Hypothermie (suite) les raisons physiologiques

Les premières études enregistrées sur les effets de l’immersion en eau froide sur le corps humain sont sans doute celles du Docteur James Currie qui n’avait pu sauver en décembre 1790 les passagers d’un voilier américain échoué en eau froide. Déjà en 450 av JC, Hérodote, relatant l’expédition du général Mardonius témoigne que « ceux qui ne savaient pas nager ont péri de noyade, les autres de froid ».

Et depuis si on comprend mieux les mécanismes et les enjeux d’un tel phénomène ils sont souvent ignorés de la plupart de nageurs ou des baigneurs. Voilà donc un petit rappel.

Tout d’abord, qu’est ce que le froid? On peut déterminer la température du corps qui sera bien souvent de 36.9°C avec une fluctuation selon l’heure de journée (au plus chaud à 18h et au plus froid à 4h du matin) et surtout une fluctuation en fonction de la méthode de prise de température., tout ce qui va faire baisser celle-ci est donc du froid.

La méthode de prise de température en elle même est primordiale car elle ne sera pas la même en rectale, buccale ou sous l’aisselle voire sur le front, donc il faut privilégier la prise à l’aide d’une thermomètre médical et sur une durée de 3 à 5 minutes pour obtenir un chiffre réel et donc définir si l’on a chaud ou froid.

Une fois notre corps plongé dans l’eau froide celui-ci va connaitre deux mécanismes biologiques, celui de l’augmentation de la production de chaleur d’une part, et  d’accroissement de l’isolement thermique du corps d’autre part.

Le premier phénomène d’augmentation  de production de chaleur est obtenu par contraction musculaire mais celle-ci peut être volontaire ou involontaire.

La contraction musculaire à l’effort au cours de l’exercice va dégager de la puissance, ainsi au repos un homme de 70kg produit une puissance allant de 60 à 100 watts qui va être entièrement convertie en chaleur et lors d’un effort cela pourrait atteindre 1000 à 1200 watts dont seulement 800 watts seront convertis en chaleur.

Enfin si on comprend bien ce qu’est la contraction volontaire on se souvient aussi qu’au contact du froid on frissonne et il s’agit là de la contraction involontaire. Elle est moins efficace car elle ne développe que 400 watts et surtout reste limitée dans le temps à 3 heures mais peut surtout mettre la personne en danger en l’empêchant d’avoir des gestes coordonnés (pour s’habiller, pour sortir de l’eau, pour tenir du matériel de secours ou passer un appel…)

Le second phénomène est celui de l’accroissement de l’isolement thermique qui est simplement la conséquence de la modification de la circulation sanguine dans la peau et le tissu sous cutané. Pour faire simple la plus grande partie de la chaleur corporelle est produite par le fonctionnement des organes et des muscles et celle-ci est distribuée vers la surface cutanée par le biais de la circulation sanguine. Mais sous l’effet du froid la circulation périphérique (comprendre l’envoi de sang vers les extrémités par exemple) peut être réduite par vasoconstriction des vaisseaux et fermeture des boucles capillaires cutanées afin de maintenir la chaleur dans le centre du corps et le cerveau (le maitre des lieux qui va toujours privilégier son propre confort).

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Ainsi pour vous donner un ordre d’idée le débit sanguin normal de notre home de 70kg est de 20ml/minute en temps normal mais il peut être réduit à 1ml/minute et sa conductance thermique elle peut être divisée par 2 sous l’effet de la vasoconstriction.

Ici entre en scène le débat sur les différences de réaction au froid entre les individus et notamment l’importance du gras ou du poil pour mieux conserver la chaleur par rapport à un individu imberbe et maigre qui sera beaucoup moins tolérant.

Pour nous qui sommes exposés au froid de l’élément liquide il faut aussi prendre en compte notre refroidissement notamment à la sortie de l’eau du fait du vent qui va participer encore plus vite à celui-ci. Il faut donc s’isoler du froid ou éviter de s’y exposer ou de sortir de l’eau en pensant que ça ira mieux.

En sortant il faut se couvrir notamment la tête pour réchauffer le cerveau et ne pas oublier que 20% de la perte de chaleur se situe dans cette région et laisser le corps se réchauffer tout seul en évitant de toucher des objets chauds pour ne pas se bruler, ou ne pas provoquer un choc thermique en prenant une douche chaude. En cas de médicalisation on pourra respirer de l’oxygène réchauffée ou provoquer un réchauffement des organes grâce à des transfusions ou lavages. Mais on parle ici d’un corps qui serait déjà descendu très bas en température et qui dès lors ne serait pas en capacité de la faire remonter de lui même.

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Hypothermie : Les règles de base.

Tout d’abord le maitre mot est l’acclimatation en ne cessant jamais de nager à la fin de l’été vous n’affronterez pas un mur à la fin de l’automne ou en plein hiver lorsqu’un jour de beau temps vous serrez tentez de plonger en pleine mer ou en lac. D’ailleurs ne plongez pas, mais rentrez peu à peu, vous n’avez pas envie de connaitre le choc soudain à cause de la réaction violente de votre corps face à cette agression.

Ne négligez pas un bon échauffement avant d’aller nager afin de préparer votre corps et de hausser un peu sa température extérieure et de ne pas brusquer les muscles ou le coeur en partant trop vite. Tachez de vous détendre dans l’eau, facile à dire, moins souvent à faire… L’idéal étant d’échauffer les articulations en partant des chevilles et en remontant petit à petit vers la nuque. Puis d’étirer le dos et les bras puis de faire monter le cardio en s’activant à sec et en faisant tourner les bras plus vite afin d’être dans la meilleure posture pour aller nager.

Même si j’aime le faire, la prise de parole publique m’invite à vous dire de ne pas nager seul, ou encore mieux de ne pas vous éloigner d’un point de sortie sûr afin de pouvoir mettre fin à l’expérience dès que vous sentirez que ça devient trop dur.

À défaut de vous conseiller de nager en combinaison Néoprène je peux vous dire que le port de deux bonnets en silicone peut aider à ne pas perdre trop de chaleur par la tête. On peut aussi s’enduire le corps de graisse à traire aux mêmes fins et, en plus se prémunir des frottements dû au sel.

N’hésitez pas à réduire le temps d’immersion au fur et à mesure que la température baisse avec la saison d’hiver, et évitez les sorties de fleuve ou autres cours d’eau qui se jettent dans la mer car le courant sera à ces endroits encore plus froid, choisissez plutôt des baies bien protégées pour assurer aussi une sortie de l’eau facile, et, une mise à l’eau progressive.

Enfin le moment le plus délicat sera celui où vous tenterez de vous habiller, si vous êtes chanceux et qu’une douche chaude est à disposition vous devrez éviter d’en passer par là malheureusement afin de ne pas brusquer le réchauffement du noyau central de votre corps qui pourrait se refroidir d’un coup en chassant par cet effet le sang très froid vers lui. Donc douche oui mais à température très modérée ou pas de douche du tout.

Profitez d’un peignoir adapté pour éviter le vent et l’air froid immédiatement et couvrez vous la tête, le point vital à protéger dans toutes vos activités, buvez de l’eau et n’hésitez pas à manger un peu pour reprendre des forces, le plus dur sera de fermer des boutons ou ses lacets tellement les tremblements vont arriver.

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À ce propos comme vous allez nager avec un sac étanche n’hésitez pas y placer un peignoir (ou une couverture de survie à défaut) pour vous réchauffer au plus vite si vous sortiez de l’eau bien avant votre point prévu pour cela et de pouvoir revenir à pieds vers votre vestiaire.

En supposant que vous suiviez tous ses conseils et que vous ne soyez pas seuls voilà une petite liste  des symptômes de l’hypothermie que vous pourriez reconnaitre auprès de vos compagnons de nage (ou de vous même pour certains jusqu’à un certain stade) soyez donc vigilant si celui-ci commence à souffrir de faim ou de nausée, s’il respire fort ou qu’il a du mal à parler, si sa nage ressemble de moins en moins à ce qu’il sait faire dans des conditions normales.

Si vous êtes témoins de cela arrêtez vous et sortez de l’eau car il est fort possible qu’il soit pris de tremblement, qu’il soit confus, et que son rythme cardiaque se soit emballé, que son teint soit très pâle pour ne pas dire blafard et qu’il soit littéralement gelé et donc  ne sente plus ses extrémités.  Nous venons ici, de décrire le stade premier de l’hypothermie légère et il en existe malheureusement un deuxième et un troisième beaucoup plus dangereux.

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Le stade suivant est encore modéré et consiste en une légère aggravation des symptômes cités plus haut. La confusion va s’accroitre, le pouls ralentir, la respiration se faire difficile au risque d’un assoupissement ou d’un état de somnolence. Les tremblements seront plus importants, en découleront une tension musculaire très importante, et la coordination des gestes très difficiles mais le nageur pourrait lui ne pas paraitre concerné par ce risque qui peut aboutir à une perte de conscience. Il se peut que la personne s’habille de manière très peu efficace il faudra alors l’aider. Mais on est là dans un état qui peut s’améliorer en une heure ou deux par un réchauffement doux et une attention portée au pouls notamment.

Par contre si la personne est déjà en hypothermie sévère il se peut que momentanément la situation ait semblé s’améliorer avec la cessation des tremblements, en deçà d’une certaine température le corps ne tremble plus. Si la confusion est toujours présente et que vous perdez son pouls ou que la respiration se fait de plus en plus aléatoire il y’a un vrai risque de coma, et donc de mort. Il est temps d’avoir un expert médical et de pouvoir apporter des soins de réanimation appropriés.

Ceci dit l’eau froide c’est aussi un vrai plaisir, je vous invite si vous souhaitez la pratiquer de vous rapprocher de nageurs la pratiquant en groupe dans des conditions de sécurité favorable à la découverte de cette « discipline » qui a d’ailleurs une fédération et des compétitions en eau très froide (0 à 2°C).

En France des nageurs comme Jacques Tuset ou Philippe Fort sont d’ailleurs de références en la matière. Renseignez vous, préparez vous et rendez vous en mars quand l’eau sera vraiment froide pour l’instant c’est encore l’automne…

Championnats d’Europe Masters d’eau Libre 2018, Bled, Slovénie

Bien qu’ayant pu participer aux championnats du Monde FINA l’an dernier en Hongrie dans le tumultueux lac Balaton je n’avais pas forcément coché cette compétition de fin de saison qui se tenait sous l’égide de la LEN les 8 et 9 septembre 2018.

Mais faire partie d’un club c’est aussi être pris dans une dynamique et se laisser tenter par une virée au fin fond de la Slovénie dans le bien nommé lac de Bled, avec quelques doutes au départ.

L’inscription se fait directement auprès de l’organisateur et contrairement à la natation course il n’y a pas de temps à justifier sur aucune des deux épreuves proposées, le 3 et le 5km. À ce niveau je dois préciser que les autres disciplines (plongeon, water polo, Synchro et course) sont aussi présentes mais à des moments différents et sur d’autres sites.

Le principe en Masters est de nager par catégorie d’âge divisée par tranche de 5 ans à partir des plus de 25 ans jusqu’aux plus anciens possible.

Je suis encore une dernière fois dans les 40-44 ans et je sais que sur une telle épreuve de nombreux italiens, bulgares et autres hongrois vont venir jouer les premières places, je viens donc pour faire un chrono et une belle course, rien d’autre. Mais à défaut d »avoir avec moi mon compagnon de club Fred avec qui j’avais fait les mondiaux, je pars avec toute une équipe de Paris Aquatique et nous voilà tous logés ou presque dans une grande villa sur les hauteurs de Bled et l’émulation du groupe va jouer son rôle.

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Le vendredi nous sommes trois à faire un tour de l’île de Bled à la nage et à la visiter en partant du stade d’aviron local. Le lieu est tout simplement magnifique, le lac fait à peine 2km dans sa longueur mais l’urbanisation très limitée nous permet de nager dans un écrin naturel superbe. L’eau est parfaite autour de 21°C, transparente et le soleil est de la partie, que demander de plus.

Le samedi récupération des accréditations puis attente de la vague de départ pour Gabriel et moi qui serons les seuls à nager dans notre catégorie. Le parcours est des plus simple départ en tenant une « corde » virage à main droite pour rejoindre une ligne de bouées d’aviron et on tire tout droit en suivant celle-ci sur 1000m, demi tour et retour puis dernier virage à main gauche et sprint sur les 400-500 derniers mètres.

Les vagues sont limitées à 50 nageurs donc si votre catégorie d’âge compte plus de nageurs ils sont divisés en plusieurs départs. C’est notre cas, nous sommes à peine une grosse vingtaine de nageurs à partir dans un climat très calme et serein, sans aucune irrégularité ni mauvais coups au départ, c’est appréciable. Au premier virage je suis 6ème et à part quelques tentatives de dépassement je garde cette place tout le trajet aller. au demi tour un nageur suisse me passe à la loyale après avoir drafté derrière moi pendant 1500m. Je lui rendrai la pareille au dernier virage pour frapper la plaque avec 4 secondes sur lui.

La sortie de l’eau est moins en accord avec le reste de l’organisation, pas d’eau ni autre chose à manger, pas d’accès à son chrono, mais on fait avec et on se connecte dans l’après midi pour se rendre compte que la deuxième vague était bien plus rapide. Je termine 23ème en 39’51 à plus de 6 minutes du premier, autant dire aucun regret.

Le lendemain c’est au tour du 5km avec un parcours qui garde le même principe mais nous fait nager jusqu’au bout du lac jusqu’au centre d’aviron depuis lequel nous nous étions mis à l’eau le premier jour. Nous longerons l’île et aurons à rentrer toujours le long des lignes pré-installées et qui supprime toute navigation ou choix de direction. C’est mon seul regret sur cette course qui retire à l’eau libre une composante pourtant importante.

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Sur ce départ ça va encore plus vite et des nageurs sont capables de tenir un rythme largement sous 1’10/100m, vous l’aurez compris je laisse partir et je gère dans un peloton.

Après 2500m je décide de drafter derrière le dit peloton et je n’arriverai jamais à reprendre la tête de celui-ci que je menais pourtant jusque là. Donc 4 nageurs me précèdent à la plaque et j’en termine pas forcément dans le rouge en 1h09’44 et là quelques regrets car 6 nageurs finissent en quelques secondes et je me retrouve en 29ème place au général. Le 30ème nageur est à plus d’une minute derrière.

L’ensemble de mes co-équipiers ont tenu leurs rôles en réalisant de très bleus courses et de très bons chronos, un effet émulation ou bien est ce la nutrition et hydratation slovène qui nous a bénéficié? Bravo à tous et toutes en tout cas et merci de cette belle ambiance.

Je repars de Slovénie avec un réel plaisir d’avoir nagé en club dans un si beau lac et auprès d’une organisation bien rodée et très accueillante. Quelques critiques sur la sortie de l’eau et sur le contrôle des tenues officielles ou encore sur les règles de drafting mais sur le reste que du positif.  Et si vous aimez avant tout l’eau libre et moins les compétitions la Slovénie est une destination à cocher sans aucun doute.

Moi j’aime presque autant les deux, et je terminerai la saison à Jablines lors de la finale de la coupe de France pour jouer mes chances pour une troisième place finale en maitres 1 (25-44 ans), grâce à mes inscriptions sur 5 et 10km.

 

Une saison (ou presque) en coupe de France d’eau libre

Après avoir lancé ma saison en mai dernier, il est temps de faire un point sur les étapes de coupe de France d’eau libre auxquelles j’ai pu participer et qui m’ont mené, à ce jour, à une troisième position au classement général dans ma catégorie des maitres 1.

La Coupe de France c’est à la fois très simple, un cumul de points tout au long d’une longue saison en eau libre de Octobre à Septembre partout en France (pas tellement dans les Dom Tom ou en mer en général) sur des distances allant de 1500m à 10.000m (un seul 25km aux championnats de France) et très compliqué car les points attribués ne sont pas les mêmes selon que l’épreuve compte simple ou double depuis la création des « Aqua challenge ». On comptabilise les 15 meilleurs résultats et si cette coupe est plutôt destinée aux jeunes talents il existe aussi un classement maitres 1 et 2 soit les 26-44 ans (dont je suis) et les 45 ans et plus (ce qui laisse moins d’occasion aux maitres de briller par rapport aux bassin ou aux championnats d’Europe ou du Monde qui séparent les nageurs par tranches de 5 ans).

Ce long compte rendu est surtout l’occasion de revenir tour à tour sur les réglementations (Néoprène, sorties de l’eau temps limite…), les différences d’organisations et enfin sur les lieux visités.

Pour être complet j’avais débuté la saison 2018 en 2017 à Martigues lors de la posidonienne en participant au 5km qui fut réduit à 4km sans que l’on sache vraiment pourquoi ni qu’on le sache tout simplement ce qui ne va pas permettre de lancer un sprint final dans une eau fraiche où l’on était forcé de nager en Néoprène. Bilan, un temps très moyen, un chronométrage plus que  limite car après avoir disparu du classement je me retrouve avec un temps un peu plus lent que celui donné ma montre et que devant moi se trouve des nageurs avec palmes qui pourtant essayent d’expliquer à l’organisateur qu’ils devraient ne pas y apparaitre.

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Des épreuves en mer il y en peu mais du Mistral c’est plus courant.

Une étape en mer était tentante mais le mistral et une organisation un peu débutante ne va pas permettre de profiter de ce lieu magnifique par ailleurs pour faire de l’eau libre. Je finirais le week end à la seconde place du 1500m (qui ne compte pas pour la coupe de France) ce qui permettra de travailler la vitesse malgré le fait que la ligne d’arrivée ne fut installée que lors de notre approche, ce qui ne rendait pas facile la navigation finale.

Vous l’aurez compris un très beau spot d’eau libre mais pour ce qui est du volet sportif on se demande comment la fédération a pu lui délivrer le label coupe de France (s’il en existe un?), quasiment aucun briefing d’avant course, un petit mistral qui nous empêche de finir le parcours officiel, certains nageurs n’iront même pas chercher la dernière bouée avant de tourner vers l’arrivée, et un service de chronométrage catastrophique qui feront remonter un classement irréaliste comptant pourtant pour un 5km.

Ma deuxième expérience sera donc celle qui me permettra d’ouvrir la saison 2018 au Lac de Paladru sur 10km, après 5 mois à nager pus de 100km mensuels. Le principe est simple, un tour de lac qui parait très long (7km dans sa plus grande longueur) et cela va se confirmer avec la parcours qui fera plutôt 12km (les chronos viendront confirmer mes impressions de course). Une organisation débutante aussi mais qui propose un vrai briefing d’avant course et qui fournit des bénévoles pour le ravitaillement au milieu du parcours. L’eau ayant était mesurée sous les 20°C le Néoprène était optionnel et ne va pas permettre une équité dans cette course longue. Mais ici le règlement était appliqué. Selon mes informations le tour du lac ne sera plus proposé dans ce format mais en deux tours de 5km désormais. Un très beau lieu, une belle ambiance, une belle pluie pour finir ce long parcours et une organisation qui apprend mais qui propose une belle étape.

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Avec Monsieur Jacques Tuset l’homme aux multiples évasions à la nage, pour son 9ème Monte Cristo.

Puis ce sera au tour du Défi Monte Cristo  pour un programme chargé :

5km le vendredi, 2.5km le samedi, et le 5km officiel comptant pour la coupe de France le dimanche.

Malheureusement la réalité sera différente. Un peu de mistral (à nouveau) sera de la partie (il souffle à ce niveau pourtant 8 à 12 jours par mois dans la région) et nous empêchera de partir sur le premier 5km. Étonnant car il pousse plutôt dans le bon sens et à part pour le premier kilomètre il est un allié évident pour finir cette course. Ce qui se confirmera avec mon meilleur chrono sur un 5km le dimanche lorsque nous aurons la permission de nager depuis l’ile avec une heure de retard (comme pour toutes les courses du week end du fait du nombre de nageurs inscrits et d’une organisation qui n’en prend pas compte). 

Le parcours est extrêmement simple et particulièrement agréable à nager dans une eau fraiche, moins de 18°C au départ mais sans être obligé de porter une Néoprène, ce fut donc un plaisir de finir dans le top 30 de cette épreuve qui selon moi est sur côtée car pour le prix de l’inscription rien ne semble être à la hauteur. Pas d’eau potable sur le site, pas de tente organisation, pas de respect des horaires de départs, pas de plan B en cas d’annulation à cause du Mistral qui pourtant semble présent au mois de Juin, et enfin pas de respect des distances car l’épreuve du samedi s’est résumée à un petit 1600m que les nageurs en Néoprène locaux ont appréciés tellement le chronomètre pouvait flatter les égaux si l’on pensait avoir nagé 1km de plus…L’organisation s’en excusera plus tard justifiant cela par le fait qu’une bouée aurait bougé entre le moment de son placement et le départ de la course (soit 500m en 30’, sachez le une bouée attachée au fond de l’eau peut se mouvoir à 1km/h).

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Quand une épreuve est annulée le matin d’une épreuve le Paris Aquatique nage en équipe

Une étape à oublier au plus vite, mes critiques doivent être prise ici avec beaucoup de sérieux car à la différence des deux premières épreuves celle-ci a plus de 20 ans d’expérience.

Ce sera au tour de Bordeaux de proposer un 5km en lac artificiel à l’occasion du triathlon local et le parcours s’en fera ressentir car il s’agira de deux boucles de 2.5km avec une sortie à l’australienne au milieu alors que je pensais qu’il était interdit de se déplacer en eau libre avec les pieds au sol. Il semblerait que le règlement change selon les régions et les organisateurs. Une fois de plus un doute persiste quant à un label coupe de France voire à un quelconque document permettant d’harmoniser les épreuves à travers le pays.

On était dans une ambiance triathlon avec une option eau libre, ce qui fait craindre que ce sport ne se développe dans l’ombre du triple effort en ramassant les miettes à l’image de ce qu’il restait au ravitaillement après notre course. Cependant une très belle course tactique en équipe avec une nageuse prometteuse en la personne d’Anne une camarade de club encore junior avec qui je l’espère j’aurai l’occasion de faire d’autres traversées voire des relais.

Enfin, ce fut le 10km du lac d’Annecy, j’avais pu tester le 5km l’an dernier avec un très grand plaisir et un temps de 1h15 je me lance cette année sur la distance olympique à défaut de plus ce qui pourrait pourtant être au programme facilement.

Avec un premier briefing la veille au soir, un autre avant le départ, un double ravitaillement depuis les bateaux et un chronométrage sans problème , et, non pas un, mais deux transpondeurs. Une organisation carrée et un site magnifique. 

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Les départs des 10km sont souvent moins rugueux que les autres même si cela nage très vite au final.

Du simple fait d’avoir fait 5 épreuves dont deux 10km me voilà 3ème au classement des maitres 1 et je jouerai donc la finale de la coupe de France en Septembre prochain pour voir si je peux rester sur la boite, j’en profiterai pour découvrir Jablines et tirer un trait sur cette saison d’eau libre une semaine après les championnats d’Europe à Bled en Slovénie, un déplacement d’équipe qui permettra d’évaluer l’organisation de la LEN qui n’avait pas grande presse après les championnats de Londres il y a deux ans…

Ce que l’on peut retenir donc de cette saison c’est la plus grande incohérence qui règne en terme de règlement sur le port ou non du Néoprène surtout dans la phase déterminant la température exacte de l’eau avant le départ ce qui donne l’impression que lorsque la majorité des nageurs semble frileux la température tombant systématiquement sous les 20°C. Ce nouveau point de règlement qui semble déplaire à la plupart des pratiquants d’eau libre mais convenir aux triathlètes qui souhaitent participer à une épreuve de natation occasionnellement pourrait pourtant connaitre une issue logique en autorisant les nageurs hors licence FFN ou ne désirant pas participer au classement officiel à nager dans du Néoprène sans que ces combinaisons n’aient besoin d’être homologuées (le seront elles un jour par la Fina?) 

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Un point de règlement que je ne connaissais pas, la sortie à l’australienne semble autorisée, un moyen de parler stratégie avec sa camarade de club et de travailler son plongeon.

Le classement enfin récompense plus, le nombre de courses et la longue distance (dont les participants sont si peu nombreux que le dernier marque tout de même un grand nombre de point par rapport aux 5 ou 2.5km) que la valeur réelle des nageurs, à qui elle ne rend pas hommage, notamment dans ma catégorie, et  l’occasion m’est donné de saluer Fred Romera qui fut mon compagnon à Paladru, Marseille et Annecy…

Dans un prochain article j’aurais l’occasion de revenir sur le 10km de juin dernier lors de l’Open Sim Stars à Paris qui mérite que l’on en parle tellement ces épreuves en pleine ville avec un très grand nombre de nageurs mais sans enjeu ni classement final pourraient être l’avenir de notre discipline.

La carte et le territoire

La carte et le territoire :

Si l’on voit dans beaucoup de sports des athlètes se fixer des objectifs chronométriques très précis, en marathon notamment, ou en triathlon également avec des barres symboliques sous les 4 heures, sous les 9 heures et avec des sas de départ en fonction de la vitesse, on est loin de tout cela en eau libre car le milieu naturel reste le plus fort et peut venir transformer un dernier kilomètre en un graal qu’on atteindra jamais.

Tout d’abord il est plus difficile de dessiner un parcours d’eau libre qui va s’adapter à la perfection à la distance souhaitée et de placer les bouées sur le parcours selon cette prévision idéale. Il faut certes maitriser la carte mais sur le terrain, on peut rencontrer bien des cas de figures qui vont venir rallonger les distances et la durée d’une épreuve qui sur le papier fait pourtant bien 5 ou 10km.

On pense à juste titre au courant, au vent ou aux vagues, mais le problème vient aussi de la navigation qui va se mettre en place pour aller d’un point à un autre et en l’absence de ligne bleue ou noire au fond du lac on s’en remettre souvent à un point sur terre parfois très distant, voire à la côte en espérant la longer correctement. Il ne s’agit bien souvent pas de la ligne la plus courte pour rejoindre la prochaine balise et cela rallonge un peu la distance, et je ne parle pas de nageurs qui ne nagent pas droit d’un point A à un point B mais de nageurs qui vont pour nager « droit » prendre des repères qui vont les éloigner de la trace la plus directe, celle que l’organisateur a dessiné sur sa carte et qui semblait facile à suivre lors du briefing de départ.

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Un tour de Lac qui promet bien des détours car on a toujours tendance à longer une côte qui elle ne suit que ses envies.

J’en profite ici pour revenir sur ma dernière expérience en la matière lors de la coupe de France dans le lac de Paladru qui proposait un 10km en tour du lac qui semblait attirant mais qui s’est avéré être un très gros 10km à l’arrivée en nageant de manière stable et en faisant au mieux en terme de navigation le ravitaillement qui devait se situer à mi-chemin s’est retrouvé à plus de 6km à défaut de bouées permettant aux nageurs de rester sur la ligne droite dessiner sur la carte.

Je modère mes propos, l’organisation était perfectible (sécurité, juges et bouées plus présents) mais ce fut une très belle épreuve et le lac en question était magnifique.

Ensuite il arrive que la ligne droite ne soit pas la meilleure pour arriver au plus vite à un point, car le courant ou le vent et la houle peuvent retarder le nageur en lui opposant une résistance trop forte quand il serait préférable de s’en protéger et d’en profiter le plus possible pour finir plus fort. Un simple courant à 2 ou 3 km/h ou un vent de face va compliquer la tâche du nageur d’eau libre qui préférera faire avec la marée ou le vent en se laissant déporter.

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Une carte modifie toujours notre point de vue sur le monde qui nous entoure

Vient ensuite le trajet dont on sait depuis le début ne sera pas une belle ligne droite mais un beau S qui va nous ballader à gauche et à droite selon la montée ou la descente de la marée, comme lorsque l’on traverse la Manche par exemple. On a pu longtemps croire avant le GPS que l’on nageait une trentaine de kilomètres de Douvre à Calais en ligne plus ou moins droite, et en fait on nage bien plus en allant et venant autour de l’axe que l’on se fixe depuis le début. Ici aussi le territoire reprend la main assez rapidement. D’ailleurs mal calculer son heure de départ pour une traversée de la Manche peut conduire à nager contre la marée et à rallonger très sensiblement son chrono. Lire le récit du maitre en la matière Jacques Tuset sur son blog.

Car au fond, peut on prévoir la durée d’une nage en eau libre? Cela parait difficile car il suffit d’un de ses éléments pour venir bouleverser totalement la nage marathon qu’on a envisagée et qui sur le papier paraissait tout à fait faisable, mais il n’est pas inhabituel qu’un nageur rapide mette un temps bien supérieur à d’autres traverser un détroit ou qu’un autre pourtant bien préparé se voit abandonner à 2km de la côte après des heures d’effort contre le courant ou le froid et le vent.

Contre le froid me direz vous il pourrait y avoir la solution de la combinaison Néoprène mais en eau libre nous sommes nombreux à militer pour que les compétitions se fassent sans, en traversée de détroits la règle la proscrit tout simplement pour mettre tout le monde a égalité dans le temps.

Reste une question : le Néoprène fait il nager plus vite? À cela une réponse ambiguë, car en fait  cela dépend surement de la qualité du Yamamoto en question mais aussi des capacités et du profil du nageur, pour autant sur le papier si cela semble vrai, les dernières compétitions Fina où les combinaisons furent autorisées se sont nagées plus « lentement » que les éditions passées. La faute n’est pas à chercher dans une stratégie de course ou dans le manque d’expérience des nageurs (ici cela peut juste modifier le classement en favorisant certains nageurs de haut niveau, plus aptes à s’adapter, ou dont la morphologie va être avantagée par un apport en Néoprène) mais bien au milieu naturel qui reprend ses droits avec du courant défavorable le jour de l’épreuve rendant impossible de parier sur un chrono avant le départ sauf à se croire en bassin de 10.000 mètres.

Nager en milieu naturel, comme faire la montagne d’ailleurs, c’est avant tout s’adapter à la faune, la flore, à la météo et aux aléas et c’est peut être pour cela qu’on appelle cela de l’eau libre, de là à penser que les autres ne le sont pas, il n’y a qu’un pas. 

Lancement de la saison à Chypre (Eurasia Swim Cup)

Si j’avais publié quelques photos de l’étape chypriote de l’Eurasia Swim Cup je n’ai pas encore eu le temps d’écrire la moindre ligne sur le sujet, et ce blog ayant comme objectif de faire découvrir des épreuves d’eau libre notamment je me devais de réparer cela au plus vite.  Cette année je vais avoir l’occasion de nager des étapes de coupe de France, une de l’open swim stars à Paris (fidèle depuis la première année), les championnats d’Europe masters (LEN) et d’autres épreuves au Pays Basque ou au Liban. Mais j’avais été attiré par une franchise qui m’était jusque là inconnue, Eurasia Swim Cup dont j’avais entendu parlé en recherchant des courses en Russie. Il s’avère qu’ils ont aussi des épreuves en Sicile et à Chypre, dont une en tout début de saison, parfait pour se tester sur 10km. Sur le papier tout pour me plaire.

C’était donc le 17 mars dernier à Larnaca, et non pas à Aiya Napa comme annoncé lors de l’inscription, près de l’ancienne forteresse, l’organisation russe proposait toutes les distances de 1000m à 10.000m en passant par des distances assez incompréhensibles sauf si on est triathlètes de 1900 et 3800m.

À ce stade il faut rappeler que beaucoup de nageurs d’eau libre y viennent par le biais du triathlon qui est pour l’instant plus développé à l’échelle mondiale, d’où la présence de nombreuses combinaisons et de ces distances. Rappelons au passage que la natation est déjà le parent pauvre du triathlon car si 5km nagés sont l’équivalent de 20km courus on en est loin au triple effort où elle se limite à moins de 4km pour 42,2km couru et 180km de vélo quand il faudrait pour équilibrer les disciplines, nager un peu plus de 10km. Soyons honnêtes si c’était la règle du jeu peu de triathlons longues distances auraient lieu faute de participants. Pour autant doit on en eau libre proposer des distances de triathlon pour faire venir des nageurs, cela reste une question ouverte, mais sur un seul parcours faire cohabiter un 3800m et un 6000 ou 10.000m parait plus que compliqué. Je précise qu’il existe des triathlons qui respectent la répartition égalitaire des distances dans les 3 disciplines, il ne s’agit pas du label ironman vous l’aurez compris.

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En dehors de ce choix étrange de vouloir plaire à plusieurs publics se posait la question du parcours et du ravitaillement, malgré quelques échanges de messages avec l’organisation je n’avais pas pu en savoir plus, pas évident pour préparer des nageurs à leur première longue distance en mer en compétition. Si je m’inscrivais sur la longue distance je conseillais aux masters que j’entraine au Liban de partir plutôt sur le 6km pour ne prendre aucun risque, je ne connaissais rien de l’organisation, du lieu, des conditions de ravitaillement ou de sécurité, et il vaut toujours mieux éviter de mauvaises surprises dans ces cas là.

Les horaires de départ ayant plus ou moins respectés nous avons du nager au moment où le vent se levait (pratiquement toujours au moment de la mi-journée) et donc face à lui sur 50% du trajet sans en bénéficier lors du retour car nous nagions trop proche de la côte bien à l’abri, un sens inverse de rotation aurait été beaucoup plus facile donc, mais c’est ce que l’on aime en eau libre, les conditions difficiles.

La sécurité sur l’eau et le ravitaillement avait l’air efficace, le briefing d’avant course très moyen pour le 10km où j’étais le seul non russophone, pour le reste le niveau sportif n’était pas forcément au rendez vous sauf sur le 6km, car pour ma part après avoir du courir dans l’eau pour le départ je virais en tête au 300m pour nager seul les 9700m restant. Heureusement je rattrapais à mi-course, des nageurs du 6km partis plus tard, qui me motivaient à garder un rythme et à finir en 2h39 malgré plus de 6km avec du vent et de la houle qui rendaient la course assez difficiles.

Le nageur suivant arrivait plus de 15 minutes après moi, ça change des coupes de France où les jeunes nageurs et nageuses me mettent un tour à mi-course dans un style et une facilité qui fait envie.

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Alors d’un point de vue technique le mélange de styles entre natation, triathlon, boite de nuit avec pole dancing et filles en maillots échancrés ne me donnent pas forcément envie de refaire une étape de cette franchise surtout à cause du manque de niveau globale de l’épreuve et du type de parcours qui en découle, car tourner en boucle en pleine mer c’est toujours un peu rageant, Chypre à bien mieux à proposer en terme de ballade en mer même sur 10km.  La distance en question se dénommait « Héro » on franchit là un cap assez navrant dans la médaille de « finisher » qui désormais se dote d’un qualificatif sur valorisant pour avoir nagé 2 ou 3 heures en mer. N’ayant sauvé personne ni même l’humanité pendant cette petite promenade pour laquelle je m’entrainer régulièrement je n’ai ressenti aucun héroïsme à franchir la ligne d’arrivée qui était sur la plage. Ici encore quand on dispose d’une arche flottante pourquoi la poser sur le sable, en eau libre un départ dans l’eau et une arrivé en tapant la planche c’est tout de même l’idéal.

Loin de moi l’idée de vous déconseiller leurs épreuves mais cela serait difficile car ils viennent d’annuler la plupart de leurs étapes en Russie pour en remplacer certaines par des épreuves en piscine (du sprint sur 50m) quand je vous parlais de mélange des styles.

Revenons à cette épreuve d’un point de vue technique, j’avais établi une stratégie à 3 ravitaillements car il faisait chaud, soit après 4, 6 et 8km en buvant essentiellement. J’ai souffert de cette chaleur, sur la fin surtout, en faisant face à la houle où un triceps sifflait un peu et où j’ai du passer par une phase d’éducatifs pour faire passer la douleur. Il serait bon de trouver des solutions pour soulager au mieux cette chaine musculaire et se préparer pour les 10km à venir (Paris en Juin, Annecy en Aout et Jablines en Septembre…) le niveau sera bien plus relevé.

Ceci dit c’était une très belle occasion de passer un week end avec les nageurs que je fais souffrir en bassin ou en mer par tous les temps, tout au long de l’année au sein de l’ATCL et si nous étions la délégation la plus nombreuse cela a surtout permis à de nombreux nageurs de prendre goût à l’eau libre en compétition et nous serons donc du voyage à Paris en juin.

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La préparation de la longue distance continue donc avec l’accroissement du volume et l’augmentation de la vitesse notamment sur des 1000m et plus. L’objectif étant de pouvoir nager avec une certaine facilité jusqu’à 6km pour pouvoir accélèrer sur la fin. À Paris cela sera sans grande difficulté car il y aura je le pense un grand nombre de nageurs, un courant favorable et que la navigation est quasiment absente, mais à Annecy seuls 20 nageurs prennent le départ et je serai surement parmi les derniers il faudra garder le moral et être capable de ne pas trop perdre de terrain sur un groupe intermédiaire. L’objectif étant de pouvoir réaliser des chronos autour de 2h20 lors de cette saison avant de penser à participer à des épreuves un peu plus longues notamment en Italie sur 15km et plus lors du circuit Gran Fondo.

http://www.circuitogranfondoitalia.it/gfi/calendario-circuito-gran-fondo-italia-2018/

L’eau libre ça donne envie de grand espace.

Les clés de la réussite, qu’est ce qui détermine une bonne compétition en eau libre

À trois semaines de la reprise de la saison qui aura lieu, pour moi et bon nombre de nageurs libanais que j’entraine, à Chypre lors d’une manche de l’Eurasia Swim Cup, c’est l’occasion de faire le point sur le déroulement parfait d’un jour de compétition. Ce billet se veut, un petit guide pratique à l’attention des athlètes mais aussi des organisateurs afin que cette discipline se développe comme elle se doit.

Tout débute par une inscription et parfois par une course contre la montre pour trouver un bonnet mais bien souvent il faut aller à la pêche aux informations et à défaut d’une quelconque centralisation des informations il faut jongler avec des sites, des pages Facebook et autres afin de programmer sa saison. À ce stade on espère toujours avoir un maximum d’information dès le début et connaitre le parcours, s’il y aura des vestiaires, où un service de navette pour se rendre au point départ et espérer un retour des sacs au point d’arrivé car passer une demie journée en maillot de bain et abandonner des tongues sur une plage ça n’est pas très écolo. Malheureusement notre discipline est encore au stade de l’improvisation, mais au contraire de la ligue du même nom, c’est surtout un comique de répétition qui n’amuse pas sur le long terme.

Le jour j on souhaite encore de l’information et notamment sur les conditions de courses en cas de mauvais temps et être tenu au courant en temps réel ou presque des décisions de l’organisateur qui a tout pouvoir en la matière. Pourtant j’ai fait l’expérience d’un départ anticipé de la course un jour de beau temps sur un lac du centre de la France, sans que la plupart des nageurs soient mis au courant. Pas d’envoi d’email, pas de coups de téléphone et pire encore pas de réponse lorsque l’on appelait sur le numéro de l’organisateur. Rater un départ alors qu’on était à l’hôtel à faire passer le temps et arriver pour son 10km quand les rares nageurs avertis bouclent leur 5km c’est plus que rageant.

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L’information c’est aussi un briefing de sécurité fait dans les règles et là encore je ne parle pas d’un bénévole qui va tenter de crier trois consignes depuis un bateau à une minute du départ, en pensant que les 300 nageurs à moitié immergés, bonnets enfoncés sur la tête, ont parfaitement compris le parcours en mer qui les attend.

Je classe la qualité d’une épreuve selon des critères simples et lorsque l’on me demande de conseiller une course à un nageur je prend cette phase là comme référence. Ça peut paraitre étrange mais c’est un plaisir de nager dans un cadre bien organisé. J’ai pu par exemple prendre le départ de course où on avait du mal à comprendre le sens de rotation du parcours pourtant basique, deux bouées alignées à 500m de distance (en fait 400m).

Et c’est donc l’occasion d’aborder le point le plus sensible, le parcours en lui même. Ne pas connaitre le parcours au moment de l’inscription est une chose mais le voir se construire maladroitement au moment même du départ avec des bouées à peine visibles et sans aucun respect des distances annoncées marque un grand manque de considération pour les nageurs et pour la discipline.

Certes il n’est pas facile de faire un tracé exact, en plus le courant ou les vagues et le vent vont être de la partie pour durcir ou facilité ce trajet mais se limiter à des allers-retours entre deux bouées alors que le site propose des choses plus intéressantes c’est cruel pour le nageur en eau libre qui a l’impression de venir nager en bassin.

Il est bon à ce stade de mon énoncé de rappeler que je ne suis pas partisan des départ à 7h00 du matin sans avoir eu le temps d’un réveil musculaire et d’un échauffement, surtout quand la distance ou la météo ne sont pas contradictoire avec le fait de lancer l’épreuve au moment où il y aura du public et que les athlètes auront ainsi toutes les chances de nager vite et bien.

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Vient enfin le déroulement de la course qui nécessite que les règles soient réellement appliquées, à savoir le dossier épineux des combinaisons et des homologations par la Fina des tenues des nageurs, mais aussi que le parcours a bien été respecté, le nombre de tours bien validé ou que le départ n’a pas été volé de plusieurs dizaines de mètres par certains. Si en plus il n’y a pas à l’arrivée 204 podiums par catégories d’âge et que le chronométrage est bien fait et le classement vite connu et diffusé (notamment pour le celui de la coupe de France), alors tout ira bien, mais là c’est le meilleur des mondes.

L’un des moyens de développer ce sport n’est pas de le limiter à des boucles sans fin, dans des endroits vide sans aucun média ou public, en laissant un gout amer aux compétiteurs, mais bien en proposant une belle expérience, une belle traversée en mer, en lac ou en rivière mais qui donnera envie de revenir et de faire inscrire pas mal de nageurs de son club car c’est bien le partage d’un très beau moment qui sera la moteur de l’eau libre.