La carte et le territoire

La carte et le territoire :

Si l’on voit dans beaucoup de sports des athlètes se fixer des objectifs chronométriques très précis, en marathon notamment, ou en triathlon également avec des barres symboliques sous les 4 heures, sous les 9 heures et avec des sas de départ en fonction de la vitesse, on est loin de tout cela en eau libre car le milieu naturel reste le plus fort et peut venir transformer un dernier kilomètre en un graal qu’on atteindra jamais.

Tout d’abord il est plus difficile de dessiner un parcours d’eau libre qui va s’adapter à la perfection à la distance souhaitée et de placer les bouées sur le parcours selon cette prévision idéale. Il faut certes maitriser la carte mais sur le terrain, on peut rencontrer bien des cas de figures qui vont venir rallonger les distances et la durée d’une épreuve qui sur le papier fait pourtant bien 5 ou 10km.

On pense à juste titre au courant, au vent ou aux vagues, mais le problème vient aussi de la navigation qui va se mettre en place pour aller d’un point à un autre et en l’absence de ligne bleue ou noire au fond du lac on s’en remettre souvent à un point sur terre parfois très distant, voire à la côte en espérant la longer correctement. Il ne s’agit bien souvent pas de la ligne la plus courte pour rejoindre la prochaine balise et cela rallonge un peu la distance, et je ne parle pas de nageurs qui ne nagent pas droit d’un point A à un point B mais de nageurs qui vont pour nager « droit » prendre des repères qui vont les éloigner de la trace la plus directe, celle que l’organisateur a dessiné sur sa carte et qui semblait facile à suivre lors du briefing de départ.

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Un tour de Lac qui promet bien des détours car on a toujours tendance à longer une côte qui elle ne suit que ses envies.

J’en profite ici pour revenir sur ma dernière expérience en la matière lors de la coupe de France dans le lac de Paladru qui proposait un 10km en tour du lac qui semblait attirant mais qui s’est avéré être un très gros 10km à l’arrivée en nageant de manière stable et en faisant au mieux en terme de navigation le ravitaillement qui devait se situer à mi-chemin s’est retrouvé à plus de 6km à défaut de bouées permettant aux nageurs de rester sur la ligne droite dessiner sur la carte.

Je modère mes propos, l’organisation était perfectible (sécurité, juges et bouées plus présents) mais ce fut une très belle épreuve et le lac en question était magnifique.

Ensuite il arrive que la ligne droite ne soit pas la meilleure pour arriver au plus vite à un point, car le courant ou le vent et la houle peuvent retarder le nageur en lui opposant une résistance trop forte quand il serait préférable de s’en protéger et d’en profiter le plus possible pour finir plus fort. Un simple courant à 2 ou 3 km/h ou un vent de face va compliquer la tâche du nageur d’eau libre qui préférera faire avec la marée ou le vent en se laissant déporter.

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Une carte modifie toujours notre point de vue sur le monde qui nous entoure

Vient ensuite le trajet dont on sait depuis le début ne sera pas une belle ligne droite mais un beau S qui va nous ballader à gauche et à droite selon la montée ou la descente de la marée, comme lorsque l’on traverse la Manche par exemple. On a pu longtemps croire avant le GPS que l’on nageait une trentaine de kilomètres de Douvre à Calais en ligne plus ou moins droite, et en fait on nage bien plus en allant et venant autour de l’axe que l’on se fixe depuis le début. Ici aussi le territoire reprend la main assez rapidement. D’ailleurs mal calculer son heure de départ pour une traversée de la Manche peut conduire à nager contre la marée et à rallonger très sensiblement son chrono. Lire le récit du maitre en la matière Jacques Tuset sur son blog.

Car au fond, peut on prévoir la durée d’une nage en eau libre? Cela parait difficile car il suffit d’un de ses éléments pour venir bouleverser totalement la nage marathon qu’on a envisagée et qui sur le papier paraissait tout à fait faisable, mais il n’est pas inhabituel qu’un nageur rapide mette un temps bien supérieur à d’autres traverser un détroit ou qu’un autre pourtant bien préparé se voit abandonner à 2km de la côte après des heures d’effort contre le courant ou le froid et le vent.

Contre le froid me direz vous il pourrait y avoir la solution de la combinaison Néoprène mais en eau libre nous sommes nombreux à militer pour que les compétitions se fassent sans, en traversée de détroits la règle la proscrit tout simplement pour mettre tout le monde a égalité dans le temps.

Reste une question : le Néoprène fait il nager plus vite? À cela une réponse ambiguë, car en fait  cela dépend surement de la qualité du Yamamoto en question mais aussi des capacités et du profil du nageur, pour autant sur le papier si cela semble vrai, les dernières compétitions Fina où les combinaisons furent autorisées se sont nagées plus « lentement » que les éditions passées. La faute n’est pas à chercher dans une stratégie de course ou dans le manque d’expérience des nageurs (ici cela peut juste modifier le classement en favorisant certains nageurs de haut niveau, plus aptes à s’adapter, ou dont la morphologie va être avantagée par un apport en Néoprène) mais bien au milieu naturel qui reprend ses droits avec du courant défavorable le jour de l’épreuve rendant impossible de parier sur un chrono avant le départ sauf à se croire en bassin de 10.000 mètres.

Nager en milieu naturel, comme faire la montagne d’ailleurs, c’est avant tout s’adapter à la faune, la flore, à la météo et aux aléas et c’est peut être pour cela qu’on appelle cela de l’eau libre, de là à penser que les autres ne le sont pas, il n’y a qu’un pas. 

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Comment j’ai dompté ma peur et appris à aimer les requins, et autres petites peurs en eau libre.

Pourquoi faire des articles complets sur la technique en eau libre, sur les compétitions et leurs préparation, sur la stratégie lors d’une nage marathon ou d’une traversée de la Manche quand la plupart des nageurs ont tout simplement peur de se mettre à l’eau?

Voilà la constat qui s’impose suite à de nombreuses discussions notamment sur les réseaux sociaux ou les bords de piscines lorsque j’invite des nageurs à participer à une sortie en eau libre en mer, en lac, ou en rivière. Je passe rapidement sur une injonction qui est aussi systématique à propos de la qualité de l’eau, nageant la plupart du temps au Liban je dois avouer que c’est absolument désespérant mais je n’aborderai pas ici la pollution de nos eaux de baignades.

Alors qu’est ce qui fait peur à nos baigneurs, d’abord l’effet « Martin Brody », et, contre ça on ne peut pas faire grand chose. Si vous ne savez pas qui est Monsieur Brody et que je vous dis qu’il est le nouveau chef de la police à Amity, non toujours rien?

Il s’agit de Jaws (Les dents de la mer en français) qui depuis le 20 juin 1975 fait passer le banal petit requin peau bleu pour un Carcharodon Carcharias soit un grand blanc de la famille des Lamnidés, un requin qui peut atteindre plus de 6 mètres pour les femelles et qui certes peut attaquer l’homme mais qui est surtout la cible de l’homme si l’on regarde de près les statistique de pêche Versus celles des attaques.

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« We are gonna need a bigger boat » :  l’homme par qui tout est arrivé en juin 1975.

Tout est donc la faute de Steven Spielberg qui met dans la bouche de Matt Hooper et de du Capitaine Quint des récits terribles et qui nous font peur depuis presque 43 ans en nous faisant voir sous l’eau une ombre gigantesque qui jaillit sur nous. Soyons honnêtes on a tous eu la peur de notre vie en voyant un rocher, ou en heurtant un morceau de bois. Pourtant il n’existe que 3 espèces de requins qui mordent l’homme, le tigre, le bouledogue et le blanc et tout ceci dans des conditions de mauvaises visibilité et de nourriture présente près des côtes (eaux usées directement rejetées à la mer). Bref c’est rare, très rare, on plus de chance de mourir d’une piqûre de moustique.

Mais qui d’entre nous à eu la chance de croiser un animal de la sorte en pleine mer, c’est une chance extraordinaire de voir évoluer un requin, et non il ne faut un bateau plus gros le requin la plupart du temps tourne autour du nageur puis poursuit sa route, c’est nous qui intervenons dans son milieu et provoquons sa curiosité. De nombreuses traversées sont interrompues pour ces raisons, la peur de l’attaque faisant plus que l’attaque elle même.

Mais une fois dans l’eau douce, que se passe t-il dans la tête du nageur qui finira bien par accepter qu’aucun requin ne viendra lui mordre le maillot?

Il s’agit là simplement de la peur de la noyade qui ne serait éloignée que par la présence d’autres nageurs ou d’un kayak ou deux, voire d’un bateau ou d’avoir pied à tout moment (la peur du gouffre qui attirerait par le bas le nageur, bien connu aussi des récits en eau libre).

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Un « safe swimmer » très pratique pour se sécuriser mais aussi pour transporter des affaires lors d’une traversée, de plus en plus courant en compétition aussi pour répérer les nageurs et les rassurer.

Il existe des moyens de sécuriser sa nage en eau libre. D’abord, quoi de mieux, comme en montagne d’avoir le matériel nécessaire, ici pas de pelle ou de sonde mais une bouée qui pourrait supporter le poids du nageur en cas de moins bien et qui surtout le signale à des sauveteurs prévenus à l’avance ou à des bateaux rencontrés en chemin. Prendre l’avis des professionnels parait aussi nécessaires pour comprendre les courants, la marée, la météo et passer par une longues phases d’observations pour comprendre notamment comment on sortira de l’eau si les choses se gâtent notamment les vagues qui pourraient rendre cette fin de nage très compliquée et dangereuse.

Mais au risque de choquer mon lectorat je dois préciser qu’en ce qui concerne la noyade, là aussi les productions hollywoodiennes sont responsables de bien des clichés et qu’il est rare de pouvoir y faire quoi que ce soit, à moins d’avoir sous la main des professionnels performants et rapides.

Il faut en effet, avoir eu une bonne formation de sauveteur pour savoir quand réagir à une noyade car si on attend des éclaboussures et une gesticulation désespérée dans l’eau de la part d’un nageur qui appelle à l’aide, on peut être surpris par ce qu’est réellement ce qu’il faut appeler un étouffement.

En réalité à ce stade la nageur donnera plutôt l’impression de vouloir grimper sur quelque chose qui n’existe pas, il sera presque à la verticale et aura la tête en arrière avec la bouche juste à la surface ses mains seront donc sous l’eau à faire un petit chien et ses jambes ne seront pas vraiment actives, il pourra aussi être sur le dos, plus facile à identifier mais la chose fait peu de bruit et dure rarement très longtemps et ne fait aucun bruit. De là à dire que seul un sauveteur entrainé à repérer cela pourra intervenir il n’y a pas loin.

Voilà pourquoi dans biens des cas la sécurité que le nageur semble avoir mis en place pour se rassurer ne servira pas à grand chose car l’incident peut arriver sous les yeux d’un encadrement complet sans que personne ne sache vraiment ce qu’il doit regarder.

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Des sauveteurs, toujours une source d’information pour connaitre les dangers en milieu naturel, ici équipés d’un drone pour intervenir encore plus vite.

Partant de cette constatation je ne crains donc pas vraiment d’aller nager seul, comme je peux aller faire de la montagne seul, je le fais car j’en tire un réel plaisir et que j’en assume les conséquences par avance si je devais avoir un jour un accident, que je ne cherche pas à rendre coupable mon entourage ou mes compagnons de sorties qui, je le sais par avance, ne pourraient pas faire grand chose contre mon incapacité à rester à la surface. Ainsi je me souviendrai toute a vie de ce touriste que j’ai sorti d’un mauvais pas sur la plage d’Anglet lors d’une session de surf, j’avais alors 16 ans . Depuis, ayant passé quelques brevets de secourisme et suivi des entrainements spécifiques, l’auteur de cet article n’a pu sauver, malgré toute cette préparation, sa propre mère faisant un simple arrêt cardiaque sur terre en pleine journée, il faut savoir l’encaisser.

Voilà 43 ans que Jaws est sorti dans les salles et 43 ans (ou presque) que je nage ou surf très souvent seul pour autant je n’encourage personne à le faire mais j’aimerais tellement que les cours de secourisme soient obligatoires à l’école afin que quiconque puisse intervenir et tenter de sauver une personne en danger.

Petite anecdote sur le film pour finir sur une touche heureuse, on ne voit le requin qu’après 45 minutes de film, et l’angoisse vient surtout de son absence à l’écran qui est simplement évoquée par la musique et la vue à la première personne, mais dans le script original on devait le voir tourner autour de la nageuse nocturne lors de la première attaque mais la maquette du requin n’ayant pas supporté l’eau salé il a fallu trouver un autre procédé, et la force du film est surement dans cette évocation. Retournez le voir et retournez nager…

Ocean’s 21, les choses se précisent…

Il ne suffit pas de parler des choses pour qu’elles se réalisent mais parfois le fait d’en parler notamment sur les réseaux sociaux permet aussi de concrétiser les projets et ne pas les garder au stade de douces rêveries.

Openswimstars parle du projet Ocean’s 21

Ainsi se lance officiellement ce projet un peu fou mais parfaitement réalisable de nager seul ces 21 traversées dont les 7 du Ocean’s Seven et dont une quinzaine autour de l’Europe d’ici 4 ans pour les terminer si possible en 2021. Cela va demander de boucler un budget et de réunir une petite équipe autour de moi, de continuer à m’entrainer notamment à nager en eau froide, pour le reste rien d’impossible dans cette première mondiale (à ma connaissance).

Les 21 traversées me paraissent constituer un défi plus global et plus équilibré aussi que le Ocean’s Seven qui avait le mérite de lancer le principe mais qui passait sous silence Napoli-Capri par exemple ou Jersey-Saint Malo…

J’ai pu dessiner un tour de monde, en tout cas un tour d’Europe complet et quelques traversées ici ou là en hémisphère sud ou en Asie, qui avant tout me font envie et constitue un défi que je vais attaquer avec la plus grande motivation ces prochains mois.

L’obstacle majeur ne sera pas forcément financier mais peut être structurel car il est souvent difficile de trouver une place pour nager Gibraltar ou la Manche, donc sur ce point là pas de temps à perdre je me lance dans la guerre des inscriptions et des prises de contact.

Donc à très vite sur ce blog pour vous faire part de mes avancées et de mes premières traversées. Pour l’instant le compteur est à zéro mais désormais c’est officiel le projet Ocean’s 21 est lancé.

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Le bilan d’une saison 2017

Le mois d’octobre ne marque pas seulement la fin de saison d’eau libre 2017 mais aussi le lancement de celle de 2018, preuve en est que l’eau libre à au moins une année d’avance, ceci dit il est temps de faire un bilan de cette année de compétitions et de rencontres, de voyages et d’entrainement.

Mon objectif était au départ de participer à 10 étapes de la coupe de France, et d’aller au Championnats du Monde Masters à Balatonfured, de faire la traversée de la baie de Saint Jean de Luz et pourquoi pas une course en Grèce, la traversée du canal de Corinthe.

D’un point de vue comptable la coupe de France s’est bien passée je termine avec 810 points 5ème au classement masters 1, mais avec seulement 4 compétitions au compteur. Les raisons sont multiples et laissent certains regrets notamment sur le classement final mais aussi sur l’avenir de la discipline.

Pour des raisons professionnelles je n’ai pas pu me libérer pour enchainer Dijon (un 7.5km qui me tentait bien), Paris la Fluctuat le lendemain (un 5km en boucle dans le bassin de la Villette et un 1.5km juste après) et enfin Jablines une semaine plus tard (le 5 et le 10km), pour clôturer la saison et jouer un podium éventuel.

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Mais ma plus grosse frustration ne fut pas ce voyage que je dû annuler mais le 10km programmé au Lac de Saint Pardoux en Juillet le lendemain d’un 5km qui s’était bien passé. L’organisation ayant décidé d’avancer de 3h30 le départ de la course sans prévenir l’ensemble des nageurs. Dans cet entre soi plus de 33% des nageurs inscrits le dimanche ne prendront pas le départ et certains comme moi arriveront sur site avant l’heure officielle pour constater que le 5km se terminait. Beaucoup d’aigreur et pas mal de points ratés à cette occasion.

Le reste des épreuves fut par contre à l’opposé de cette mauvaise expérience, à rouen chez les vikings un 10km où j’arrive sans ravitailleur ni perche et où l’organisation me trouve une charmante bénévole Marine que je remercie encore, je termine 2ème masters. À Compiègne la veille où je termine premier masters du 10km loin derrière les fusées qui me mettent un tour et dont j’appréhende  le retour après 5km,. Voilà un sport où une adolescente de 15 ans peut remettre à sa place un nageur de 40 ans et plus qui finira malgré tout très satisfait de sa course, l’ego n’en prend même pas un cout tellement ce sport est dur et beau à la fois.

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Enfin j’irai finir ma saison plus tôt que prévu à Annecy sur le 5km dans une très belle ambiance avec l’ambition de revenir sur le 10 km l’an prochain tellement ce lac est beau et l’organisation parfaite.

Autant tirer les choses positives ces manches de la coupe de France ont plusieurs avantages, la convivialité d’abord et le prix abordable. Il est facile de s’y inscrire et dans la plupart du temps l’organisation est très bonne. Mais il reste des choses à faire pour sortir cette discipline de l’entre soi dont je me plaignais à propos de Saint Pardoux et pour l’ouvrir à un plus large public qui venant du triathlon ou de la nage en piscine sans être membre d’un club, ce qui permettrait d’avoir des épreuves encore plus fournies et ainsi donner un peu plus de challenge et de signification à des classements et à des points parfois « injustement » gagnés.

Je m’explique car si je suis compétiteur je reste aussi très humble sur mon propre niveau et sur ma valeur en tant que nageur, je termine 5ème de ma catégorie et 55ème homme au général, pourtant je ne fais que 4 courses et je si je termine sur des podiums dans ma catégorie c’est aussi et surtout faute de combattants.

Je marque donc en m’inscrivant sur des 10km beaucoup de points car au lieu de distribuer ceux-ci en fonction du nombre de participants, la répartition se fait sur une base qui reste toujours la même et donc on peut vite marquer 200 points en terminant dernier ce qui parait tout de même un peu ironique. À force on connait les nageurs de bon niveau et on évalue sa performance en fonction du temps mis par ceux-là mais le classement général est un peu faussé à mon avantage certes mais une dotation plus respectueuse du différentiel et surtout du nombre de nageurs permettrait de mieux s’évaluer sur chaque course et en fin de saison.

Pour l’anecdote en terminant la traversée de la baie de Saint Jean de Luz à la 15ème place à plus de 3 minutes derrière le vainqueur pour seulement 1800m et un peu plus, ou 33ème du Lac d’Annecy en 1h15 je me dis que certes toutes les épreuves ne se valent pas et rien ne sera jamais parfait mais que l’on pourrait imaginer un calcul plus juste pour étalonner les résultats et valoriser les progrès ou la régularité plutôt que le classement général qui ne signifie pas grand chose.

Aux Championnats du Monde en Hongrie, nos amis de la Fina ont tenté de renouveler ma mésaventure de Saint Pardoux à savoir avancer de 24 heures le départ de ma vague, mais d’informations en contre information j’ai bel et bien nagé au moment prévu dans une eau chaude, trouble et avec un fort vent et des vagues sur plus des deux tiers du parcours. Nous étions 96 nageurs dans ma catégorie et divisés en 2 vagues de 48 nageurs. Je nage en 3ème position toute la course jusqu’à l’avant dernière bouée où 3nageurs me passent comme les fusées souvent encore mineures des coupe de France. J’ai surement trop donné dans la ligne droite face aux vagues, on ne se refait pas quand on vient du Pays Basque, l’envie de passer la barre…

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Je finis quasiment au maximum à vouloir les rattraper et suis donc 6ème de cette manche. Pourtant la seconde manche va nager beaucoup plus vite car 19 nageurs vont faire un chrono plus rapide que le mien. 25ème au final sans regret aucun mais une question, si tout le monde était parti ensemble n’aurais pas tenté de me placer mieux et de gérer ma course différement, ou bien aurais je subi ce classement? Sachant que je nage plus de 1500m seul à guider mes adversaires dans les vagues ceux là même qui vont me doubler peu avant la fin.

On peut toujours refaire une course, mais je crois que j’aime les batailles et les départs en masse, le bazar et les conditions dures, que j’aime me confronter à des nageurs plus forts que moi et surtout pas marquer des points que je sens pas vraiment mérités.

Je n’étais pas en Grèce non plus pour la canal de Corinthe (que Jacques Tuset va faire et terminer en 5ème position en rattrapant pas mal de monde face au courant qui vient de s’inverser quand sa vague prend le départ et malgré des méduses) car le changement d’organisateurs, de nom et le manque d’info ne me rassuraient pas pour bloquer encore 3 ou 4 jours pour une course certes pas très loin du Liban mais qui longtemps a semblé une arlésienne. Pour élargir la base des nageurs et sortir du niveau local il faut une communication et une organisation à l’écoute, réactive et qui donne en temps réel un maximum d’informations.

C’est déjà le moment d’attaquer la saison 2018 et ce sera pour moi à Martigues j’espère en maillot (voilà l’objet d’un autre débat) pour un 5km et un 1.5 km dans la foulée et j’espère encore de belles rencontres car ce fut bien le plus important pour moi cette année le plaisir de retrouver des nageurs et nageuses d’horizons différents et de partager avec eux de bons moments en eau libre.

Merci spécialement à Fred Madec qui m’a accompagné à Balatonfured et qui termine à la 23ème place, et à Bernard-Pierre que je retrouverai cette saison 2018 avec un grand plaisir…

La nutrition en distance « marathon »

Ne soyez pas étonné que j’utilise ici le terme de marathon car je me base sur l’équivalence d’effort entre la natation et la course à pied en me basant sur le ratio de 1 pour 4 qui transforme donc un 10km en natation eau libre en un effort équivalent à un marathon (ou presque) en course à pied. Bien sur l’analyse ci dessous doit s’adapter au fur et à mesure que l’on entre dans l’ultra distance pour nager (ou courir) 25km ou plus encore lors d’une traversée et se pose alors la question, nager 25km équivaut il toujours à courir 100km?

Mais notre point de vue aujourd’hui et de préparer un 10km voire un enchainement, en 24h de deux épreuves de 10km à la nage comme cela va se passer sur 2 épreuves de coupe de France cet été pour votre serviteur. Il faudra fini vite et pouvoir nager les deux épreuves en ayant bien récupéré et donc en restant bien hydraté.

Pour un nageur qui maitrise le 5km et qui désire passer à une distance plus longue il est facile de trouver une épreuve de 10km distance olympique oblige les organisateurs ont tendance à homogénéiser leurs distances alors que le calendrier Fina proposait encore il y a peu des épreuves bien plus longues. Mais plaçons nous dans le cas d’un athlète qui nage correctement un 5km et arrive moins de 30 minutes après les premiers, soit en moins de 1h25.

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Les ravitaillements apparaissant seulement pour les épreuves de plus de 5km il va falloir aussi appréhender ce nouvel enjeu pour réussir à doubler la distance sans s’effondrer en terme de vitesse. Pour cela une stratégie de nutrition est nécessaire. Il s’agit de boire ou de manger depuis un bateau ou un ponton où on tend ou jette au nageur de quoi se sustenter sans que celui-ci ne prenne appui sur quoi que ce soit durant cette phase, il reste dans l’eau et se maintien à la force des jambes à la surface.

Se pose pour le nageur (ou la nageuse) plusieurs séries de problèmes à prendre en compte :

1/La fréquence de ravitaillement, doit il compter sur le seul approvisionnement de l’organisation ou doit il emporter des vivres?

2/La composition des dits ravitaillements : l’athlète doit il privilégier des gels, du solide ou du liquide uniquement, se satisfaire d’eau pure ou d’une boisson énergétique, doit il favoriser un apport en sel et en vitamines?

3/La quantité de liquide, ou de solide, à chaque prise selon quelle base l’athlète doit il prévoir ce qu’il peut ingérer en terme de quantité chaque heure de course en fonction de son gabarit mais aussi des conditions de course. Quelle est l’influence de la température extérieure lors d’une course d’endurance?

4/Enfin la prise d’antidouleur au cours de la traversée est elle une pratique envisageable d’un point de vue éthique, cette question ne me serait pas venue à l’esprit si la composition des boissons des nageurs de certains forums spécialisés ne contenait pas régulièrement de l’ibuprofène.

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Voilà les différents aspects que nous allons survoler ici afin d’apporter quelques éclairages sur des principes de base qui devront s’adapter au cas particulier de chacun bien entendu, la taille et la masse de l’athlète étant un critère déterminant.

Premier point pourquoi se ravitailler?

Cela peut paraitre évident mais je suis sûr que beaucoup ont du se sentir capable de nager plus de 5km ou donc de nager plus de 20km sans boire ou manger. Pour autant lorsque l’on parle de performance et donc d’une allure qui permet de boucler cette distance marathon en moins de 3 heures il faudra en passer par une nutrition étudiée et maitrisée.

Car la dépense calorique en natation (comme ne course à pied) va être importante mais impossible à chiffrer d’un point de vue absolu, partons du profil suivant, plutôt un nageur pour l’occasion, 1m90 pour 85kg  qui consommera plus de 800 calories à nager 5000m en un peu plus d’une heure.

Or ce corps s’il abrite un bon nombre de calories ne dispose que d’une réserve limitée de glucides qu’il pourra utiliser au cours d’un effort long, entre 1700 et 2000 calories stockées dans les muscles ou le foie.

Pour autant l’énergie stockée, disons ici autour de 1900 calories, ne sera pas assez élevée si l’effort se prolonge dans notre cas au delà de 2h30 de nage ou de course intense, il faut donc compenser par un apport calorique régulier.

Problème, les règles sont les suivantes il est très difficile d’aller à l’encontre de la physique soit1gm/kg/heure soit 340 calories pour nos 85kg et guère plus de 800-1000ml de liquide par heure (notre prototype mesure 1m90 il peut donc dépasser les 600 ou 800ml de liquide à l’heure auxquels peuvent se limiter les plus petits gabarits) ce qui est un point important car la seule chose dont le corps ne pourra se passer c’est de l’eau en plus de cet apport en glucides.

Si chaque heure nous brulons presque 800 calories (peut être plus si l’eau est froide) et qu’il n’est possible d’ingérer que 350 calories par heure on ne fait que repousser le moment où le corps devra aller chercher de l’énergie ailleurs, dans le gras précisément. le processus en question fonctionne grâce à l’insuline, la même qui régule le taus de sucres dans le sang et qui stocke les sucres non brulés dans les cellules adipocytes.  Mais le destockage en question est un processus actif plus compliqué qui ne se fatigue sous la contrainte d’une activité physique.

Alors la règle semble s’établir d’elle même il faut ingurgiter du liquide et du sucre (je reviendrai plus tard sur la composition de la partie sucrée) assez régulièrement et ne pas oublier le sel que l’on perd dans la transpiration et qui malgré sa présence dans le milieu marin dans lequel on évolue et qui s’il irrite le cou et les bras ne vient malheureusement pas compenser les pertes.

Boire de l’eau pure seule sera inutile pour ce qui est de l’apport en calorie mais également d’un point de vue de l’hydratation car elle sera très vite digérée et évacuée dans les urines. Vient ensuite le problème des troubles digestifs, un peu comme en course à pied où l’estomac, et les autres organes, est abandonné, sur ordre du cerveau, par le sang qui se dirige vers la surface de la peau pour se rafraichir et qui se fait balancer de gauche à droite à chaque foulée, en natation il se retrouve à l’horizontale à être balloté par la houle qui n’est pas une position plus confortable.

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Voilà pourquoi il faut aussi arrêter de manger suffisamment tôt sur le vélo lors d’un ultra longue en triathlon pour permettre au corps de débuter la digestion du solide ingéré lors des 180 km, pour ne pas souffrir de crampes d’estomac lors du marathon. Mais ici notre nageur prépare un « simple » marathon donc un effort tout à fait assimilable sans avoir à manger solide. Qu’en est il des gels qui peuvent paraitre se situer à cheval entre les deux mondes, sont pratiques à emporter et « garantissent » un apport nutritif « idéal ».

Parfois on les associe aussi à des nausées ou à un mal de ventre. Lorsque les gels sont souvent montrés du doigts il est pourtant plus à craindre que ce soit le manque d’habitude qui soit responsable du malaise. Pour autant ils ne sont pas à l’abri de toutes critiques car cette solution ni vraiment solide, ni liquide, est en fait rarement bien dosée en terme d’apports nutritifs. Je renvoie ici à une étude assez sérieuse de Nicolas Aubineau sur la composition des gels qui montre malheureusement le manque de vitamines et de minéraux notamment. Je rappelle aussi le prix au kg de ces petits paquets de plastiques facile à stocker et encore plus à jeter en plein milieu de l’océan qui reste un argument de poids pour se tourner vers une nutrition liquide et qui accompagnée de 60 à 90g de glucoses chaque heure parait être la meilleure solution.

Résumons donc notre stratégie, pour une épreuve de type marathon, pour un athlète désirant finir à une allure correcte, celui-ci pourra boire uniquement  au moins 600ml par heure contenant 60g de glucose au minimum pour garder un maximum d’énergie. Dans le cas d’un 10km en eau libre et donc d’une épreuve de moins de 3 heures il faudra surtout combler une petite déshydratation et envoyer un message positif au cerveau et aux muscles en ingérant du liquide au même dosage, afin de conserver une vitesse plus rapide surement autour de 85% de sa vitesse maximum tout au long de l’épreuve parfois plus de 90%. Une fois de plus la rapidité d’ingestion du liquide ici favorisera un arrêt court. On peut aussi préférer son propre rythme de nutrition en emportant avec soit un petit paquet souple du type de celui qui contient de la compote liquide qu’on aura rempli d’eau sucrée par exemple pour avoir un ravitaillement personnel.

Au delà de cette distance marathon on pourra envoyer quelques aliments solides du type banane ou barres de céréales afin d’équilibrer encore mieux les apports nutritifs tout au long d’un effort qui se fait à une intensité plus basse mais qui peut durer 10 ou 15 heures qui nécessite de traverser une journée et une partie de la nuit à batailler contre les éléments et contre soi même.

Il est évident que la douleur sera présente lors d’un tel événement et que l’on est jamais préparé à tout ce que l’on va faire subir à son corps le jour j sans compter que l’on a déjà largement parfois dépassé la dose lors de l’entrainement. Si l’accumulation des kilomètres parait nécessaire ça n’est pas non plus un but en soit et on peut toujours privilégier la qualité des entrainements notamment en les diversifiant (vélo plutôt que course à pied par exemple) afin de préserver son capital et de ne pas arriver avec les articulations détruites le jour du défi ou de la course.

Dès lors doit on accepter de prendre des antidouleurs lors d’une épreuve, n’étant pas un fanatique de cette méthode en temps normal et privilégiant d’écouter mon corps pour mieux arriver à guérir je m’inscrirai plutôt contre cette pratique, la douleur mentale ou physique faisant partie du jeu et le reste n’étant qu’assistance médicale et donc assimilable à du dopage.

Éduquez donc votre corps intelligemment lors des entrainements, préparez votre stratégie de nutrition et connaissez vos allures et vos limites, privilégiez l’hydratation pour éviter tout mur auquel on ne pourra faire face après plusieurs heures d’effort et n’allez pas contre les règles de la chimie et de la physique.

Un point sur les combinaisons néoprène et sur la réglementation.

Alors que la saison d’eau libre se lance, par exemple aux championnats de France demain à Gravelines, sur les réseaux sociaux les meilleurs publient des photos d’eux en combinaison, une manière de promouvoir le sponsor mais aussi de dire que l’eau est fraiche et qu’ils nageront surement avec le lendemain pour l’épreuve du 10km.

Je ne trancherai pas ici la question épineuse de savoir si la nage avec combinaison reste de l’eau libre, ce serait comme demander si l’oxygène est autorisé en haute montagne lors d’une course ou d’aller enquêter sur le drafting en triathlon en vélo ou lors de la tentative d’un équipementier de faire battre le record du marathon et la barre des 2 heures grâce à une tesla ouvrant la route à quelques mètres du coureur.

Disons le tout net, en hiver en mer je nage en combinaison néoprène en Atlantique et en Méditerranée pour l’entrainement et la longue distance. Pour autant la combinaison doit-elle être portée en compétition j’avoue que je suis moins tenté de m’inscrire à une épreuve qui risque de l’imposer. La pire des situations restant à mes yeux la tranche de température laissant la faculté de la mettre ou pas et qui donc lance les nageurs sur un pied d’inégalité. J’ai fait une ou deux épreuves dans de telles conditions, notamment Swim the Island en Italie qui reste une course magnifique mais j’étais un des rares en maillot alors que l’eau était au dessus des 20°C (en octobre en Italie sous le soleil). En terminant les 6km à la force des bras sans ravitaillement j’ai trouvé des nageurs beaucoup plus frais que moi à l’arrivée qui m’avouaient avoir nagé bien plus vite que d’habitude.

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L’attirail complet pour nager dans le canal à 7°C, chaussons obligatoires

Mais  quand on dit combinaison de quoi parle t-on exactement?

D’un vêtement d’une pièce composé de néoprène yamamoto (une fabrication japonaise qui permet à la matière de proposer une bonne floraison et parfois une épaisseur très fine pour ne pas gêner les mouvements de bras). La différence essentielle avec les combinaison de surf est que nous avons besoin autant de nous protéger du froid que d’être capable de tourner les bras sur 5km et plus quand les surfer ne crawlent mais rament et préfèrent avoir chaud et flotter le plus possible pour remonter à la surface après une chute.

Le néoprène® est une marque déposée par Dupont de Nemours datant des années 30 qui constitue une famille de caoutchouc synthétique.

Il existe 3 variations de ce néoprène bien plus cher que le classique utilisé pour le surf, que l’on appelle 38, 39 et 40, et qui décline l’essentiel de la gamme. À savoir une entrée de gamme (38) qui flotte beaucoup et qui présente peu de souplesse, un 39 qui associe flottaison et un plus grand étirement des matériaux donc plus de souplesse aux épaules, et enfin un 40 haut de gamme très fins mais très sensible et fragile aussi, attention aux coupures.

L’ensemble ne doit pas dépasser 3 à 5mm selon les endroits (5mm sur les jambes parfois c’est beaucoup pour qui sait déjà flotter) et ne pas déborder sur les pieds et les mains. Mais qui voudrait nager avec des chaussons de surf en néoprène, autant j’aime cela en surf autant ma dernière tentative lors des Neptune Steps dans l’eau à 7°C de Glasgow m’a rappelé que les sensations d’appuis sont tout de même essentielles à la nage.

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Paris à la nage 2016, les libanais souffrent du froid et en bons triathlètes partent en combi.

Mais alors que choisir si on nage en eau libre?

Les fédérations ont, semble t-il, tranchées et le moins que l’on puisse dire c’est que selon les maisons les règlements sont bien différents, un vrai choc de culture.

Débutons avec ceux qui semblent ne savoir nager qu’avec une combinaison voire un pull buoy entre les jambes vous aurez reconnu les triathlètes et les swimrunners (pour ces derniers je ne connais pas le règlement mais voyant des photos de types avec des plaquettes et des pull buoys dans des lacs je préfère ne pas savoir). Ici encore pas un seul règlement car les fédérations sont souvent supplantées par des sociétés privées (IronMan® ou Challenge®) qui imposent leurs point de vue pour faire plaisir à des fabricants en autorisant le speedsuit sur la trifonction quand c’est interdit par la FFTri entrainant de nombreuses disqualifications comme à Vichy l’an dernier.

En règle général 24°C est la barre au dessus de laquelle les triathlètes découvrent l’eau libre sans néoprène, ça reste possible de nager sans jusqu’à 16°C mais obligatoire ente 12 et 16°C en dessous a priori en France pas de nage autorisé.

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Une belle épreuve à armes inégales sponsorisé par Jaked mais j’étais le seul à porter leurs couleurs (labellisé Fina)

Malheureusement en triathlon, la natation est à double titre le parent pauvre du triple effort, déjà la distance est proportionnellement aux autres disciplines bien plus réduite (on notera qu’il existe des compétitions peu connues où les proportions sont égales) ensuite en cas de « mauvais temps » on annule le départ dans l’eau ou on transforme l’épreuve ne duathlon (course, vélo, course). IronMan® a déjà quasiment annulé le départ de masse pour un départ par vague qui fait qu’on ne comprend plus rien à son propre classement en cours de route mais ne transforme pas pour autant son épreuve en duathlon.

Demandez à un décathlonien s’il souhaite retirer une épreuve au programme de son week end et vous aurez ma tête lorsque j’ai vu Bahrein annuler la natation alors que le vent (oui vous savez cet élément qui soufflerait trop fort pour nager mais pas assez pour rouler en vélo?) et la mer à 25°C proposaient des conditions tout à fait convenables. Ici la piste locale (absence quasi totale de culture de la nage en mer, la côte est à 95% privée et l’accès à la mer ne se fait que sur un plage au sud de la capitale, et la formule magique de IronMan® (50% de débutants et 80% de finishers) empêchèrent aux athlètes de pratiquer leurs sports.

C’est grâce au Triathlon que la combinaison de nage s’est réellement développée et qu’aujourd’hui on trouve des produits vraiment souple et bien adapté, mais c’est aussi grâce au triathlon que de nombreuses personnes viennent à l’eau libre notamment lors d’épreuves comme Paris à la Nage ou Swim the Island dont j’ai déjà parlé (plus de 1000 nageurs tout de même cette année à Paris le 17 et 18 juin prochain). Donc cessons là les remontrances et rappelons aussi que ltraithlon se nage en eau parfois très chaude (sans combinaison) et que je ne connais pas le plafond maximal autorisé, quand il est de 31°C pour toutes les fédérations de nage notamment pour ce qui est de la compétition, car l’eau chaude est en fait plus dangereuse que l’eau froide mais c’est un autre débat.

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Swim the Island 2016 une initiation à l’eau libre pour de nombreux triathlètes, une très belle épreuve italienne.

Passons donc à l’eau très froide et à ceux et celles qui aiment cela et qui nage en maillot  jusqu’à 0°C à savoir le winter et ice swimming qui propose des distances allant jusqu’à 1000m (voire un mile) en maillot de bain. Ici l’ambiance est à la tronçonneuse pour ouvrir un rectangle dans la glace, ensuite l’essentiel est de résister au froid je vous laisse y penser pour vous rafraichir, j’ai envie de m’y mettre mais je ne sais pas pourquoi ce la reste un objectif un peu confus…

Pour les français qui souhaitent nager en eau libre sous l’égide de la Fina, ou de la FFN la combinaison sera obligatoire au dessous de 18°C (soit 2°C de plus qu’en triathlon) mais optionnelle pour la Fina ou en Coupe de France jusqu’à 20°C sauf en Championnats de France comme ce sera le cas à Gravelins ce week end. Vous avez suivi parce que si c’était trop facile il faut aussi parler des températures minimales qui sont de 16°C pour la Fina alors qu’on descend à 14°C en combinaison pour la FFN (12°C pour le triathlon).

Bref un bon bazar auquel il va falloir rajouter le type de combinaison agréée ou pas par la Fina, et là l’étude est en cours auprès d’un laboratoire de l’EPFL (école polytechnique féminine de Lausanne) et la liste ne sera connue qu’en fin d’année 2017 et valable pour la seule année 2018. Donc si vous pourriez nager ce week end avec une combinaison qui ne sera pas validée pour le reste des épreuves en 2018. Cette validation est aussi valable pour les combinaisons tissu dédiées à l’eau libre qui ne sont pas autorisée en bassin. Là aussi entre ces modèles que je porte bien volontiers et le simple maillot de bain il peut y avoir une différence en terme de glisse, et je ne parle pas d’un nageur en slip de bain pas rasé de près.

Pour faire simple il est bon de rappeler que le Marathon swimmers Federation propose une règle plus simple, un maillot le plus simple, un bonnet et des lunettes, bouchons d’oreilles ou pince nez, écran solaire et graisse rien de plus… là vous pouvez faire une traversée sans avoir besoin de connaitre la température elle sera fraiche mais tout le monde part à armes égales.

Un autre moment clé de la préparation : le petit déjeuner.

Sans être aucunement médecin, diététicien ou nutritionniste je ne souhaite pas ici édicter autre chose qu’une méthodologie de bon sens, partant du principe que le petit déjeuner doit représenter 25 à 30% des apports caloriques d’une journée normale il parait évident que l’on ne peut pas se passer d’un tel apport dans la journée d’un sportif pratiquant 10 à 20 heures d’entrainement hebdomadaire.

Pour cela il devrait se composer forcément de plusieurs boissons, de l’eau pour réhydrater après une longue nuit, un jus de fruit pourquoi pas mais plutôt en milieu ou fin de déjeuner pour ne pas trop acidifier l’estomac et d’une boisson chaude au choix. À cela on peut rajouter un produit laitier et un produit céréalier pour les glucides complexes qui vont donner de l’énergie au fur et à mesure de la matinée. Attention toutefois lorsque l’on nage en mer après il parfois difficile de ne pas avoir la nausée. Un apport en acides gras essentiel et de la vitamine A et E pour les tissus musculaires et pour cela le beurre reste excellent, enfin un produit sucré comme du miel ou de la confiture.

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Voilà donc pour le contenu maintenant il faut définir le moment d’ingestion de ce premier repas de la journée. Ici s’affrontent 3 écoles :

Débutons par celle qui me parait la moins naturelle et qui consiste à partir à jeun elle engendre une fatigue musculaire plus importante que la même activité post-prandiale. Certains peuvent y trouver un moyen de perdre du poids quand certaines études démontrent que c’est l’inverse qui peut se produire. Il s’agit certes d’un excellent réveil musculaire mais cette pratique nécessite une grande attention, de boire suffisamment et de faire aussi une croix sur des sorties longues ou intenses. Ensuite on se posera la question de la préparation en vue d’une compétition où il faudra ce jour là avaler un petit déjeuner sans jamais s’y être habitué.

À quelques jours du début du mois de Ramadan nous n’aborderons pas ici la pratique  intense du sport sans aucun apport qui mérite un article complet plus détaillé.

On trouve de nombreux partisans du 50/50 qui consiste à ingérer une partie légère du petit déjeuner avant et une autre juste après l’effort. Sur le plan des apports calorifiques rien à redire mais reste la question de la préparation aux compétitions longues qui nécessiteront elles de partir avec un peu plus de carburant dans le ventre.

On s’en explique avec la méthode qui consiste à prendre l’intégral du menu en une fois au réveil. Les avantages sont nombreux; le rythme digestif est calé, la journée est lancée et après l’entrainement matinal, on peut passer à sa journée professionnelle sans avoir à repasser par la case pieds sous la table. Que l’on soit en compétition ou non le corps est habitué à ingérer ce quart ou plus d’apport calorique, c’est un point important, il s’agit d’un entrainement aussi.

Il n’est pas rare qu’un coureur ou triathlète se plaigne de troubles digestifs suite à la prise d’un gel ou autre que son estomac refuse d’ingérer. Comme expliqué plus haut il faut avant tout entrainer son corps à ce rythme et aux produits que l’on donnera pendant ou avant un effort. Ne jamais improviser le jour d’une course et ne jamais changer ce rythme non plus, il est déjà bien suffisant d’avoir voyagé en avion (simulant une altitude de 2000m et plus pendant plusieurs heures qu’il faudra compenser par un apport en eau important)

Reste la question du temps de latence entre l’ingestion et le début de la pratique sportive (notamment en cas de compétition), s’il faut compter presque 3 heures pour profiter de cet apport certains produits industriels proposent de réduire ce délai à presque 1h30 via des préparations en poudre qui termine en gateau sport. Cela permet certes de rallonger la nuit avant la compétition et d’ingérer un produit modifié et transformé industriellement (on est loin du bio) mais il faut aussi avoir testé et ne pas improviser le jour d’une épreuve majeure. Mais il parait compliqué de passer d’une absence de petit déjeuner le matin sous prétexte que « cela ne passe pas » à avoir à ingérer un tel produit avant une distance marathon ou plus à 4 heures du matin dans un hotel le jour d’une course importante.

L’entrainement doit donc comporter aussi un volet nutrition et apporter des solutions adaptées à chaque discipline, en fonction de la durée de l’épreuve, du climat, des ravitaillements prévus par l’organisation ou encore des intolérances alimentaires.

Pour finir rappelons que pour un nageur en eau libre qui ne s’alimentera plus que par le biais de boissons sucrées en pleine mer, tendues par une perche depuis le bateau suiveur, il faudra aussi envisager de modifier son petit déjeuner pour être sûr de ne pas transformer cet apport essentiel en un problème de nausée qui pourrait limiter la performance.