réel un maximum d’informations.

C’est déjà le moment d’attaquer la saison 2018 et ce sera pour moi à Martigues j’espère en maillot (voilà l’objet d’un autre débat) pour un 5km et un 1.5 km dans la foulée et j’espère encore de belles rencontres car ce fut bien le plus important pour moi cette année le plaisir de retrouver des nageurs et nageuses d’horizons différents et de partager avec eux de bons moments en eau libre.

Merci spécialement à Fred Madec qui m’a accompagné à Balatonfured et qui termine à la 23ème place, et à Bernard-Pierre que je retrouverai cette saison 2018 avec un grand plaisir…