Championnats d’Europe Masters d’eau Libre 2018, Bled, Slovénie

Bien qu’ayant pu participer aux championnats du Monde FINA l’an dernier en Hongrie dans le tumultueux lac Balaton je n’avais pas forcément coché cette compétition de fin de saison qui se tenait sous l’égide de la LEN les 8 et 9 septembre 2018.

Mais faire partie d’un club c’est aussi être pris dans une dynamique et se laisser tenter par une virée au fin fond de la Slovénie dans le bien nommé lac de Bled, avec quelques doutes au départ.

L’inscription se fait directement auprès de l’organisateur et contrairement à la natation course il n’y a pas de temps à justifier sur aucune des deux épreuves proposées, le 3 et le 5km. À ce niveau je dois préciser que les autres disciplines (plongeon, water polo, Synchro et course) sont aussi présentes mais à des moments différents et sur d’autres sites.

Le principe en Masters est de nager par catégorie d’âge divisée par tranche de 5 ans à partir des plus de 25 ans jusqu’aux plus anciens possible.

Je suis encore une dernière fois dans les 40-44 ans et je sais que sur une telle épreuve de nombreux italiens, bulgares et autres hongrois vont venir jouer les premières places, je viens donc pour faire un chrono et une belle course, rien d’autre. Mais à défaut d »avoir avec moi mon compagnon de club Fred avec qui j’avais fait les mondiaux, je pars avec toute une équipe de Paris Aquatique et nous voilà tous logés ou presque dans une grande villa sur les hauteurs de Bled et l’émulation du groupe va jouer son rôle.

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Le vendredi nous sommes trois à faire un tour de l’île de Bled à la nage et à la visiter en partant du stade d’aviron local. Le lieu est tout simplement magnifique, le lac fait à peine 2km dans sa longueur mais l’urbanisation très limitée nous permet de nager dans un écrin naturel superbe. L’eau est parfaite autour de 21°C, transparente et le soleil est de la partie, que demander de plus.

Le samedi récupération des accréditations puis attente de la vague de départ pour Gabriel et moi qui serons les seuls à nager dans notre catégorie. Le parcours est des plus simple départ en tenant une « corde » virage à main droite pour rejoindre une ligne de bouées d’aviron et on tire tout droit en suivant celle-ci sur 1000m, demi tour et retour puis dernier virage à main gauche et sprint sur les 400-500 derniers mètres.

Les vagues sont limitées à 50 nageurs donc si votre catégorie d’âge compte plus de nageurs ils sont divisés en plusieurs départs. C’est notre cas, nous sommes à peine une grosse vingtaine de nageurs à partir dans un climat très calme et serein, sans aucune irrégularité ni mauvais coups au départ, c’est appréciable. Au premier virage je suis 6ème et à part quelques tentatives de dépassement je garde cette place tout le trajet aller. au demi tour un nageur suisse me passe à la loyale après avoir drafté derrière moi pendant 1500m. Je lui rendrai la pareille au dernier virage pour frapper la plaque avec 4 secondes sur lui.

La sortie de l’eau est moins en accord avec le reste de l’organisation, pas d’eau ni autre chose à manger, pas d’accès à son chrono, mais on fait avec et on se connecte dans l’après midi pour se rendre compte que la deuxième vague était bien plus rapide. Je termine 23ème en 39’51 à plus de 6 minutes du premier, autant dire aucun regret.

Le lendemain c’est au tour du 5km avec un parcours qui garde le même principe mais nous fait nager jusqu’au bout du lac jusqu’au centre d’aviron depuis lequel nous nous étions mis à l’eau le premier jour. Nous longerons l’île et aurons à rentrer toujours le long des lignes pré-installées et qui supprime toute navigation ou choix de direction. C’est mon seul regret sur cette course qui retire à l’eau libre une composante pourtant importante.

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Sur ce départ ça va encore plus vite et des nageurs sont capables de tenir un rythme largement sous 1’10/100m, vous l’aurez compris je laisse partir et je gère dans un peloton.

Après 2500m je décide de drafter derrière le dit peloton et je n’arriverai jamais à reprendre la tête de celui-ci que je menais pourtant jusque là. Donc 4 nageurs me précèdent à la plaque et j’en termine pas forcément dans le rouge en 1h09’44 et là quelques regrets car 6 nageurs finissent en quelques secondes et je me retrouve en 29ème place au général. Le 30ème nageur est à plus d’une minute derrière.

L’ensemble de mes co-équipiers ont tenu leurs rôles en réalisant de très bleus courses et de très bons chronos, un effet émulation ou bien est ce la nutrition et hydratation slovène qui nous a bénéficié? Bravo à tous et toutes en tout cas et merci de cette belle ambiance.

Je repars de Slovénie avec un réel plaisir d’avoir nagé en club dans un si beau lac et auprès d’une organisation bien rodée et très accueillante. Quelques critiques sur la sortie de l’eau et sur le contrôle des tenues officielles ou encore sur les règles de drafting mais sur le reste que du positif.  Et si vous aimez avant tout l’eau libre et moins les compétitions la Slovénie est une destination à cocher sans aucun doute.

Moi j’aime presque autant les deux, et je terminerai la saison à Jablines lors de la finale de la coupe de France pour jouer mes chances pour une troisième place finale en maitres 1 (25-44 ans), grâce à mes inscriptions sur 5 et 10km.

 

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Hendaye-Saint Jean de Luz (récit d’une traversée amicale)

En ces temps de fronde contre la fédération, ses combinaisons et ses sacs banane il est bon de revenir aux sources, à savoir une bonne traversée, en pleine mer, chez soi entre amis. Récit d’une journée que l’on voudrait voir se réaliser plus souvent et qui je l’espère vous donnera envie d’aller nager.

L’origine du projet est assez simple, il n’existe pas de course (il en existe d’ailleurs trop peu au Pays Basque) ou de records à battre; mais une fois que l’on est juché sur la digue de l’Artha au milieu de la baie de Saint Jean de Luz cela raisonne en vous comme une évidence, rejoindre les falaises au sud vers Hendaye ou au nord vers Biarritz à la nage avec quelques copains devrait être un réel plaisir.

Et pour faire encore plus simple il se trouve que ce dimanche là j’étais sur la digue avec les copains en question à l’occasion de la nage dominicale du club crawl océan récemment fondé à Saint Jean de Luz et qui réunit des amoureux de l’eau libre. Nous étions partis de la grande plage et ce tour de la digue (compter approximativement 3000m) se faisait à chacun son rythme et les premiers sont donc montés sur la dite digue pour attendre les derniers mais surtout profiter de la vue sur l’Océan et le Pays Basque.

Il suffisait de prononcer ce voeu pour que la structure se mette en place, car on parle d’une sortie en pleine mer, dans la houle, avec une côte composée d’une belle falaise sur 8km au moins avant de pouvoir rentrer au calme dans la baie de Saint Jean de Luz. Il nous fallait un minimum de sécurité pour faire cette traversée, en oubliant vite l’aide d’un kayak ou d’un paddle qui dans la houle n’aurait pas pu aider confortablement les nageurs. Il nous fallait un bateau en escorte et alors qu’on était prêt à en louer un, une bonne âme s’est proposée pour nous assister. À ce stade il nous faut remercier Peyo qui se trouve être un cousin, qui possède à Ciboure un bateau traditionnel des années 1950, sans pont ni cabine avec un moteur central, et qui trouvait un après midi complet pour nous accompagner dans cette histoire.

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L’équipe sans qui rien n’aurait été possible.

Notre chef de traversée serait Pampo, le président du club de nage, sans qui le projet n’aurait pas pris forme, et mon épouse serait de la partie pour nous ravitailler. Une affaire de famille à laquelle il fallait rajouter votre serviteur qui avait proposé l’idée, Nicolas, nageur du club qui avait relevé le défi et pour remplacer le troisième nageur nous avons fait appel à Babette, une parisienne de passage au Pays Basque pour faire la traditionnelle traversée de la baie de Saint Jean de Luz le 14 juillet (une deuxième édition existe aussi le 15 Aout, 1800m+/- de Socao à la grande plage dans une très belle ambiance).

En effet je côtoie Babette sur les forums de nageurs.com où elle est surtout connue pour sa bonne humeur et pour avoir nagé la Manche en relais (bravo). Rajoutons à cela que je la croise ça et là sur des compétitions notamment à Bordeaux quelques jours plus tôt sur un 5km de coupe de France et la voilà intégrée immédiatement dans notre histoire.

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Une nage matinale entre amis que l’on connaisse certains depuis 40 ans ou depuis peu grâce à un forum sur la natation le plaisir est toujours très grand de partager ces moments

Nous décidions d’aller au rythme du plus lent quelque soit celui-ci et d’arrêter collectivement si l’un des trois devait abandonner, Pampo veillant aux conditions de sécurité. Peyo lui décidé de nous faire plonger au large des Deux jumeaux en raison des hauts fonds (même si une prochaine fois nous espérons partir de la plage directement car il y aura une prochaine fois) et nous partions donc avec chacun une bouée orange à la ceinture en direction du sémaphore de Socoa bien visible malgré la houle assez présente. L’eau était chaude, les conditions atmosphériques parfaite et le courant devrait nous aider à rejoindre l’entrée de la baie sans problème.

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Le sémaphore de Socoa notre point à l’horizon qui nous servira de repère.

Le ravitaillement se ferait de manière réglementaire depuis le bateau sans s’y accrocher toutes les demies heures et pour ma part ayant prévu une sortie de 3 heures maximum il se composait d’eau et de jus de pomme mélangés à du sucre, et d’une compote de pomme si jamais les choses devaient durer un peu plus que prévu.

Pour faire simple les deux arrêts par heure de nage en avançant bien droit vers notre point d’arrivée (ou presque il reste encore un bon kilomètre une fois passé les digues) et légèrement poussé par le courant nous permettait de profiter du paysage et d’un moment pour faire un point et s’apercevoir que si les nageurs étaient en pleine forme c’était moins le cas de notre président qui souffrait dans cette mer agitée.

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Au départ de cette traversée, notre point d’arrivée se situe au loin sur la gauche de l’image.

Il nous fallait presque deux heures pour rejoindre le sémaphore de Socoa et le reste serait plus simple à conditions de bien passer la digue, il s’agit d’une zone bien plus agitée, et la proximité des rochers et de la côte créée un ressac qui n’aide pas à la progression. À condition aussi que la gendarmerie maritime ne s’en mêle pas car voilà 10 minutes qu’une patrouille franco-espagnole opère un contrôle de notre bateau escorte soupçonnait de pêcher du thon rouge.

Une fois entrée dans la baie il ne reste plus en se méfiant du trafic maritime rejoindre la plage de Ciboure et arrêter notre chronomètre après 2h40 d’une nage d’un peu plus de 8km faite de quelques allers-retours pour ne pas disperser le groupe et d’un sentiment d’une grande liberté. Le cadre et le contexte étaient magnifique, j’en profite pour embrasser mes compagnons du jour et remercier Peyo et Pampo pour cette très belle journée. Voilà donc un vrai récit d’eau libre sans chrono, sans règlement, sans Néoprène, mais pour autant avec une vraie sécurité.

PS : Bernard-Pierre tu es cordialement invité à une prochaine sortie.

 

Après le Néoprène les Restubes. Chronique d’une mort annoncée.

Mon compte rendu sur cette saison d’eau libre, d’un point de vue compétitions ayant le label Coupe de France, à peine édité que j’apprenais que la FFN voulait nous obliger à porter l’an prochain, un restube, matériel de « sécurité » qui  en tirant une gachette videra la contenu d’une cartouche de CO2 dans une bouée jaune qui doit pouvoir soutenir un nageur et reste attachée à celui-ci par le biais du sac banane qui contient à l’origine tout le dispositif.

J’ai pu tester la chose en Italie en compétition sur un 6km autour d’une ile et la fin m’avait parue très longue, du fait des lombaires qui souffraient du poids (relativement lourd) de la chose. La question de la viabilité de l’objet reste entière (qui vérifie le mécanisme et tous les combien?) Et, plus grave, son mode de fonctionnement pas tellement éco-friendly mais encore moins efficace sur quelqu’un qui ne sait pas qu’il se noie car il faut être tout à fait conscient de sa situation pour en profiter, ne va rassurer que ceux qui pensent que la noyade c’est voyant et prévisible, un article précédent rappelait que non.

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Une nageuse ayant participé à Swim The Island en combinaison dans une eau à plus de 20°C et qui ayant déclenché son Restube pose pour une photographie. Cherchez le nombre de contradictions dans cette phrase.

Et faisons donc un parallèle avec deux autres sports dans lesquels j’ai pu tester les autogonflants de sécurité.

En ski on peut déclencher aussi depuis quelques saisons un aribag depuis son sac à dos qui contient aussi pelle, sonde et matériel de détection en avalanche qui s’ils sont aux normes ne sont pas toujours réellement efficace (voire l’obligation en ski alpinisme d’avoir ce matériel mais tout en jouant sur un poids minimum.) Pas mal de matériel ont du passer par la case SAV du fait de la non fiabilité du déclencheur notamment, ce qui est peu rassurant mais les avants premières passent souvent par là pour les pratiquants de la première heure. Donc c’est sécurisant en montagne, si le matériel marche bien et que sa durée de vie (pas plongée dans l’eau salée en permanence) est assurée et vérifiée par le fabriquant.

Je rappelle aussi que les cartouches de CO2 c’est pas très écolo et que je préfère gonfler à la bouche une bouée au préalable de ma sortie encore plus si celle-ci est un sac étanche de quelques dizaines de litres qui me permet de transporter mes affaires au sec.

Étant pratiquant de surf également je mettais posé la question de l’utilité de cet objet, le restube, mais avant de l’avoir utilisé en compétition, aussi bien pour la nage en eau libre que pour le surf, mais le gilet gonflant dédié reste en grosse vague le seul remède au choc et à l’incapacité que l’on a à tenir réellement une bouée. En surf le gilet encombrant certes mais efficace est la seule alternative pour ceux et celles qui s’engagent dans des vagues qui nécessitent ce dispositif.

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Une personne ayant était secouru par au moins deux personnes (professionnelles c’est indiqué)  fait signe que ça va mieux, surement grâce au Restube. Mais qui le portait à l’origine le sauveteur ou le nageur/surfeur?

Dans le besoin, on a clairement juste le temps de tirer la cordelette en essayant de nager vers la surface on est incapable de rattraper le tube et celui-ci n’a aucune utilité si l’utilisateur n’est pas dessus en le tenant fermement, la corde et l’attache autour de la ceinture ne permettant pas seul de faire flotter la personne en souffrance.

Il est à noter qu’en 2017 les italiens de Swim the Island, chez qui j’avais expérimenté la chose un an auparavant,  ont changé le restube pour une bouée numérotée que les nageurs tiraient derrière eux, les juges et les compétiteurs étaient rassurés, leurs dos les remerciaient.

Alors on rajoute à cela les chronométrages douteux, les distances calculées à la hache et le port des combinaison Néoprène en dessous de 20°C et on est à deux doigts de transformer notre eau libre en quelque chose qui ressemble de plus en plus à de la plongée sous marine.

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La prochaine combinaison Néoprène validée par la FINA, la somme de toutes les peurs.

Je ne crois pas trop dans les pétitions et autres partages sur les réseaux sociaux (50% des utilisateurs de ceux-ci sont des robots qui repostent) mais je cherche un moyen collectif de faire faire demi tour à la FFN afin de pouvoir nager l’an prochaine en eau libre… Alors mobilisons nous…

La carte et le territoire

La carte et le territoire :

Si l’on voit dans beaucoup de sports des athlètes se fixer des objectifs chronométriques très précis, en marathon notamment, ou en triathlon également avec des barres symboliques sous les 4 heures, sous les 9 heures et avec des sas de départ en fonction de la vitesse, on est loin de tout cela en eau libre car le milieu naturel reste le plus fort et peut venir transformer un dernier kilomètre en un graal qu’on atteindra jamais.

Tout d’abord il est plus difficile de dessiner un parcours d’eau libre qui va s’adapter à la perfection à la distance souhaitée et de placer les bouées sur le parcours selon cette prévision idéale. Il faut certes maitriser la carte mais sur le terrain, on peut rencontrer bien des cas de figures qui vont venir rallonger les distances et la durée d’une épreuve qui sur le papier fait pourtant bien 5 ou 10km.

On pense à juste titre au courant, au vent ou aux vagues, mais le problème vient aussi de la navigation qui va se mettre en place pour aller d’un point à un autre et en l’absence de ligne bleue ou noire au fond du lac on s’en remettre souvent à un point sur terre parfois très distant, voire à la côte en espérant la longer correctement. Il ne s’agit bien souvent pas de la ligne la plus courte pour rejoindre la prochaine balise et cela rallonge un peu la distance, et je ne parle pas de nageurs qui ne nagent pas droit d’un point A à un point B mais de nageurs qui vont pour nager « droit » prendre des repères qui vont les éloigner de la trace la plus directe, celle que l’organisateur a dessiné sur sa carte et qui semblait facile à suivre lors du briefing de départ.

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Un tour de Lac qui promet bien des détours car on a toujours tendance à longer une côte qui elle ne suit que ses envies.

J’en profite ici pour revenir sur ma dernière expérience en la matière lors de la coupe de France dans le lac de Paladru qui proposait un 10km en tour du lac qui semblait attirant mais qui s’est avéré être un très gros 10km à l’arrivée en nageant de manière stable et en faisant au mieux en terme de navigation le ravitaillement qui devait se situer à mi-chemin s’est retrouvé à plus de 6km à défaut de bouées permettant aux nageurs de rester sur la ligne droite dessiner sur la carte.

Je modère mes propos, l’organisation était perfectible (sécurité, juges et bouées plus présents) mais ce fut une très belle épreuve et le lac en question était magnifique.

Ensuite il arrive que la ligne droite ne soit pas la meilleure pour arriver au plus vite à un point, car le courant ou le vent et la houle peuvent retarder le nageur en lui opposant une résistance trop forte quand il serait préférable de s’en protéger et d’en profiter le plus possible pour finir plus fort. Un simple courant à 2 ou 3 km/h ou un vent de face va compliquer la tâche du nageur d’eau libre qui préférera faire avec la marée ou le vent en se laissant déporter.

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Une carte modifie toujours notre point de vue sur le monde qui nous entoure

Vient ensuite le trajet dont on sait depuis le début ne sera pas une belle ligne droite mais un beau S qui va nous ballader à gauche et à droite selon la montée ou la descente de la marée, comme lorsque l’on traverse la Manche par exemple. On a pu longtemps croire avant le GPS que l’on nageait une trentaine de kilomètres de Douvre à Calais en ligne plus ou moins droite, et en fait on nage bien plus en allant et venant autour de l’axe que l’on se fixe depuis le début. Ici aussi le territoire reprend la main assez rapidement. D’ailleurs mal calculer son heure de départ pour une traversée de la Manche peut conduire à nager contre la marée et à rallonger très sensiblement son chrono. Lire le récit du maitre en la matière Jacques Tuset sur son blog.

Car au fond, peut on prévoir la durée d’une nage en eau libre? Cela parait difficile car il suffit d’un de ses éléments pour venir bouleverser totalement la nage marathon qu’on a envisagée et qui sur le papier paraissait tout à fait faisable, mais il n’est pas inhabituel qu’un nageur rapide mette un temps bien supérieur à d’autres traverser un détroit ou qu’un autre pourtant bien préparé se voit abandonner à 2km de la côte après des heures d’effort contre le courant ou le froid et le vent.

Contre le froid me direz vous il pourrait y avoir la solution de la combinaison Néoprène mais en eau libre nous sommes nombreux à militer pour que les compétitions se fassent sans, en traversée de détroits la règle la proscrit tout simplement pour mettre tout le monde a égalité dans le temps.

Reste une question : le Néoprène fait il nager plus vite? À cela une réponse ambiguë, car en fait  cela dépend surement de la qualité du Yamamoto en question mais aussi des capacités et du profil du nageur, pour autant sur le papier si cela semble vrai, les dernières compétitions Fina où les combinaisons furent autorisées se sont nagées plus « lentement » que les éditions passées. La faute n’est pas à chercher dans une stratégie de course ou dans le manque d’expérience des nageurs (ici cela peut juste modifier le classement en favorisant certains nageurs de haut niveau, plus aptes à s’adapter, ou dont la morphologie va être avantagée par un apport en Néoprène) mais bien au milieu naturel qui reprend ses droits avec du courant défavorable le jour de l’épreuve rendant impossible de parier sur un chrono avant le départ sauf à se croire en bassin de 10.000 mètres.

Nager en milieu naturel, comme faire la montagne d’ailleurs, c’est avant tout s’adapter à la faune, la flore, à la météo et aux aléas et c’est peut être pour cela qu’on appelle cela de l’eau libre, de là à penser que les autres ne le sont pas, il n’y a qu’un pas. 

Comment j’ai dompté ma peur et appris à aimer les requins, et autres petites peurs en eau libre.

Pourquoi faire des articles complets sur la technique en eau libre, sur les compétitions et leurs préparation, sur la stratégie lors d’une nage marathon ou d’une traversée de la Manche quand la plupart des nageurs ont tout simplement peur de se mettre à l’eau?

Voilà la constat qui s’impose suite à de nombreuses discussions notamment sur les réseaux sociaux ou les bords de piscines lorsque j’invite des nageurs à participer à une sortie en eau libre en mer, en lac, ou en rivière. Je passe rapidement sur une injonction qui est aussi systématique à propos de la qualité de l’eau, nageant la plupart du temps au Liban je dois avouer que c’est absolument désespérant mais je n’aborderai pas ici la pollution de nos eaux de baignades.

Alors qu’est ce qui fait peur à nos baigneurs, d’abord l’effet « Martin Brody », et, contre ça on ne peut pas faire grand chose. Si vous ne savez pas qui est Monsieur Brody et que je vous dis qu’il est le nouveau chef de la police à Amity, non toujours rien?

Il s’agit de Jaws (Les dents de la mer en français) qui depuis le 20 juin 1975 fait passer le banal petit requin peau bleu pour un Carcharodon Carcharias soit un grand blanc de la famille des Lamnidés, un requin qui peut atteindre plus de 6 mètres pour les femelles et qui certes peut attaquer l’homme mais qui est surtout la cible de l’homme si l’on regarde de près les statistique de pêche Versus celles des attaques.

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« We are gonna need a bigger boat » :  l’homme par qui tout est arrivé en juin 1975.

Tout est donc la faute de Steven Spielberg qui met dans la bouche de Matt Hooper et de du Capitaine Quint des récits terribles et qui nous font peur depuis presque 43 ans en nous faisant voir sous l’eau une ombre gigantesque qui jaillit sur nous. Soyons honnêtes on a tous eu la peur de notre vie en voyant un rocher, ou en heurtant un morceau de bois. Pourtant il n’existe que 3 espèces de requins qui mordent l’homme, le tigre, le bouledogue et le blanc et tout ceci dans des conditions de mauvaises visibilité et de nourriture présente près des côtes (eaux usées directement rejetées à la mer). Bref c’est rare, très rare, on plus de chance de mourir d’une piqûre de moustique.

Mais qui d’entre nous à eu la chance de croiser un animal de la sorte en pleine mer, c’est une chance extraordinaire de voir évoluer un requin, et non il ne faut un bateau plus gros le requin la plupart du temps tourne autour du nageur puis poursuit sa route, c’est nous qui intervenons dans son milieu et provoquons sa curiosité. De nombreuses traversées sont interrompues pour ces raisons, la peur de l’attaque faisant plus que l’attaque elle même.

Mais une fois dans l’eau douce, que se passe t-il dans la tête du nageur qui finira bien par accepter qu’aucun requin ne viendra lui mordre le maillot?

Il s’agit là simplement de la peur de la noyade qui ne serait éloignée que par la présence d’autres nageurs ou d’un kayak ou deux, voire d’un bateau ou d’avoir pied à tout moment (la peur du gouffre qui attirerait par le bas le nageur, bien connu aussi des récits en eau libre).

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Un « safe swimmer » très pratique pour se sécuriser mais aussi pour transporter des affaires lors d’une traversée, de plus en plus courant en compétition aussi pour répérer les nageurs et les rassurer.

Il existe des moyens de sécuriser sa nage en eau libre. D’abord, quoi de mieux, comme en montagne d’avoir le matériel nécessaire, ici pas de pelle ou de sonde mais une bouée qui pourrait supporter le poids du nageur en cas de moins bien et qui surtout le signale à des sauveteurs prévenus à l’avance ou à des bateaux rencontrés en chemin. Prendre l’avis des professionnels parait aussi nécessaires pour comprendre les courants, la marée, la météo et passer par une longues phases d’observations pour comprendre notamment comment on sortira de l’eau si les choses se gâtent notamment les vagues qui pourraient rendre cette fin de nage très compliquée et dangereuse.

Mais au risque de choquer mon lectorat je dois préciser qu’en ce qui concerne la noyade, là aussi les productions hollywoodiennes sont responsables de bien des clichés et qu’il est rare de pouvoir y faire quoi que ce soit, à moins d’avoir sous la main des professionnels performants et rapides.

Il faut en effet, avoir eu une bonne formation de sauveteur pour savoir quand réagir à une noyade car si on attend des éclaboussures et une gesticulation désespérée dans l’eau de la part d’un nageur qui appelle à l’aide, on peut être surpris par ce qu’est réellement ce qu’il faut appeler un étouffement.

En réalité à ce stade la nageur donnera plutôt l’impression de vouloir grimper sur quelque chose qui n’existe pas, il sera presque à la verticale et aura la tête en arrière avec la bouche juste à la surface ses mains seront donc sous l’eau à faire un petit chien et ses jambes ne seront pas vraiment actives, il pourra aussi être sur le dos, plus facile à identifier mais la chose fait peu de bruit et dure rarement très longtemps et ne fait aucun bruit. De là à dire que seul un sauveteur entrainé à repérer cela pourra intervenir il n’y a pas loin.

Voilà pourquoi dans biens des cas la sécurité que le nageur semble avoir mis en place pour se rassurer ne servira pas à grand chose car l’incident peut arriver sous les yeux d’un encadrement complet sans que personne ne sache vraiment ce qu’il doit regarder.

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Des sauveteurs, toujours une source d’information pour connaitre les dangers en milieu naturel, ici équipés d’un drone pour intervenir encore plus vite.

Partant de cette constatation je ne crains donc pas vraiment d’aller nager seul, comme je peux aller faire de la montagne seul, je le fais car j’en tire un réel plaisir et que j’en assume les conséquences par avance si je devais avoir un jour un accident, que je ne cherche pas à rendre coupable mon entourage ou mes compagnons de sorties qui, je le sais par avance, ne pourraient pas faire grand chose contre mon incapacité à rester à la surface. Ainsi je me souviendrai toute a vie de ce touriste que j’ai sorti d’un mauvais pas sur la plage d’Anglet lors d’une session de surf, j’avais alors 16 ans . Depuis, ayant passé quelques brevets de secourisme et suivi des entrainements spécifiques, l’auteur de cet article n’a pu sauver, malgré toute cette préparation, sa propre mère faisant un simple arrêt cardiaque sur terre en pleine journée, il faut savoir l’encaisser.

Voilà 43 ans que Jaws est sorti dans les salles et 43 ans (ou presque) que je nage ou surf très souvent seul pour autant je n’encourage personne à le faire mais j’aimerais tellement que les cours de secourisme soient obligatoires à l’école afin que quiconque puisse intervenir et tenter de sauver une personne en danger.

Petite anecdote sur le film pour finir sur une touche heureuse, on ne voit le requin qu’après 45 minutes de film, et l’angoisse vient surtout de son absence à l’écran qui est simplement évoquée par la musique et la vue à la première personne, mais dans le script original on devait le voir tourner autour de la nageuse nocturne lors de la première attaque mais la maquette du requin n’ayant pas supporté l’eau salé il a fallu trouver un autre procédé, et la force du film est surement dans cette évocation. Retournez le voir et retournez nager…

Ocean’s 21, les choses se précisent…

Il ne suffit pas de parler des choses pour qu’elles se réalisent mais parfois le fait d’en parler notamment sur les réseaux sociaux permet aussi de concrétiser les projets et ne pas les garder au stade de douces rêveries.

Openswimstars parle du projet Ocean’s 21

Ainsi se lance officiellement ce projet un peu fou mais parfaitement réalisable de nager seul ces 21 traversées dont les 7 du Ocean’s Seven et dont une quinzaine autour de l’Europe d’ici 4 ans pour les terminer si possible en 2021. Cela va demander de boucler un budget et de réunir une petite équipe autour de moi, de continuer à m’entrainer notamment à nager en eau froide, pour le reste rien d’impossible dans cette première mondiale (à ma connaissance).

Les 21 traversées me paraissent constituer un défi plus global et plus équilibré aussi que le Ocean’s Seven qui avait le mérite de lancer le principe mais qui passait sous silence Napoli-Capri par exemple ou Jersey-Saint Malo…

J’ai pu dessiner un tour de monde, en tout cas un tour d’Europe complet et quelques traversées ici ou là en hémisphère sud ou en Asie, qui avant tout me font envie et constitue un défi que je vais attaquer avec la plus grande motivation ces prochains mois.

L’obstacle majeur ne sera pas forcément financier mais peut être structurel car il est souvent difficile de trouver une place pour nager Gibraltar ou la Manche, donc sur ce point là pas de temps à perdre je me lance dans la guerre des inscriptions et des prises de contact.

Donc à très vite sur ce blog pour vous faire part de mes avancées et de mes premières traversées. Pour l’instant le compteur est à zéro mais désormais c’est officiel le projet Ocean’s 21 est lancé.

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Le bilan d’une saison 2017

Le mois d’octobre ne marque pas seulement la fin de saison d’eau libre 2017 mais aussi le lancement de celle de 2018, preuve en est que l’eau libre à au moins une année d’avance, ceci dit il est temps de faire un bilan de cette année de compétitions et de rencontres, de voyages et d’entrainement.

Mon objectif était au départ de participer à 10 étapes de la coupe de France, et d’aller au Championnats du Monde Masters à Balatonfured, de faire la traversée de la baie de Saint Jean de Luz et pourquoi pas une course en Grèce, la traversée du canal de Corinthe.

D’un point de vue comptable la coupe de France s’est bien passée je termine avec 810 points 5ème au classement masters 1, mais avec seulement 4 compétitions au compteur. Les raisons sont multiples et laissent certains regrets notamment sur le classement final mais aussi sur l’avenir de la discipline.

Pour des raisons professionnelles je n’ai pas pu me libérer pour enchainer Dijon (un 7.5km qui me tentait bien), Paris la Fluctuat le lendemain (un 5km en boucle dans le bassin de la Villette et un 1.5km juste après) et enfin Jablines une semaine plus tard (le 5 et le 10km), pour clôturer la saison et jouer un podium éventuel.

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Mais ma plus grosse frustration ne fut pas ce voyage que je dû annuler mais le 10km programmé au Lac de Saint Pardoux en Juillet le lendemain d’un 5km qui s’était bien passé. L’organisation ayant décidé d’avancer de 3h30 le départ de la course sans prévenir l’ensemble des nageurs. Dans cet entre soi plus de 33% des nageurs inscrits le dimanche ne prendront pas le départ et certains comme moi arriveront sur site avant l’heure officielle pour constater que le 5km se terminait. Beaucoup d’aigreur et pas mal de points ratés à cette occasion.

Le reste des épreuves fut par contre à l’opposé de cette mauvaise expérience, à rouen chez les vikings un 10km où j’arrive sans ravitailleur ni perche et où l’organisation me trouve une charmante bénévole Marine que je remercie encore, je termine 2ème masters. À Compiègne la veille où je termine premier masters du 10km loin derrière les fusées qui me mettent un tour et dont j’appréhende  le retour après 5km,. Voilà un sport où une adolescente de 15 ans peut remettre à sa place un nageur de 40 ans et plus qui finira malgré tout très satisfait de sa course, l’ego n’en prend même pas un cout tellement ce sport est dur et beau à la fois.

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Enfin j’irai finir ma saison plus tôt que prévu à Annecy sur le 5km dans une très belle ambiance avec l’ambition de revenir sur le 10 km l’an prochain tellement ce lac est beau et l’organisation parfaite.

Autant tirer les choses positives ces manches de la coupe de France ont plusieurs avantages, la convivialité d’abord et le prix abordable. Il est facile de s’y inscrire et dans la plupart du temps l’organisation est très bonne. Mais il reste des choses à faire pour sortir cette discipline de l’entre soi dont je me plaignais à propos de Saint Pardoux et pour l’ouvrir à un plus large public qui venant du triathlon ou de la nage en piscine sans être membre d’un club, ce qui permettrait d’avoir des épreuves encore plus fournies et ainsi donner un peu plus de challenge et de signification à des classements et à des points parfois « injustement » gagnés.

Je m’explique car si je suis compétiteur je reste aussi très humble sur mon propre niveau et sur ma valeur en tant que nageur, je termine 5ème de ma catégorie et 55ème homme au général, pourtant je ne fais que 4 courses et je si je termine sur des podiums dans ma catégorie c’est aussi et surtout faute de combattants.

Je marque donc en m’inscrivant sur des 10km beaucoup de points car au lieu de distribuer ceux-ci en fonction du nombre de participants, la répartition se fait sur une base qui reste toujours la même et donc on peut vite marquer 200 points en terminant dernier ce qui parait tout de même un peu ironique. À force on connait les nageurs de bon niveau et on évalue sa performance en fonction du temps mis par ceux-là mais le classement général est un peu faussé à mon avantage certes mais une dotation plus respectueuse du différentiel et surtout du nombre de nageurs permettrait de mieux s’évaluer sur chaque course et en fin de saison.

Pour l’anecdote en terminant la traversée de la baie de Saint Jean de Luz à la 15ème place à plus de 3 minutes derrière le vainqueur pour seulement 1800m et un peu plus, ou 33ème du Lac d’Annecy en 1h15 je me dis que certes toutes les épreuves ne se valent pas et rien ne sera jamais parfait mais que l’on pourrait imaginer un calcul plus juste pour étalonner les résultats et valoriser les progrès ou la régularité plutôt que le classement général qui ne signifie pas grand chose.

Aux Championnats du Monde en Hongrie, nos amis de la Fina ont tenté de renouveler ma mésaventure de Saint Pardoux à savoir avancer de 24 heures le départ de ma vague, mais d’informations en contre information j’ai bel et bien nagé au moment prévu dans une eau chaude, trouble et avec un fort vent et des vagues sur plus des deux tiers du parcours. Nous étions 96 nageurs dans ma catégorie et divisés en 2 vagues de 48 nageurs. Je nage en 3ème position toute la course jusqu’à l’avant dernière bouée où 3nageurs me passent comme les fusées souvent encore mineures des coupe de France. J’ai surement trop donné dans la ligne droite face aux vagues, on ne se refait pas quand on vient du Pays Basque, l’envie de passer la barre…

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Je finis quasiment au maximum à vouloir les rattraper et suis donc 6ème de cette manche. Pourtant la seconde manche va nager beaucoup plus vite car 19 nageurs vont faire un chrono plus rapide que le mien. 25ème au final sans regret aucun mais une question, si tout le monde était parti ensemble n’aurais pas tenté de me placer mieux et de gérer ma course différement, ou bien aurais je subi ce classement? Sachant que je nage plus de 1500m seul à guider mes adversaires dans les vagues ceux là même qui vont me doubler peu avant la fin.

On peut toujours refaire une course, mais je crois que j’aime les batailles et les départs en masse, le bazar et les conditions dures, que j’aime me confronter à des nageurs plus forts que moi et surtout pas marquer des points que je sens pas vraiment mérités.

Je n’étais pas en Grèce non plus pour la canal de Corinthe (que Jacques Tuset va faire et terminer en 5ème position en rattrapant pas mal de monde face au courant qui vient de s’inverser quand sa vague prend le départ et malgré des méduses) car le changement d’organisateurs, de nom et le manque d’info ne me rassuraient pas pour bloquer encore 3 ou 4 jours pour une course certes pas très loin du Liban mais qui longtemps a semblé une arlésienne. Pour élargir la base des nageurs et sortir du niveau local il faut une communication et une organisation à l’écoute, réactive et qui donne en temps réel un maximum d’informations.

C’est déjà le moment d’attaquer la saison 2018 et ce sera pour moi à Martigues j’espère en maillot (voilà l’objet d’un autre débat) pour un 5km et un 1.5 km dans la foulée et j’espère encore de belles rencontres car ce fut bien le plus important pour moi cette année le plaisir de retrouver des nageurs et nageuses d’horizons différents et de partager avec eux de bons moments en eau libre.

Merci spécialement à Fred Madec qui m’a accompagné à Balatonfured et qui termine à la 23ème place, et à Bernard-Pierre que je retrouverai cette saison 2018 avec un grand plaisir…