Une saison (ou presque) en coupe de France d’eau libre

Après avoir lancé ma saison en mai dernier, il est temps de faire un point sur les étapes de coupe de France d’eau libre auxquelles j’ai pu participer et qui m’ont mené, à ce jour, à une troisième position au classement général dans ma catégorie des maitres 1.

La Coupe de France c’est à la fois très simple, un cumul de points tout au long d’une longue saison en eau libre de Octobre à Septembre partout en France (pas tellement dans les Dom Tom ou en mer en général) sur des distances allant de 1500m à 10.000m (un seul 25km aux championnats de France) et très compliqué car les points attribués ne sont pas les mêmes selon que l’épreuve compte simple ou double depuis la création des « Aqua challenge ». On comptabilise les 15 meilleurs résultats et si cette coupe est plutôt destinée aux jeunes talents il existe aussi un classement maitres 1 et 2 soit les 26-44 ans (dont je suis) et les 45 ans et plus (ce qui laisse moins d’occasion aux maitres de briller par rapport aux bassin ou aux championnats d’Europe ou du Monde qui séparent les nageurs par tranches de 5 ans).

Ce long compte rendu est surtout l’occasion de revenir tour à tour sur les réglementations (Néoprène, sorties de l’eau temps limite…), les différences d’organisations et enfin sur les lieux visités.

Pour être complet j’avais débuté la saison 2018 en 2017 à Martigues lors de la posidonienne en participant au 5km qui fut réduit à 4km sans que l’on sache vraiment pourquoi ni qu’on le sache tout simplement ce qui ne va pas permettre de lancer un sprint final dans une eau fraiche où l’on était forcé de nager en Néoprène. Bilan, un temps très moyen, un chronométrage plus que  limite car après avoir disparu du classement je me retrouve avec un temps un peu plus lent que celui donné ma montre et que devant moi se trouve des nageurs avec palmes qui pourtant essayent d’expliquer à l’organisateur qu’ils devraient ne pas y apparaitre.

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Des épreuves en mer il y en peu mais du Mistral c’est plus courant.

Une étape en mer était tentante mais le mistral et une organisation un peu débutante ne va pas permettre de profiter de ce lieu magnifique par ailleurs pour faire de l’eau libre. Je finirais le week end à la seconde place du 1500m (qui ne compte pas pour la coupe de France) ce qui permettra de travailler la vitesse malgré le fait que la ligne d’arrivée ne fut installée que lors de notre approche, ce qui ne rendait pas facile la navigation finale.

Vous l’aurez compris un très beau spot d’eau libre mais pour ce qui est du volet sportif on se demande comment la fédération a pu lui délivrer le label coupe de France (s’il en existe un?), quasiment aucun briefing d’avant course, un petit mistral qui nous empêche de finir le parcours officiel, certains nageurs n’iront même pas chercher la dernière bouée avant de tourner vers l’arrivée, et un service de chronométrage catastrophique qui feront remonter un classement irréaliste comptant pourtant pour un 5km.

Ma deuxième expérience sera donc celle qui me permettra d’ouvrir la saison 2018 au Lac de Paladru sur 10km, après 5 mois à nager pus de 100km mensuels. Le principe est simple, un tour de lac qui parait très long (7km dans sa plus grande longueur) et cela va se confirmer avec la parcours qui fera plutôt 12km (les chronos viendront confirmer mes impressions de course). Une organisation débutante aussi mais qui propose un vrai briefing d’avant course et qui fournit des bénévoles pour le ravitaillement au milieu du parcours. L’eau ayant était mesurée sous les 20°C le Néoprène était optionnel et ne va pas permettre une équité dans cette course longue. Mais ici le règlement était appliqué. Selon mes informations le tour du lac ne sera plus proposé dans ce format mais en deux tours de 5km désormais. Un très beau lieu, une belle ambiance, une belle pluie pour finir ce long parcours et une organisation qui apprend mais qui propose une belle étape.

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Avec Monsieur Jacques Tuset l’homme aux multiples évasions à la nage, pour son 9ème Monte Cristo.

Puis ce sera au tour du Défi Monte Cristo  pour un programme chargé :

5km le vendredi, 2.5km le samedi, et le 5km officiel comptant pour la coupe de France le dimanche.

Malheureusement la réalité sera différente. Un peu de mistral (à nouveau) sera de la partie (il souffle à ce niveau pourtant 8 à 12 jours par mois dans la région) et nous empêchera de partir sur le premier 5km. Étonnant car il pousse plutôt dans le bon sens et à part pour le premier kilomètre il est un allié évident pour finir cette course. Ce qui se confirmera avec mon meilleur chrono sur un 5km le dimanche lorsque nous aurons la permission de nager depuis l’ile avec une heure de retard (comme pour toutes les courses du week end du fait du nombre de nageurs inscrits et d’une organisation qui n’en prend pas compte). 

Le parcours est extrêmement simple et particulièrement agréable à nager dans une eau fraiche, moins de 18°C au départ mais sans être obligé de porter une Néoprène, ce fut donc un plaisir de finir dans le top 30 de cette épreuve qui selon moi est sur côtée car pour le prix de l’inscription rien ne semble être à la hauteur. Pas d’eau potable sur le site, pas de tente organisation, pas de respect des horaires de départs, pas de plan B en cas d’annulation à cause du Mistral qui pourtant semble présent au mois de Juin, et enfin pas de respect des distances car l’épreuve du samedi s’est résumée à un petit 1600m que les nageurs en Néoprène locaux ont appréciés tellement le chronomètre pouvait flatter les égaux si l’on pensait avoir nagé 1km de plus…L’organisation s’en excusera plus tard justifiant cela par le fait qu’une bouée aurait bougé entre le moment de son placement et le départ de la course (soit 500m en 30’, sachez le une bouée attachée au fond de l’eau peut se mouvoir à 1km/h).

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Quand une épreuve est annulée le matin d’une épreuve le Paris Aquatique nage en équipe

Une étape à oublier au plus vite, mes critiques doivent être prise ici avec beaucoup de sérieux car à la différence des deux premières épreuves celle-ci a plus de 20 ans d’expérience.

Ce sera au tour de Bordeaux de proposer un 5km en lac artificiel à l’occasion du triathlon local et le parcours s’en fera ressentir car il s’agira de deux boucles de 2.5km avec une sortie à l’australienne au milieu alors que je pensais qu’il était interdit de se déplacer en eau libre avec les pieds au sol. Il semblerait que le règlement change selon les régions et les organisateurs. Une fois de plus un doute persiste quant à un label coupe de France voire à un quelconque document permettant d’harmoniser les épreuves à travers le pays.

On était dans une ambiance triathlon avec une option eau libre, ce qui fait craindre que ce sport ne se développe dans l’ombre du triple effort en ramassant les miettes à l’image de ce qu’il restait au ravitaillement après notre course. Cependant une très belle course tactique en équipe avec une nageuse prometteuse en la personne d’Anne une camarade de club encore junior avec qui je l’espère j’aurai l’occasion de faire d’autres traversées voire des relais.

Enfin, ce fut le 10km du lac d’Annecy, j’avais pu tester le 5km l’an dernier avec un très grand plaisir et un temps de 1h15 je me lance cette année sur la distance olympique à défaut de plus ce qui pourrait pourtant être au programme facilement.

Avec un premier briefing la veille au soir, un autre avant le départ, un double ravitaillement depuis les bateaux et un chronométrage sans problème , et, non pas un, mais deux transpondeurs. Une organisation carrée et un site magnifique. 

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Les départs des 10km sont souvent moins rugueux que les autres même si cela nage très vite au final.

Du simple fait d’avoir fait 5 épreuves dont deux 10km me voilà 3ème au classement des maitres 1 et je jouerai donc la finale de la coupe de France en Septembre prochain pour voir si je peux rester sur la boite, j’en profiterai pour découvrir Jablines et tirer un trait sur cette saison d’eau libre une semaine après les championnats d’Europe à Bled en Slovénie, un déplacement d’équipe qui permettra d’évaluer l’organisation de la LEN qui n’avait pas grande presse après les championnats de Londres il y a deux ans…

Ce que l’on peut retenir donc de cette saison c’est la plus grande incohérence qui règne en terme de règlement sur le port ou non du Néoprène surtout dans la phase déterminant la température exacte de l’eau avant le départ ce qui donne l’impression que lorsque la majorité des nageurs semble frileux la température tombant systématiquement sous les 20°C. Ce nouveau point de règlement qui semble déplaire à la plupart des pratiquants d’eau libre mais convenir aux triathlètes qui souhaitent participer à une épreuve de natation occasionnellement pourrait pourtant connaitre une issue logique en autorisant les nageurs hors licence FFN ou ne désirant pas participer au classement officiel à nager dans du Néoprène sans que ces combinaisons n’aient besoin d’être homologuées (le seront elles un jour par la Fina?) 

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Un point de règlement que je ne connaissais pas, la sortie à l’australienne semble autorisée, un moyen de parler stratégie avec sa camarade de club et de travailler son plongeon.

Le classement enfin récompense plus, le nombre de courses et la longue distance (dont les participants sont si peu nombreux que le dernier marque tout de même un grand nombre de point par rapport aux 5 ou 2.5km) que la valeur réelle des nageurs, à qui elle ne rend pas hommage, notamment dans ma catégorie, et  l’occasion m’est donné de saluer Fred Romera qui fut mon compagnon à Paladru, Marseille et Annecy…

Dans un prochain article j’aurais l’occasion de revenir sur le 10km de juin dernier lors de l’Open Sim Stars à Paris qui mérite que l’on en parle tellement ces épreuves en pleine ville avec un très grand nombre de nageurs mais sans enjeu ni classement final pourraient être l’avenir de notre discipline.

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Lancement de la saison à Chypre (Eurasia Swim Cup)

Si j’avais publié quelques photos de l’étape chypriote de l’Eurasia Swim Cup je n’ai pas encore eu le temps d’écrire la moindre ligne sur le sujet, et ce blog ayant comme objectif de faire découvrir des épreuves d’eau libre notamment je me devais de réparer cela au plus vite.  Cette année je vais avoir l’occasion de nager des étapes de coupe de France, une de l’open swim stars à Paris (fidèle depuis la première année), les championnats d’Europe masters (LEN) et d’autres épreuves au Pays Basque ou au Liban. Mais j’avais été attiré par une franchise qui m’était jusque là inconnue, Eurasia Swim Cup dont j’avais entendu parlé en recherchant des courses en Russie. Il s’avère qu’ils ont aussi des épreuves en Sicile et à Chypre, dont une en tout début de saison, parfait pour se tester sur 10km. Sur le papier tout pour me plaire.

C’était donc le 17 mars dernier à Larnaca, et non pas à Aiya Napa comme annoncé lors de l’inscription, près de l’ancienne forteresse, l’organisation russe proposait toutes les distances de 1000m à 10.000m en passant par des distances assez incompréhensibles sauf si on est triathlètes de 1900 et 3800m.

À ce stade il faut rappeler que beaucoup de nageurs d’eau libre y viennent par le biais du triathlon qui est pour l’instant plus développé à l’échelle mondiale, d’où la présence de nombreuses combinaisons et de ces distances. Rappelons au passage que la natation est déjà le parent pauvre du triathlon car si 5km nagés sont l’équivalent de 20km courus on en est loin au triple effort où elle se limite à moins de 4km pour 42,2km couru et 180km de vélo quand il faudrait pour équilibrer les disciplines, nager un peu plus de 10km. Soyons honnêtes si c’était la règle du jeu peu de triathlons longues distances auraient lieu faute de participants. Pour autant doit on en eau libre proposer des distances de triathlon pour faire venir des nageurs, cela reste une question ouverte, mais sur un seul parcours faire cohabiter un 3800m et un 6000 ou 10.000m parait plus que compliqué. Je précise qu’il existe des triathlons qui respectent la répartition égalitaire des distances dans les 3 disciplines, il ne s’agit pas du label ironman vous l’aurez compris.

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En dehors de ce choix étrange de vouloir plaire à plusieurs publics se posait la question du parcours et du ravitaillement, malgré quelques échanges de messages avec l’organisation je n’avais pas pu en savoir plus, pas évident pour préparer des nageurs à leur première longue distance en mer en compétition. Si je m’inscrivais sur la longue distance je conseillais aux masters que j’entraine au Liban de partir plutôt sur le 6km pour ne prendre aucun risque, je ne connaissais rien de l’organisation, du lieu, des conditions de ravitaillement ou de sécurité, et il vaut toujours mieux éviter de mauvaises surprises dans ces cas là.

Les horaires de départ ayant plus ou moins respectés nous avons du nager au moment où le vent se levait (pratiquement toujours au moment de la mi-journée) et donc face à lui sur 50% du trajet sans en bénéficier lors du retour car nous nagions trop proche de la côte bien à l’abri, un sens inverse de rotation aurait été beaucoup plus facile donc, mais c’est ce que l’on aime en eau libre, les conditions difficiles.

La sécurité sur l’eau et le ravitaillement avait l’air efficace, le briefing d’avant course très moyen pour le 10km où j’étais le seul non russophone, pour le reste le niveau sportif n’était pas forcément au rendez vous sauf sur le 6km, car pour ma part après avoir du courir dans l’eau pour le départ je virais en tête au 300m pour nager seul les 9700m restant. Heureusement je rattrapais à mi-course, des nageurs du 6km partis plus tard, qui me motivaient à garder un rythme et à finir en 2h39 malgré plus de 6km avec du vent et de la houle qui rendaient la course assez difficiles.

Le nageur suivant arrivait plus de 15 minutes après moi, ça change des coupes de France où les jeunes nageurs et nageuses me mettent un tour à mi-course dans un style et une facilité qui fait envie.

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Alors d’un point de vue technique le mélange de styles entre natation, triathlon, boite de nuit avec pole dancing et filles en maillots échancrés ne me donnent pas forcément envie de refaire une étape de cette franchise surtout à cause du manque de niveau globale de l’épreuve et du type de parcours qui en découle, car tourner en boucle en pleine mer c’est toujours un peu rageant, Chypre à bien mieux à proposer en terme de ballade en mer même sur 10km.  La distance en question se dénommait « Héro » on franchit là un cap assez navrant dans la médaille de « finisher » qui désormais se dote d’un qualificatif sur valorisant pour avoir nagé 2 ou 3 heures en mer. N’ayant sauvé personne ni même l’humanité pendant cette petite promenade pour laquelle je m’entrainer régulièrement je n’ai ressenti aucun héroïsme à franchir la ligne d’arrivée qui était sur la plage. Ici encore quand on dispose d’une arche flottante pourquoi la poser sur le sable, en eau libre un départ dans l’eau et une arrivé en tapant la planche c’est tout de même l’idéal.

Loin de moi l’idée de vous déconseiller leurs épreuves mais cela serait difficile car ils viennent d’annuler la plupart de leurs étapes en Russie pour en remplacer certaines par des épreuves en piscine (du sprint sur 50m) quand je vous parlais de mélange des styles.

Revenons à cette épreuve d’un point de vue technique, j’avais établi une stratégie à 3 ravitaillements car il faisait chaud, soit après 4, 6 et 8km en buvant essentiellement. J’ai souffert de cette chaleur, sur la fin surtout, en faisant face à la houle où un triceps sifflait un peu et où j’ai du passer par une phase d’éducatifs pour faire passer la douleur. Il serait bon de trouver des solutions pour soulager au mieux cette chaine musculaire et se préparer pour les 10km à venir (Paris en Juin, Annecy en Aout et Jablines en Septembre…) le niveau sera bien plus relevé.

Ceci dit c’était une très belle occasion de passer un week end avec les nageurs que je fais souffrir en bassin ou en mer par tous les temps, tout au long de l’année au sein de l’ATCL et si nous étions la délégation la plus nombreuse cela a surtout permis à de nombreux nageurs de prendre goût à l’eau libre en compétition et nous serons donc du voyage à Paris en juin.

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La préparation de la longue distance continue donc avec l’accroissement du volume et l’augmentation de la vitesse notamment sur des 1000m et plus. L’objectif étant de pouvoir nager avec une certaine facilité jusqu’à 6km pour pouvoir accélèrer sur la fin. À Paris cela sera sans grande difficulté car il y aura je le pense un grand nombre de nageurs, un courant favorable et que la navigation est quasiment absente, mais à Annecy seuls 20 nageurs prennent le départ et je serai surement parmi les derniers il faudra garder le moral et être capable de ne pas trop perdre de terrain sur un groupe intermédiaire. L’objectif étant de pouvoir réaliser des chronos autour de 2h20 lors de cette saison avant de penser à participer à des épreuves un peu plus longues notamment en Italie sur 15km et plus lors du circuit Gran Fondo.

http://www.circuitogranfondoitalia.it/gfi/calendario-circuito-gran-fondo-italia-2018/

L’eau libre ça donne envie de grand espace.

Les clés de la réussite, qu’est ce qui détermine une bonne compétition en eau libre

À trois semaines de la reprise de la saison qui aura lieu, pour moi et bon nombre de nageurs libanais que j’entraine, à Chypre lors d’une manche de l’Eurasia Swim Cup, c’est l’occasion de faire le point sur le déroulement parfait d’un jour de compétition. Ce billet se veut, un petit guide pratique à l’attention des athlètes mais aussi des organisateurs afin que cette discipline se développe comme elle se doit.

Tout débute par une inscription et parfois par une course contre la montre pour trouver un bonnet mais bien souvent il faut aller à la pêche aux informations et à défaut d’une quelconque centralisation des informations il faut jongler avec des sites, des pages Facebook et autres afin de programmer sa saison. À ce stade on espère toujours avoir un maximum d’information dès le début et connaitre le parcours, s’il y aura des vestiaires, où un service de navette pour se rendre au point départ et espérer un retour des sacs au point d’arrivé car passer une demie journée en maillot de bain et abandonner des tongues sur une plage ça n’est pas très écolo. Malheureusement notre discipline est encore au stade de l’improvisation, mais au contraire de la ligue du même nom, c’est surtout un comique de répétition qui n’amuse pas sur le long terme.

Le jour j on souhaite encore de l’information et notamment sur les conditions de courses en cas de mauvais temps et être tenu au courant en temps réel ou presque des décisions de l’organisateur qui a tout pouvoir en la matière. Pourtant j’ai fait l’expérience d’un départ anticipé de la course un jour de beau temps sur un lac du centre de la France, sans que la plupart des nageurs soient mis au courant. Pas d’envoi d’email, pas de coups de téléphone et pire encore pas de réponse lorsque l’on appelait sur le numéro de l’organisateur. Rater un départ alors qu’on était à l’hôtel à faire passer le temps et arriver pour son 10km quand les rares nageurs avertis bouclent leur 5km c’est plus que rageant.

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L’information c’est aussi un briefing de sécurité fait dans les règles et là encore je ne parle pas d’un bénévole qui va tenter de crier trois consignes depuis un bateau à une minute du départ, en pensant que les 300 nageurs à moitié immergés, bonnets enfoncés sur la tête, ont parfaitement compris le parcours en mer qui les attend.

Je classe la qualité d’une épreuve selon des critères simples et lorsque l’on me demande de conseiller une course à un nageur je prend cette phase là comme référence. Ça peut paraitre étrange mais c’est un plaisir de nager dans un cadre bien organisé. J’ai pu par exemple prendre le départ de course où on avait du mal à comprendre le sens de rotation du parcours pourtant basique, deux bouées alignées à 500m de distance (en fait 400m).

Et c’est donc l’occasion d’aborder le point le plus sensible, le parcours en lui même. Ne pas connaitre le parcours au moment de l’inscription est une chose mais le voir se construire maladroitement au moment même du départ avec des bouées à peine visibles et sans aucun respect des distances annoncées marque un grand manque de considération pour les nageurs et pour la discipline.

Certes il n’est pas facile de faire un tracé exact, en plus le courant ou les vagues et le vent vont être de la partie pour durcir ou facilité ce trajet mais se limiter à des allers-retours entre deux bouées alors que le site propose des choses plus intéressantes c’est cruel pour le nageur en eau libre qui a l’impression de venir nager en bassin.

Il est bon à ce stade de mon énoncé de rappeler que je ne suis pas partisan des départ à 7h00 du matin sans avoir eu le temps d’un réveil musculaire et d’un échauffement, surtout quand la distance ou la météo ne sont pas contradictoire avec le fait de lancer l’épreuve au moment où il y aura du public et que les athlètes auront ainsi toutes les chances de nager vite et bien.

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Vient enfin le déroulement de la course qui nécessite que les règles soient réellement appliquées, à savoir le dossier épineux des combinaisons et des homologations par la Fina des tenues des nageurs, mais aussi que le parcours a bien été respecté, le nombre de tours bien validé ou que le départ n’a pas été volé de plusieurs dizaines de mètres par certains. Si en plus il n’y a pas à l’arrivée 204 podiums par catégories d’âge et que le chronométrage est bien fait et le classement vite connu et diffusé (notamment pour le celui de la coupe de France), alors tout ira bien, mais là c’est le meilleur des mondes.

L’un des moyens de développer ce sport n’est pas de le limiter à des boucles sans fin, dans des endroits vide sans aucun média ou public, en laissant un gout amer aux compétiteurs, mais bien en proposant une belle expérience, une belle traversée en mer, en lac ou en rivière mais qui donnera envie de revenir et de faire inscrire pas mal de nageurs de son club car c’est bien le partage d’un très beau moment qui sera la moteur de l’eau libre.

Préparer sa première longue distance en eau libre

Lors de mes participations à des épreuves notamment de coupe de France ou autres évènements franchisés comme l’excellent Open Swim Stars  (qui cette année propose des 10km), l’Eurasia Swim cup ou OceanMan, il n’est pas rare qu’ayant choisi le plus longue distance possible, ce qui rime avec 10km, car le 25km est absent des tablettes à mon grand regret (sauf au championnats de France élite), il n’est pas rare que des nageurs participant régulièrement à des 5km viennent me questionner à propos de la distance marathon.

La grande majorité doute de la faisabilité et bien souvent ne s’inscrit même pas à des combinés sur un ou deux jours (par exemple un 5km le samedi et un 2km le dimanche matin) pensant ne pas avoir les bras.

Alors certes les 10km ne sont pas légions mais on en trouve tout de même un peu partout en France, mais pas en mer malheureusement, et, si parfois il est nécessaire de pouvoir terminer dans un temps limite (3h) voire de justifier d’un chrono sur la distance dans l’année, bien des 10km sont en fait ouverts à tous mais ne font pourtant pas recette, du fait j’en suis sûr que la distance effraie.

Il s’agit techniquement d’un marathon en eau libre (4km en courant=1km en nageant) et lorsque l’on voit l’engouement pour les courses de 42km partout dans le monde, les nageurs du dimanche devraient rêver de se lancer un jour sur un 10km. La réalité est toute autre, cette discipline qui pourtant connait un essor non négligeable notamment grâce à des franchises qui permettent de nager au coeur des villes ou à des épreuves mythiques (défi Monte Cristo) fait encore peur à bien des pratiquants qui avec un niveau d’entrainement équivalent en course à pieds feraient le marathon de Paris un jour ou l’autre après avoir validé un ou deux semi (notre 5km en eau libre).

Il y a une frontière que de trop nombreux nageurs n’osent pas franchir alors même qu’il n’est pas impossible de nager 3h (soit 1’47 au 100m parfois en combinaison Néoprène) avec des ravitaillements, lorsque l’on nage 3 à 4 fois par semaine en club ou en solo des sessions de 1 h à 1h30.

Ce blog, s’il doit avoir une vocation est bien celle de donner envie, et quelques ressources, afin que des lecteurs/nageurs se lancent sur des épreuves atypiques ou qui leurs semblaient hors de portée. Pour cela voilà quelques clés pour réussir son premier longue distance sans exploser en route ni lors de la compétition ni lors de l’entrainement.

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Tout d’abord évaluer son niveau de nage de manière un temps soit peu honnête, avec un vrai chrono sur 500m et un oeil extérieur pour se donner une idée des points à travailler et des vitesses que l’on devra viser au fur et à mesure de l’année. Mais que pour enchainer les sessions et les kilomètres il ne faudra pas se blesser non plus et donc avoir un style le plus correct possible.

Il faudra aussi s’y prendre suffisamment à l’avance, le fait que je poste ce billet en début d’année laisse entendre qu’il faudra 5 à 6 mois pour se préparer sans se cramer ou se dégouter en cours de route, car oui, il y aura une hausse du volume ou une hausse de l’intensité parfois.

Une fois muni d’un chrono de référence sur 100m et sur 500m (ou 400m pour ceux et celles qui nageraient à presque 2’ au 100m car on vise un effort de 7 à 8 minutes) il faudra calculer votre indice de déperdition à savoir, le coefficient multiplicateur entre votre temps sur 100 et sur 500m qui doit se situer aussi proche que possible de 1.06 pour les meilleurs.

Vous voyez que je ne parle pas de chronos impossibles à atteindre sur 100m mais d’un temps sur 500m qui soit assez proche en moyenne par 100m du 100m de référence en sprint. Le tout n’est pas forcément d’être rapide mais plutôt constant et endurant.

Prenons l’exemple d’un nageur ayant réalisé un 100m en 1’20 et qui mettra 7’46 sur le 500m soit un indice de 1.09 s’il avait pu tenir un indice de 1.06 il aurait terminé en 7’21, ce qui semble être son meilleur temps possible.

Attention à ne pas avoir, quelque soit son temps de base, un indice trop élevé qui serait synonyme de grand ralentissement plus la distance s’allonge et donc d’un 10km vraiment trop dur à finir. Attention aussi à bien prendre en compte deux notions importantes celle de la relance au virage qui avec une très bonne culbute vient un peu fausser le résultat d’un nageur qui sera peut être un peu plus lent en eau libre, ou, à l’inverse, un nageur virant moins aisément qui sera peut être favorisé en ligne droite pour une même distance (et je ne parle pas ici de la navigation, de l’eau salée ou pas, ou de la combinaison qui viennent perturber le nageur le jour J).

Mais l’exemple précédent n’étant peut être pas à la portée de tous je maintiens mon propos un nageur faisant 1’35 au 100m ou plus à condition qu’il soit capable de maintenir une grand partie de cette vitesse de pointe sur 500m et obtenir ainsi un indice assez réduit 1.10 au maximum pourra se lancer sur le marathon en suivant quelques règles utiles jusqu’au jour J, disons dans 4 à 6 mois.

Marathon Swimming - Olympics: Day 10

RIO DE JANEIRO, BRAZIL – AUGUST 15: The competitors swim in the Women’s 10km Marathon Swimming on day 10 of the Rio 2016 Olympic Games at Fort Copacabana on August 15, 2016 in Rio de Janeiro, Brazil. (Photo by Clive Rose/Getty Images)

D’abord, en divisant la période d’entrainement restant en 3 grandes sections :

La première consacrée à la technique (quoi que cela soit être une constante) et à l’endurance.

La deuxième à la vitesse sur des fractionnés un peu plus long à chaque fois.

Et la troisième à la cadence (le rythme de course).

En jouant sur des sessions qui vont travailler les points faibles notre nageur ayant fait 3 à 4 séances par semaine, dont une un peu plus longue parfois (ou deux sessions dans la journée quand c’est possible) sera prêt le jour de son marathon. Il faudra aussi alterner des éducatifs, de la vitesse notamment pour rompre les volumes importants tout en pratiquant les 4 nages et, le tour sera joué. Car il est important de ne pas chercher à nager 10km à chaque session mais à mieux nager, plus vite et plus longtemps et là les éducatifs et les autres nages sont de précieux atouts.

Avec un volume de 15 km et plus par semaine en moyenne un nageur qui travaillera ses points faibles et notamment la partie eau libre si cela lui pose problème (navigation, aisance dans le milieu naturel…) sera en capacité de finir correctement son premier 10km aidé le jour j par un ravitailleur qui lui tendra une perche et de précieux conseils pour le garder hydraté et motivé. Je reviendrai vite sur la partie hydratation et nutrition pour le 10km car là aussi il y a des erreurs à éviter.

En espérant que l’on soit plus nombreux encore aux départs des 10km cette saison, le premier pour moi aura lieu en mars pour bien attaquer la saison.