Pourquoi notre pratique de l’eau libre ne devrait pas être compatible avec le port d’un restube en compétition :


Depuis la fin de l’année 2018 la fédération française en développant les épreuves sous un label EDF aqua Challenge veut nous imposer le port du restube sur des épreuves d’eau libre comptant (double) pour la coupe de France et donc s’adressant avant tout à des nageurs licenciés et compétiteurs. J’insiste ici sur le fait que la communication de la fédération s’est faite à la fois autour du concept un peu dépassé c’est le cas de le dire de se confronter avec l’élite nationale (junior ou sénior) en eau libre (moins d’une heure au 5km) pour un grand public mais aussi sur des mots tels que « challenge », « défi » ou autre champ lexical que l’on peut retrouver sur des triathlons ou autour de la machine à café un lundi matin pour impressionner ses collègues sédentaires. Il semblerait donc que maintenant que cette discipline de l’eau libre pour se développer ait besoin de ressembler aux supermarchés du sport que sont les marathons, triathlons et autres courses « grand public » qu’il faut traduire par une hausse de l’inscription et par une participation massive (la règle étant 3000 triathlètes minimum dont 50% de débutants et 80% de finishers (un terme qui va arriver chez nous j’en suis sûr) pour IronMan® la marque chinoise qui organise les triathlons du même nom. Et miracle de l’expansion, pour accueillir ces milliers de nageurs (non licenciés si on suit le modèle économique du triathlon) la fédération propose une solution afin de les rassurer dans ce « défi » et leur plaçant un Restube sur le dos.

Ce dispositif est composé d’un sac banane contenant un dispositif de gonflage avec une cartouche de CO2 en aluminium (uniquement celle validée par Restube celles que vous utilisez ou pas pour faire du vélo ne sont pas garanties et un boudin jaune de 7.5 litres relié au sac en question par un leash. Vendu pour permettre au nageur de se reposer les saisissant la bouée qui dispose en quelques secondes après avoir tiré la languette (faussement appelé gâchette sur le site) de 75N de flottabilité (annoncé mais pas certifié). En parle ici de Newtons sachant que 10 Newtons correspondent à 1.01kg force de flottabilité et si cela ne vous dit toujours rien faisons la comparaison avec un bon vieux gilet de sauvetage.


Il existe en la matière 4 normes soit EN393 (50 newtons), EN395 (100 Newtons), EN396 et EN399 et notre système allemand lui ne possède aucun norme mais voudrait se situer entre les 2 premiers qui correspondent à un utilisation en eaux protégées où les secours sont à proximité et garantie la flottabilité seulement à une personne consciente pour le premier ou inconsciente dans le second cas sans en garantir le retournement sur le dos pour autant. Notre dispositif à boudin gonflable souffrant ici d’aucune garantie de fonctionnement ou de déclenchement (aucune norme n’est mise en avant par la société restube) et en se gonflant à une distance raisonnable du nageur ne garantie pas du tout la flottabilité de la personne mais juste de sa remontée vers la surface et en cas d’inconscience ce dispositif ne servira à rien (impossible à tirer et impossible à maintenir à la surface ou à retourner sur le dos).
Car un gilet gonflable dispose d’un système de percussion automatique dont la start up de Karlsruhe ne dispose pas et pas plus que d’une quelconque norme d’utilisation ou de fiabilité dans le temps notamment en cas d’utilisation en eau salée.
On dispose donc d’un objet rassurant peut être mais la peur ou son absence n’éloigne pas le danger et encore moins la responsabilité. En la matière je préfère militer pour la responsabilité personnelle et la formation en club autant à la nage, aux dangers de l’eau libre et aux notions de secourisme afin de pouvoir intervenir lorsque j’évolue dans ce milieu. Mieux vaut donc compter sur soi et se coordonner avec les secours mis en place par la mairie en se renseignant d’abord lorsque l’on va nager et en prévenant le poste de son trajet qui en échange peut indiquer les endroits à éviter (courants ou autres) et les dangers éventuels (méduses ou pollutions). En compétition c’est un peu différent on jour le chronomètre mais on peut aussi permettre aux équipes de secours de mieux repérer les nageurs mais cette visibilité notamment dans des vagues ne se fera que grâce à une bouée de couleur pré-gonflée qui aura l’avantage aussi de ne pas se faire sentir lors de la nage (ou presque pas soyons honnête quand il y a du vent de dos c’est ennuyant).

2019, j’appuie sur la gâchette ou je tire la languette?

On ne pourra ignorer le poids et la contrainte physique sur les lombaires pendant une longue distance mais on ne pourra jamais savoir si le dispositif sera opérationnel lorsque l’on voudra tirer sur le languette pour actionner la gâchette qui viendra percuter la cartouche de CO2 et gonfler le boudin qui on l’espère alertera les secours. Car c’est ainsi que ce dispositif est pensé, pour se reposer ou signaler un problème au secours. Si nous n’étions pas en compétition je pourrais comprendre le principe de vouloir se reposer lors d’un petit swim trek mais alors pourquoi ne pas avoir une bouée déjà gonflée que l’on tirer derrière soit avec dedans ses vêtements, une serviette, une boisson qui en plus permettra aux autres utilisateurs de cette bande des 300mou plus de visualiser le ou les nageurs lors de leur baignade et éviter ainsi un accident avec un jet ski, un bateau sortant d’un port ou de souffrir d’une hypothermie en sortant de l’eau loin de son point d’entrée et de disposer tout de suite de ses affaires afin de se sécher.

Ces bouées à gonfler et à tracter que l’on peut remplir de près de 12kg de vêtements ont d’ailleurs été adoptées par un grand nombre de nageurs en eau libre pour se signaler (aux secouristes qui l’apprécient d’ailleurs)  et éventuellement se reposer si nécessaire. Cette bouée, ou toute autre bouée ne pouvant s’ouvrir, ont été aussi choisi par bon nombre d’organisateurs de traversées qui ont d’ailleurs abandonné le Restube pour tous les problèmes cités plus haut.
Donc nous avons un système ne répondant à aucune norme, ne permettant pas de soutenir quelqu’un d’inconscient ou dont on est pas sûr que l’on puisse l’activer si les mains sont froides ou dans un passage à vide où l’on manquera de force, qui ne permet pas la visibilité et qui pèse sur les lombaires du nageur sans lui permettre d’embarquer quoi que ce soit d’autre avec lui qui lui serait utile (une boisson, un gel, un sifflet…)
Rajoutons que l’on ne peut voyager en avion avec des cartouches et que l’entretien et la vérification du système reste assez obscure. Enfin rappelons que lors d’une nage en compétition peu de personne voudront se reposer en cours de route et que l’on est plutôt dans l’ère du finisher qui se mettra minable pour passer la ligne d’arrivée contre tous les appels de son corps défavorables à ce projet d’une « vie » (crampes, maux de ventes, maux de têtes…) et que ce profil là ne tirera jamais la languette de son restube, de toute façon il nage déjà en combinaison néoprène et la flottabilité de son corps et déjà en partie assurée par les 5mm de Yamamoto de celle-ci.

Rajouter des risques aux risques déjà existants, un effet en trompe l’oeil :

Enfin pour quelqu’un de licencié en eau libre qui veut concourir en coupe de France il arrive que l’organisateur fixe un temps limite (parfois assez court) ce qui voudrait dire que le public visé est plutôt compétitif mais à ce même public que l’on sait s’entrainer en club et participer à 2 ou 3 compétitions ou plus sur  2, 5 ou 10km, on va imposer ce dispositif pour leur sécurité.
Mais malheureusement la sécurité dans l’eau est de la responsabilité du Maire de la commune dans laquelle la compétition ou la nage est organisée (même en dehors de toute déclaration préfectorale ou de simple baignade en dehors de toute surveillance du plan d’eau) dans la zone des 300m. Ce dispositif ne viendra jamais retirer la dite responsabilité à l’élu local et donc l’obligation d’avoir un certain nombre de sauveteurs (BNSSA) sur l’eau et au sol afin de garantir la sécurité des nageurs qui pourraient se noyer. Car dans l’eau le problème majeur est bien celui là, et les secouristes parlent de différentes phases dans la noyades (primaire et secondaire) et de 4 stades allant de l’aquastress à l’anoxie en passant par l’hypoxie. Mais ce dispositif ne pourra être déclenché que dans le cas d’un stade 1 à 3 si et seulement si la victime est toujours consciente, capable de le faire et que le dispositif est atteignable, qu’il fonctionne correctement et que la victime arrive à récupérer le flotteur qui se situera dans son dos. Le montant d’un tel dispositif sur une compétition de plus de 500 nageurs pourrait être réservé à défrayer des sauveteurs et des bateaux ou kayaks afin de sécuriser le parcours complet car en cas d’accident la responsabilité de l’organisateur (et du Maire) sera toujours reconnue avec ou sans Restube. La formation et la prévention, auprès des nageurs licenciés ou non, pourrait aussi bénéficier de ces montants afin de faire connaitre l’eau libre et ses dangers mais aussi ses plaisirs, sans contraintes. Sans communiquer avec un langage anxiogène auprès d’un grand public souvent déjà méfiant à l’idée de nager dans un lac ou un canal.

Rajoutons pour terminer ce charmant tableau que le dispositif va inévitablement occasionner des frottements le long de votre taille ou de vos hanches et donc créer des rougeurs, au mieux, ou des blessures qui rendront les kilomètres de plus en plus compliqués à accumuler notamment quand il faudra rengager le lendemain pour amortir un peu son week end de coupe de France.
Voilà pourquoi en tant que nageur d’eau libre participant depuis 3 ans à la Coupe de France je souhaite refuser le port de cet objet inutile et lourd qui me fait penser à un plan vigipirate ou sentinelle, à savoir totalement inutile et impropre à assurer une quelconque sécurité mais qui rassure et coute beaucoup plutôt que d’être efficace. Je refuse d’assimiler l’eau libre à une pratique qui sans Restube serait inconsciente et je retourne cet argument aux organisateurs qui me l’imposeront, ce sont eux les inconscients et les irresponsables quand ils pensent que mettre 900 nageurs dans l’eau à un départ de Monte Cristo avec un Restube correspond à un critère autre que financier…

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Se préparer à une nouvelle saison d’eau libre :

Après avoir fait du pied à la communauté de nageur en eau libre en diffusant bon nombre de calendriers de compétitions en Europe il est temps de passer aux choses sérieuses et donc à la programmation en parallèle de sa saison, des pics de formes qui vont intervenir aux moments clés (un championnat, une longue distance, une course ciblée en particulier… en fonction des objectifs) et donc se donner les moyens d’y arriver en se préparant minutieusement.

Il s’agit ici de décrire une saison complète avec différentes compétitions pendant une saison estivale allant de mai à octobre (donc 6 mois de l’année) ce qui est commun à de nombreux sports d’endurance dont le triathlon notamment et qui pourrait donc être adapté (voire qui s’inspire d’une telle discipline) en terme de préparation.

Le but est donc de performer au fur et à mesure de cette saison en ciblant disons 3 pics de formes en début, milieu et fin de saison durant ce semestre de compétitions et donc d’avoir un semestre préalable d’entrainement.

Pour faire simple ces 6 mois vont se découper en 4 phases, à savoir le travail d’endurance fondamentale et la technique, la vitesse, l’allure de course et enfin l’affutage final en vue du pic attendu. 

Là c’est clair, plus question de reculer, mais si on s’est préparé de manière efficace tout devrait bien se passer car le pic de forme c’est aussi avoir une stratégie et des tactiques en course le jour J.

S’il sera donc « facile » de se préparer pour le début de saison en suivant ce type de plan il restera à savoir comment gérer le deuxième puis le troisième pics de forme au cours du semestre de compétition en accumulant la fatigue et parfois les mauvais résultats, en retrouvant ou pas de la motivation et de l’envie et de reprogrammer ou pas un travail d’endurance au sein de cette phase. Ce débat qui n’est pas tranché sur le plan scientifique sera débattu dans un article qui suivra, pour l’instant nous allons nous pencher sur la stratégie à mettre en place dans la préparation pour améliorer ses performances sur des courses d’eau libre allant de 2.000 à 10.000m. Reste aussi la dure question de la période d’affutage qui consiste à réduire le volume des entrainements en ne gardant que quelques séances intensives pour convier le pic de forme au jour J, entre 10 et 15 jours le débat scientifique est compliqué mais il reste sûr que les jour J moins 10 et moins 4 sont primordiaux pour être à 100% le matin d’une compétition.

Alors maintenant que nous avons dessiné notre saison, à savoir 6 mois de préparation et 6 mois de compétitions rythmés par des reprises d’endurance ou de vitesse afin de se relancer au cours de ce long et important second semestre, il faut encore trouver un entrainement qui soit en accord avec la discipline de la natation en question.  Le but étant d’être performant, comprendre atteindre ses objectifs fixés en début de saison. 

Pour cela il va falloir comprendre que le corps humain fait face à une grande problématique, celle de la résistance de l’eau qui est 800 fois et quelques plus dense que l’air. Le nageur étant dès lors, aussi bien le projectile, en permanence, que le propulseur, de manière alternative. Et qu’il existe différents modes ou niveaux d’organisation dans la construction du corps en tant que projectile et propulseur quelque soit le niveau de performance souhaité. 

Tirer de l’eau de manière efficiente le plus tôt possible et le plus loin possible.

Les principales composantes de cette performance sont la technique, la force et l’endurance et leurs inter-actions au moment donné en nage complète dans les conditions réelles. Enfin que la notion de distance par cycle de bras est bien un effet scientifiquement observable du niveau de construction ou d’organisation du corps en question. Mais que s’il est connu que les nageurs vont de plus en vite en utilisant toujours moins de mouvements possible pour cette distance ce résultat n’est pas la cause de leurs performances mais bien une conséquence.

Dès lors on peut mettre en place un certain nombre d’entrainements afin d’améliorer la vitesse du nageur. Et voilà donc les points sur lesquels on pourra chercher à s’améliorer pendant cette longue période de préparation. Vous verrez il n’y aura que peu de temps mort, la préparation hivernale est surement la phase la plus importante, d’où l’importance d’avoir une visibilité sur le long terme.

Car au cours de ces 6 mois il va falloir beaucoup travailler dans un seul but être plus puissant, cette puissance n’étant que le résultat d’ une meilleure endurance, d’une plus grande force et d’amplitude combiné à une haute fréquence de bras.

Tous les points suivants sont essentiels à une réelle progression, car n’améliorer que son endurance, ou sa force,  voire sa fréquence, n’agira pas au final par un réel gain de puissance. Et comme nous évoluons en milieu ouvert ne pas oublier aussi qu’aucun effort ne servira si le nageur  n’a pas une analyse stratégique et tactique des courses d’eau libre car comme disait la publicité (ratée) du XXème siècle, sans maitrise la puissance n’est rien. Nous aborderons ce dernier point, concernant la tactique de course dans un autre article. Pour l’instant voyons les grands contour de notre préparation :

Première étape : améliorer l’endurance.

C’est l’étape inévitable pour pouvoir s’aligner sur une course de fond car il va falloir être tout simplement capable de nager pendant 2 à 10 km certes en réduisant sa vitesse mais  le corps devra tout simplement en être capable et c’est souvent la question principale qui ressort de mes discussions avec des nageurs débutants : suis je capable de nager telle ou telle distance?

L’endurance est primordiale mais pour autant il n’est pas nécessaire de se transformer en porte conteneurs.

Il s’agit pourtant de la partie la plus facile à développer. D’une part parce que l’on peut améliorer ce secteur dans la vie de tous les jours (en marchant, en courant, en vélo-taf, voire en faisant une autre activité qui ne nécessite pas d’avoir une piscine à sa disposition). Le principe est simple, on part d’une durée d’exercice que l’on peut soutenir en l’augmentant au fur et à mesure pendant un cycle de 3 à 6 semaines selon son état de forme initial. On parle ici de quantité de travail, on le verra ça n’est pas un critère très efficace mais il est nécessaire avant tout. 

À titre d’exemple un nageur qui aurait un routine de 2000m à chaque séance à raison de 3 séance hebdomadaire (je ne parle pas encore de modifier le contenu de celle-ci) va simplement passer progressivement à 6.500m par semaine pour atteindre en fin de cycle 10.000m toujours réparti sur 3 ou 4 séances de natation ( il aura donc à augmenter son volume de pratique, et si possible en venant à la piscine à pied ou en vélo, en montant des marches plutôt qu’en prenant l’escalator et en faisant pourquoi pas une sortie longue dans un autre sport une fois par semaine si l’occasion lui est donné (ski de fond, de rando, raquettes, marche, vélo, pirogue, stand up…). Cet aspect des choses comme je le disais est souvent un préalable à toute performance en endurance, il est pourtant mal compris du sportif amateur qui va souvent ne se concentrer que sur cet aspect volumétrique, or voilà les points qu’il pourrait négliger.

Améliorer sa force 

Sur ce point là nul besoin de prendre un abonnement dans une salle dans laquelle vous n’irez pas, mais au contraire un travail dans l’eau avec ou sans plaquettes fera l’affaire pour arriver à tirer fort sous l’eau le plus tôt possible et au plus loin possible derrière vous ce qui rejoint donc le point de la technique et de l’amplitude. Et ce sont ces deux points qu’il faudra particulièrement travailler pour d’une part, être sûr de faire le bon geste et donc de ne pas se blesser notamment aux épaules (deltoïdes ou coiffe des rotateurs) par répétition. Donc plus on cherche à augmenter sa force en tant que nageur plus je conseillerais de chercher en parallèle à réduire la force de résistance de l’élément liquide mais aussi de son propre corps.

Le travail dans l’eau avec des plaquettes peut être nécessaire mais honnêtement sans technique cela ne servira qu’à se blesser.

Le relâchement aérien et le retour du bras avec le coude haut sera l’objectif numéro un, ce qui permettra l’entrée dans l’eau la plus optimale possible et la moins brusque possible afin de mettre toute son énergie dans la poussée sous marine. Ici on cherchera la verticalité de l’avant bras le pus tôt possible le coude restant haut sous l’au pour s’appuyer sur l’eau de manière efficace en poussant vers l’arrière et non pas vers le bas. 

Ne pas négliger la position de la tête et la capacité à la lever pour naviguer mais aussi à la dissocier du tronc pour l’isoler., 

Et toujours dans un soucis de propulsion ne pas négliger le battement de jambes pour gagner aussi en force à ce niveau là et à la position horizontale du corps pour freiner le moins possible dans l’eau.

La navigation, les bouées et les autres nageurs, auxquels il faut rajouter les courants, la température et les autres nageurs, voilà les nombreuses contraintes de l’eau libre, et il faudra rester en maitrise tout au long de la course.

Car l’idée principale reste que la tête soit le commandant en chef sous l’eau et que le reste à savoir le corps soit indéformable (gainé) et qu’il emploie tous les moyens nécessaire à aller vers l’avant (dans un alignement parfait de l’axe) en prenant appui sur la plus grande masse d’eau possible que l’on va pousser vers l’arrière en accélération constante.

Afin de travailler cette force pure et athlètique, il faudra donc peut être en passer par des exercices généraux ou de prévention (notamment sur les rotation externe, les épaules ou les lombaires), des exercices orientés sur la rotation interne et enfin du spécifique avec des élastiques. Je ne m’attarde pas sur ces exercices je reviendrai là dessus en temps utile dans un article détaillé.

On va donc passer par plusieurs phases afin d’abord d’obtenir une remise en condition nécessaire et préalable à la suite à savoir l’acquisition de la force de base puis au développement de la force explosive et dans un quatrième temps de la force d’endurance. Le dernier stade sera consacré à l’obtention de la force d’endurance explosive. Le processus est long et compliqué il faut donc ici aussi savoir ce que l’on cherche et toujours combiner ces exercices avec de la souplesse et de la mobilité afin d’améliorer sa technique, sans technique la force n’est rien.

Améliorer sa fréquence

Tout simplement parce que le moteur du crawl ce sont les bras et qu’il va falloir projeter le corps face à un élément liquide bien plus dense que l’air et durant un geste où tout juste 3 à 7% de l’effort servent réellement à ce déplacement vers l’avant malgré tous les freins. Que la force étudiée plus haut multipliée par la vitesse de bras vont vous donner la puissance que l’on cherche à obtenir, et plus encore, à conserver le plus loin possible jusqu’au sprint final.

Il va falloir donc dans la technique, encore et toujours, apprendre à se relâcher hors de l’eau pour pouvoir revenir vite et être disponible plus souvent et efficacement en phase propulsive.

Être capable de faire tourner les bras à une cadence optimale car si l’on veut passer moins de temps dans l’eau l’équation est très simple il va falloir que l’on divise la distance par la distance que l’on fait sur un cycle de bras et donc multiplier celle-ci par une vitesse si possible élevée afin d’arriver dans les temps voulus. Il faut donc comprendre que la technique et l’amplitude sont un préalable à tout travail de vitesse. 

Drafter est possible en théorie en eau libre à condition de ne pas gêner le nageur de devant mais de toute façon soyez prêt à faire pas mal de variations de vitesse au cours de votre longue distance

Sachez que les meilleurs nageurs au niveau mondial tournent à 80rpm sur une distance de 10km, ce qui donnerait dans un bassin de 50m une quarantaine de coups de bras (ou tout juste un peu plus) à vitesse de course, et non pas en moins de mouvements possible.

Et à nouveau on se confronte à notre discipline qui est fait de nombreux paramètres que le nageur de bassin même sur 1500m ne rencontrera jamais, à savoir les courants, les vagues, le vent ou tout simplement les autres concurrents ou les ravitaillements. Car il faudra aussi pouvoir varier cette cadence de bras en fonction de ces critères ou moments propres à notre discipline pour rattraper ou s’extirper d’un groupe, pour aborder une bouée ou enfin pour taper la planche avant vos compagnons d’échappé qui vous massent les pieds depuis 7000m.

Voilà donc la recette complète d’une saison d’eau libre et notamment de sa période la plus ingrate, dans laquelle on est plongé présentement, la préparation hivernale.

Calendrier d’épreuves d’eau libre ça et là en Europe en 2019

Il est très dur de trouver et donc de réaliser un tel calendrier qui reprendrait l’ensemble des étapes d’eau libre aussi bien celles sous le label Fina et donc des fédérations nationales en France, Italie, Grèce, Espagne, en Croatie et ailleurs, mais aussi toutes les traversées appartenant à des organisations privées et qui proposent aussi de belles épreuves dans ces mêmes régions (OceanMan, Marathon, Open Swim Stars et autres).

Pourtant tout au long de cet hiver je vais chercher à amasser quelques données afin de renseigner la petite communauté de nageurs qui pourrait suivre ce Blog à la recherche aussi de belles épreuves.

Le 15 janvier la ffn a mis en ligne son calendrier complet, on le retrouve ici :

https://www.ffneaulibre.fr/tutos/calendrier_eaulibre_2019.pdf

Nouveauté cette année des épreuves allant jusqu’à 15km notamment à Saint Pardoux ou à Mâcon.

Le calendrier me semble plus resserré que l’an passé mais avec la confirmation des épreuves aquachallenges dont on ne sait pas trop à quoi elles servent si ce n’est à augmenter le nombre de participants (ça peut être une bonne chose mais honnêtement qui a envie de faire un départ avec 950 nageurs à Marseille?) mais aussi le prix des inscriptions (pour justifier un tee shirt de finisher?) et le port du restube malheureusement.

Nos amis de Marnaton ne proposent que 5 dates mais des distances allant jusqu’à 12km :

http://www.marnatonedreams.com/es/home.html

La Costa Brava aussi va proposer quelques dates dont je n’ai pas encore vraiment la confirmation :

https://www.swimnolimits.com/copa-swim-costa-brava

Le label OceanMan prend de l’ampleur et vient, la nature ayant horreur du vide, remplacer l’Eurasia Swim cup sur le terrain Russe notamment. L’étape italienne reste l’occasion de traverser les 14km du lac d’Orta.

http://oceanman-openwater.com/wp-content/uploads/2019/01/mpa_oceanman2.jpg

Pour ceux et celles qui comme moi aiment nager en pleine ville et profiter des transports en commun pour rejoindre des amis et se jeter à l’eau sur de belles distances (10km à Paris depuis Bondy), je ne saurais trop vous conseiller d’aller tenter votre chance chez Open Swim Stars, je n’en ai que de bons retours et à mon sens ces épreuves pèsent sur la communauté et sur les autres organisations qui s’en inspirent, dont la FFN par exemple.

http://www.openswimstars.com

Enfin je termine provisoirement ce tour d’Europe par le circuit Gran Fondo qui lui propose de belles étapes en mer ou en rivière avec régulièrement des distances de 17 à 24km dont Corse Sardaigne. L’italie, la Croatie mais aussi les Pays Bas , la Hongrie ou la Slovénie méritent qu’on s’y penche car de belles traversées sont aussi à explorer.

Enfin dès que les dates seront confirmées ce seront des traversées Basques dont je ferai la promotion et sur lesquelles j’espère croiser pas mal d’entre vous. Une première pour débuter :

https://mdkswim.com/travesia/

À très vite pour une mise à jour, si bien sûr vous avez des calendriers ou simplement connaissance d’une date faites les moi savoir.

Bilan de l’année d’eau libre 2018

Pour ceux et celles qui aiment les statistiques voilà une évolution des distances que j’ai nagé depuis 2016

Après avoir plafonné autour de 800km les deux dernières années, J’ai pu nager plus de 1260km cette année en piscine et en eau libre pendant 12 mois avec une coupure en fin d’année, soit 320 séances de natation. À quoi il faut rajouter pas mal de vélo.

J’avais mis une grosse option sur l’augmentation de la distance pour passer un cap dans mon entrainement, au détriment de la vitesse ce qui s’est ressenti sur les 10km, mais qui m’a permis aujourd’hui de gagner en endurance, en force sans aucune blessure, avant de me replonger dès janvier prochain dans des séries de sprints pour améliorer mes temps sur notamment 3 et 5km. (Pour cette année 39’51 sur 3km et 1h06 sur le 5km du Monte Cristo)

La courbe la plus foncée est celle de 2018 avec 105km par mois jusqu’à la fin de saison qui amorce une descente vertigineuse…

Je boucle donc 2018 en ayant fait près de 15 compétitions soit 81km (dont 5 distances marathon).

Je termine, à nouveau 5ème du classement coupe de France pour les maitres 1 et dans le top 30 au niveau Européen lors des championnats de la LEN en Slovénie sur 3 et 5km.

L’an prochain sera beaucoup plus orienté vitesse, le fait d’avoir rejoins non pas un mais deux clubs, l’un de triathlon et l’autre de sauvetage côtier me permettant de travailler notamment ce point-ci mais également d’améliorer pas mal de sessions de manière qualitative.

Des traversées en pleine mer entre copains voilà surement ce que je préfère dans cette discipline.

Le programme 2019 lui sera fait de belles traversées au Pays Basque et de quelques compétitions notamment des 5 et 10km ici ou là en Europe, peut en Italie et en Catalogne pour aller me confronter à un plateau relevé et découvrir de nouveau spots.

En aout prochain se dérouleront les championnats du monde masters en Corée du sud, l’occasion si cela est possible d’aller me confronter au meilleur sur 3km et de ramener une belle performance avant de basculer chez les plus de 45 ans.

J’ai eu encore un énorme plaisir à rencontrer des eau libristes tout au long de l’année, aussi bien au Liban (ATCL) que ceux du Paris Aquatique, de Nîmes, de Montpellier ou d’ailleurs, de partager quelques sorties avec les collègues basques ou encore avec Babette lors de la traversée Hendaye Saint jean de Luz. 

Même nager seul en combinaison ne donne aucun sentiment de culpabilité.

Je vous donne rendez vous l’an prochain avec de nouveaux défis (le début du Ocean’s 21), et de nouveaux partenaires qui permettront surement de développer encore et toujours l’eau libre. J’aurais l’occasion d’aborder également des sujets sur le sauvetage côtier, la nage avec palmes en mer très agitée (notamment pour les photographes de surf) ou l’ultra endurance avec des traversées de 30km et plus en natation mais aussi en proie paddle une autre discipline que j’affectionne. Un bon programme bien solide.

Bonne année à vous toutes et tous…

Hypothermie (suite) les raisons physiologiques

Les premières études enregistrées sur les effets de l’immersion en eau froide sur le corps humain sont sans doute celles du Docteur James Currie qui n’avait pu sauver en décembre 1790 les passagers d’un voilier américain échoué en eau froide. Déjà en 450 av JC, Hérodote, relatant l’expédition du général Mardonius témoigne que « ceux qui ne savaient pas nager ont péri de noyade, les autres de froid ».

Et depuis si on comprend mieux les mécanismes et les enjeux d’un tel phénomène ils sont souvent ignorés de la plupart de nageurs ou des baigneurs. Voilà donc un petit rappel.

Tout d’abord, qu’est ce que le froid? On peut déterminer la température du corps qui sera bien souvent de 36.9°C avec une fluctuation selon l’heure de journée (au plus chaud à 18h et au plus froid à 4h du matin) et surtout une fluctuation en fonction de la méthode de prise de température., tout ce qui va faire baisser celle-ci est donc du froid.

La méthode de prise de température en elle même est primordiale car elle ne sera pas la même en rectale, buccale ou sous l’aisselle voire sur le front, donc il faut privilégier la prise à l’aide d’une thermomètre médical et sur une durée de 3 à 5 minutes pour obtenir un chiffre réel et donc définir si l’on a chaud ou froid.

Une fois notre corps plongé dans l’eau froide celui-ci va connaitre deux mécanismes biologiques, celui de l’augmentation de la production de chaleur d’une part, et  d’accroissement de l’isolement thermique du corps d’autre part.

Le premier phénomène d’augmentation  de production de chaleur est obtenu par contraction musculaire mais celle-ci peut être volontaire ou involontaire.

La contraction musculaire à l’effort au cours de l’exercice va dégager de la puissance, ainsi au repos un homme de 70kg produit une puissance allant de 60 à 100 watts qui va être entièrement convertie en chaleur et lors d’un effort cela pourrait atteindre 1000 à 1200 watts dont seulement 800 watts seront convertis en chaleur.

Enfin si on comprend bien ce qu’est la contraction volontaire on se souvient aussi qu’au contact du froid on frissonne et il s’agit là de la contraction involontaire. Elle est moins efficace car elle ne développe que 400 watts et surtout reste limitée dans le temps à 3 heures mais peut surtout mettre la personne en danger en l’empêchant d’avoir des gestes coordonnés (pour s’habiller, pour sortir de l’eau, pour tenir du matériel de secours ou passer un appel…)

Le second phénomène est celui de l’accroissement de l’isolement thermique qui est simplement la conséquence de la modification de la circulation sanguine dans la peau et le tissu sous cutané. Pour faire simple la plus grande partie de la chaleur corporelle est produite par le fonctionnement des organes et des muscles et celle-ci est distribuée vers la surface cutanée par le biais de la circulation sanguine. Mais sous l’effet du froid la circulation périphérique (comprendre l’envoi de sang vers les extrémités par exemple) peut être réduite par vasoconstriction des vaisseaux et fermeture des boucles capillaires cutanées afin de maintenir la chaleur dans le centre du corps et le cerveau (le maitre des lieux qui va toujours privilégier son propre confort).

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Ainsi pour vous donner un ordre d’idée le débit sanguin normal de notre home de 70kg est de 20ml/minute en temps normal mais il peut être réduit à 1ml/minute et sa conductance thermique elle peut être divisée par 2 sous l’effet de la vasoconstriction.

Ici entre en scène le débat sur les différences de réaction au froid entre les individus et notamment l’importance du gras ou du poil pour mieux conserver la chaleur par rapport à un individu imberbe et maigre qui sera beaucoup moins tolérant.

Pour nous qui sommes exposés au froid de l’élément liquide il faut aussi prendre en compte notre refroidissement notamment à la sortie de l’eau du fait du vent qui va participer encore plus vite à celui-ci. Il faut donc s’isoler du froid ou éviter de s’y exposer ou de sortir de l’eau en pensant que ça ira mieux.

En sortant il faut se couvrir notamment la tête pour réchauffer le cerveau et ne pas oublier que 20% de la perte de chaleur se situe dans cette région et laisser le corps se réchauffer tout seul en évitant de toucher des objets chauds pour ne pas se bruler, ou ne pas provoquer un choc thermique en prenant une douche chaude. En cas de médicalisation on pourra respirer de l’oxygène réchauffée ou provoquer un réchauffement des organes grâce à des transfusions ou lavages. Mais on parle ici d’un corps qui serait déjà descendu très bas en température et qui dès lors ne serait pas en capacité de la faire remonter de lui même.

Hypothermie : Les règles de base.

Tout d’abord le maitre mot est l’acclimatation en ne cessant jamais de nager à la fin de l’été vous n’affronterez pas un mur à la fin de l’automne ou en plein hiver lorsqu’un jour de beau temps vous serrez tentez de plonger en pleine mer ou en lac. D’ailleurs ne plongez pas, mais rentrez peu à peu, vous n’avez pas envie de connaitre le choc soudain à cause de la réaction violente de votre corps face à cette agression.

Ne négligez pas un bon échauffement avant d’aller nager afin de préparer votre corps et de hausser un peu sa température extérieure et de ne pas brusquer les muscles ou le coeur en partant trop vite. Tachez de vous détendre dans l’eau, facile à dire, moins souvent à faire… L’idéal étant d’échauffer les articulations en partant des chevilles et en remontant petit à petit vers la nuque. Puis d’étirer le dos et les bras puis de faire monter le cardio en s’activant à sec et en faisant tourner les bras plus vite afin d’être dans la meilleure posture pour aller nager.

Même si j’aime le faire, la prise de parole publique m’invite à vous dire de ne pas nager seul, ou encore mieux de ne pas vous éloigner d’un point de sortie sûr afin de pouvoir mettre fin à l’expérience dès que vous sentirez que ça devient trop dur.

À défaut de vous conseiller de nager en combinaison Néoprène je peux vous dire que le port de deux bonnets en silicone peut aider à ne pas perdre trop de chaleur par la tête. On peut aussi s’enduire le corps de graisse à traire aux mêmes fins et, en plus se prémunir des frottements dû au sel.

N’hésitez pas à réduire le temps d’immersion au fur et à mesure que la température baisse avec la saison d’hiver, et évitez les sorties de fleuve ou autres cours d’eau qui se jettent dans la mer car le courant sera à ces endroits encore plus froid, choisissez plutôt des baies bien protégées pour assurer aussi une sortie de l’eau facile, et, une mise à l’eau progressive.

Enfin le moment le plus délicat sera celui où vous tenterez de vous habiller, si vous êtes chanceux et qu’une douche chaude est à disposition vous devrez éviter d’en passer par là malheureusement afin de ne pas brusquer le réchauffement du noyau central de votre corps qui pourrait se refroidir d’un coup en chassant par cet effet le sang très froid vers lui. Donc douche oui mais à température très modérée ou pas de douche du tout.

Profitez d’un peignoir adapté pour éviter le vent et l’air froid immédiatement et couvrez vous la tête, le point vital à protéger dans toutes vos activités, buvez de l’eau et n’hésitez pas à manger un peu pour reprendre des forces, le plus dur sera de fermer des boutons ou ses lacets tellement les tremblements vont arriver.

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À ce propos comme vous allez nager avec un sac étanche n’hésitez pas y placer un peignoir (ou une couverture de survie à défaut) pour vous réchauffer au plus vite si vous sortiez de l’eau bien avant votre point prévu pour cela et de pouvoir revenir à pieds vers votre vestiaire.

En supposant que vous suiviez tous ses conseils et que vous ne soyez pas seuls voilà une petite liste  des symptômes de l’hypothermie que vous pourriez reconnaitre auprès de vos compagnons de nage (ou de vous même pour certains jusqu’à un certain stade) soyez donc vigilant si celui-ci commence à souffrir de faim ou de nausée, s’il respire fort ou qu’il a du mal à parler, si sa nage ressemble de moins en moins à ce qu’il sait faire dans des conditions normales.

Si vous êtes témoins de cela arrêtez vous et sortez de l’eau car il est fort possible qu’il soit pris de tremblement, qu’il soit confus, et que son rythme cardiaque se soit emballé, que son teint soit très pâle pour ne pas dire blafard et qu’il soit littéralement gelé et donc  ne sente plus ses extrémités.  Nous venons ici, de décrire le stade premier de l’hypothermie légère et il en existe malheureusement un deuxième et un troisième beaucoup plus dangereux.

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Le stade suivant est encore modéré et consiste en une légère aggravation des symptômes cités plus haut. La confusion va s’accroitre, le pouls ralentir, la respiration se faire difficile au risque d’un assoupissement ou d’un état de somnolence. Les tremblements seront plus importants, en découleront une tension musculaire très importante, et la coordination des gestes très difficiles mais le nageur pourrait lui ne pas paraitre concerné par ce risque qui peut aboutir à une perte de conscience. Il se peut que la personne s’habille de manière très peu efficace il faudra alors l’aider. Mais on est là dans un état qui peut s’améliorer en une heure ou deux par un réchauffement doux et une attention portée au pouls notamment.

Par contre si la personne est déjà en hypothermie sévère il se peut que momentanément la situation ait semblé s’améliorer avec la cessation des tremblements, en deçà d’une certaine température le corps ne tremble plus. Si la confusion est toujours présente et que vous perdez son pouls ou que la respiration se fait de plus en plus aléatoire il y’a un vrai risque de coma, et donc de mort. Il est temps d’avoir un expert médical et de pouvoir apporter des soins de réanimation appropriés.

Ceci dit l’eau froide c’est aussi un vrai plaisir, je vous invite si vous souhaitez la pratiquer de vous rapprocher de nageurs la pratiquant en groupe dans des conditions de sécurité favorable à la découverte de cette « discipline » qui a d’ailleurs une fédération et des compétitions en eau très froide (0 à 2°C).

En France des nageurs comme Jacques Tuset ou Philippe Fort sont d’ailleurs de références en la matière. Renseignez vous, préparez vous et rendez vous en mars quand l’eau sera vraiment froide pour l’instant c’est encore l’automne…

Championnats d’Europe Masters d’eau Libre 2018, Bled, Slovénie

Bien qu’ayant pu participer aux championnats du Monde FINA l’an dernier en Hongrie dans le tumultueux lac Balaton je n’avais pas forcément coché cette compétition de fin de saison qui se tenait sous l’égide de la LEN les 8 et 9 septembre 2018.

Mais faire partie d’un club c’est aussi être pris dans une dynamique et se laisser tenter par une virée au fin fond de la Slovénie dans le bien nommé lac de Bled, avec quelques doutes au départ.

L’inscription se fait directement auprès de l’organisateur et contrairement à la natation course il n’y a pas de temps à justifier sur aucune des deux épreuves proposées, le 3 et le 5km. À ce niveau je dois préciser que les autres disciplines (plongeon, water polo, Synchro et course) sont aussi présentes mais à des moments différents et sur d’autres sites.

Le principe en Masters est de nager par catégorie d’âge divisée par tranche de 5 ans à partir des plus de 25 ans jusqu’aux plus anciens possible.

Je suis encore une dernière fois dans les 40-44 ans et je sais que sur une telle épreuve de nombreux italiens, bulgares et autres hongrois vont venir jouer les premières places, je viens donc pour faire un chrono et une belle course, rien d’autre. Mais à défaut d »avoir avec moi mon compagnon de club Fred avec qui j’avais fait les mondiaux, je pars avec toute une équipe de Paris Aquatique et nous voilà tous logés ou presque dans une grande villa sur les hauteurs de Bled et l’émulation du groupe va jouer son rôle.

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Le vendredi nous sommes trois à faire un tour de l’île de Bled à la nage et à la visiter en partant du stade d’aviron local. Le lieu est tout simplement magnifique, le lac fait à peine 2km dans sa longueur mais l’urbanisation très limitée nous permet de nager dans un écrin naturel superbe. L’eau est parfaite autour de 21°C, transparente et le soleil est de la partie, que demander de plus.

Le samedi récupération des accréditations puis attente de la vague de départ pour Gabriel et moi qui serons les seuls à nager dans notre catégorie. Le parcours est des plus simple départ en tenant une « corde » virage à main droite pour rejoindre une ligne de bouées d’aviron et on tire tout droit en suivant celle-ci sur 1000m, demi tour et retour puis dernier virage à main gauche et sprint sur les 400-500 derniers mètres.

Les vagues sont limitées à 50 nageurs donc si votre catégorie d’âge compte plus de nageurs ils sont divisés en plusieurs départs. C’est notre cas, nous sommes à peine une grosse vingtaine de nageurs à partir dans un climat très calme et serein, sans aucune irrégularité ni mauvais coups au départ, c’est appréciable. Au premier virage je suis 6ème et à part quelques tentatives de dépassement je garde cette place tout le trajet aller. au demi tour un nageur suisse me passe à la loyale après avoir drafté derrière moi pendant 1500m. Je lui rendrai la pareille au dernier virage pour frapper la plaque avec 4 secondes sur lui.

La sortie de l’eau est moins en accord avec le reste de l’organisation, pas d’eau ni autre chose à manger, pas d’accès à son chrono, mais on fait avec et on se connecte dans l’après midi pour se rendre compte que la deuxième vague était bien plus rapide. Je termine 23ème en 39’51 à plus de 6 minutes du premier, autant dire aucun regret.

Le lendemain c’est au tour du 5km avec un parcours qui garde le même principe mais nous fait nager jusqu’au bout du lac jusqu’au centre d’aviron depuis lequel nous nous étions mis à l’eau le premier jour. Nous longerons l’île et aurons à rentrer toujours le long des lignes pré-installées et qui supprime toute navigation ou choix de direction. C’est mon seul regret sur cette course qui retire à l’eau libre une composante pourtant importante.

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Sur ce départ ça va encore plus vite et des nageurs sont capables de tenir un rythme largement sous 1’10/100m, vous l’aurez compris je laisse partir et je gère dans un peloton.

Après 2500m je décide de drafter derrière le dit peloton et je n’arriverai jamais à reprendre la tête de celui-ci que je menais pourtant jusque là. Donc 4 nageurs me précèdent à la plaque et j’en termine pas forcément dans le rouge en 1h09’44 et là quelques regrets car 6 nageurs finissent en quelques secondes et je me retrouve en 29ème place au général. Le 30ème nageur est à plus d’une minute derrière.

L’ensemble de mes co-équipiers ont tenu leurs rôles en réalisant de très bleus courses et de très bons chronos, un effet émulation ou bien est ce la nutrition et hydratation slovène qui nous a bénéficié? Bravo à tous et toutes en tout cas et merci de cette belle ambiance.

Je repars de Slovénie avec un réel plaisir d’avoir nagé en club dans un si beau lac et auprès d’une organisation bien rodée et très accueillante. Quelques critiques sur la sortie de l’eau et sur le contrôle des tenues officielles ou encore sur les règles de drafting mais sur le reste que du positif.  Et si vous aimez avant tout l’eau libre et moins les compétitions la Slovénie est une destination à cocher sans aucun doute.

Moi j’aime presque autant les deux, et je terminerai la saison à Jablines lors de la finale de la coupe de France pour jouer mes chances pour une troisième place finale en maitres 1 (25-44 ans), grâce à mes inscriptions sur 5 et 10km.