Les Classiques estivales du Pays Basque, ou comment bien gérer des courses en mer.

Après avoir débuté la saison d’eau libre en juin et celle de prone paddle un peu plus tôt, il était temps du 13 juillet au 18 aout de faire une pause  ou presque des coupes de France (j’irais nager le combiné de Quiberon fin Juillet) et de se plonger dans les eaux du Pays Basque natal qui offre, au Labourd et au Guipouzcoa  quelques belles traversées. Notez que si je n’ai pas nagé du tout en Biscaye ni dans les lacs qu’offrent les Pyrénées ou les terres intérieures notamment vers Vitoria-Gasteiz ou dans l’Ebre qui borde le sud du Pays Basque il y aussi fort à faire là bas. Je me suis donc limité à des villes de bord de mer ou presque allant de Bayonne à Zumaïa en passant par Zarautz, Saint Sébastien, Hondarrabia et Saint Jean de Luz sur des distances de 1.5 à 5.2km.

Petit tour d’horizon de ce que Euskal Herria a à vous offrir si vous êtes nageur d’eau libre. Et en parallèle quelques techniques spécifiques à la nage en mer car dans ce milieu vous serez confronté aux marées, aux courants, aux vagues et au vent encore plus que dans un lac où l’on tourne souvent sur 1600 à 2500m, ici il s’agira parfois de nager 3000m ou plus en ligne droite dans les éléments avec peu de bouées directionnelles.

La terrain de jeu de cet été 2019, et il reste beaucoup à nager en mer, en lac ou en rivière, je me suis limité au Labourd et au Guipuzcoa

J’ai donc débuté à domicile par la traversée de Baïona (traduire par Bayonne) pour 1500m dans la Nive devant les locaux de l’Aviron Bayonnais, sa section natation organisant cette épreuve pour la deuxième fois. Nous partions avec la marée qui allait nous aider donc durant la moitié du parcours qui consistait en une boucle nous ramenant vers l’embouchure de l’Adour sans toutefois y entrer. Peu d’inscrits, un peu plus de 70 nageurs la plupart en combinaison Néoprène alors que l’eau est chaude et salée donc, car nous sommes à marée montante et que la mer donc rentre dans le fleuve et qu’il fait très chaud au soleil. La première bouée est à 200m à peine de la ligne de départ et nous allons batailler ferme pour ce premier virage, puis la course est pratiquement jouée. J’expérimente ici une première fois dans l’année un retour avec l’aide d’un courant fort qui permet de varier un peu sa technique pour augmenter l’amplitude et la glisse au détriment de la vitesse de bras. Ici un nageur plus long et plus habitué au bodysurf pourra se défaire de ses adversaires en plaçant des coups de bras plus fort et en s’aidant de courts battements de jambes en 2 temps pour s’appuyer sur les vagues et le courant. Ce que je fis pour me hisser à la 11ème place au général et premier en maillot en 22’45 pour 1500m dont la moitié à contre courant. 

La Nive au coeur de Bayonne à marée haute la rivière est donc pleine d’eau salée
Nager devant chez soi un privilège dirait le Maire de la ville

Le lendemain ce sera Traversée de la Baie de Donibane Lohitzun (soit Saint Jean de Luz), aucune idée de l’année de création (année 60 à n’en pas douter) c’est un classique qui se joue tous les 14 juillet et 15 aout, au départ de la plage de Socoa jusqu’à la digue au chevaux sur celle de Saint Jean de luz. Si la veille nous avions droit à des juges arbitres de la FFN, un briefing de course et une arrivée à la plaque digne d’une belle épreuve d’eau libre, ça n’est plus le cas ici. En somme vous êtes un habitué des lieux et vous savez plus ou moins le parcours et les règles sinon ce sera la découverte au milieu de 6500 nageurs, car l’épreuve est très connue et rapide. On termine en courant jusqu’à ligne d’arrivée dans le sable et cela nécessite d’avoir les jambes et donc de les utiliser dans la dernière partie de la natation afin de vasculariser au mieux et de préférer la dynamique de la course à celle de la marche.

Je vais terminer, en combinaison Arena en 22’33 soit 12’’ de moins qu’à Bayonne qui avait 350m de moins sur le papier. Une fois de plus pas la peine de viser un chrono sur cette distance hasardeuse car elle part chaque année à la même heure sans prendre en compte les marées, j’ai déjà mis 26’  sur cette épreuve avec ou sans Néoprène. Ici la Arena Black Carbon m’a vraiment permis de trouver une cadence et une glisse que je n’aurais pas eu sans pour me maintenir proche des premiers aussi en Néoprène. Le gainage « solide » qu’a pu m’apporter cette Arena a vraiment joué dans le très bon chronomètre final.

Je me situe au niveau du troisième rescue paddle alors que les premiers arrivent lors de cette course très rapide, un bon chrono que je dois au prêt de la combinaison Arena Carbon

Le week end suivant, nous avions l’occasion de nous élancer sur les 5200m de la Zarautz-Getaria-Zarautz (étape de la coupe d’Espagne dont le niveau est au moins aussi relevé que celui de la coupe de France mais possède beaucoup plus d’épreuves en mer). Le lendemain  de cette longue distance, près de 3000 nageurs prenaient le départ de Getaria de la 49ème édition, une vraie classique très bien organisée de monisme 3000m qui se termine sur le sable. Nous avions la chance de partir et d’arriver dans l’eau, et de taper un plaque, de nager en pleine mer ,mais le parcours annoncé sur le papier variait largement en réalité et m’empêchait de nager convenablement m’obligeant à attendre un groupe de nageurs qui semblaient mieux pouvoir se repérer pour ne pas rater une bouées à l’écart du parcours. J’ai voulu en effet m’éloigner sur la gauche du peloton de tête pour les garder à l’oeil et placer ma nage un peu seul, mais quand ils ont coopéré et accéléré je les ai littéralement perdu et je ne comprenais pas le demi tour à effectué. J’ai donc attendu, sagement dans un paquet de nageurs moins rapides que j’ai quitté une fois sur le bon chemin proche de l’arrivé dans le port de Zarautz. Une fois de plus je n’aurais aucun mal à augmenter l’amplitude de ma nage pour me séparer de ce groupe qui m’a fait la route sur le dernier tiers du trajet. Mauvais chrono pour moi donc , un repérage à pieds du parcours m’aurait permis de comprendre où se situaient les bouées vertes placées trop proches d’un mur et les rendant peu visibles alors que je les cherchais au milieu de cette crique. Mais il y avait aussi ce choix discutable de vouloir m’éloigner du peloton alors que j’aurais pur bénéficier de l’aspiration et de la navigation. Je boucle donc en 1h17 ce 5.2km mais bien loin du paquet de tête que je tenais pourtant jusqu’à 2000m. 

Une vue d’ensemble de la course et notamment du demi tour devant l’entrée du port de Getaria
A Zumaïa et Bermeo vous pourrez retrouver des paysages connus si vous avez suivi la série Game of Thrones

Je ne vais pas renouveler cette erreur de vouloir nager seul et donc a priori plus confortablement, mais sans profiter du peloton et de son aspiration à Zumaïa lors d’un  3km en mer avec la marée montante pour entrer dans le chenal. Un parcours magnifique au départ d’une des plages qui aura servi aux tournages de Game of Thrones et qui se finit en courant sur le quai à l’intérieur de la ville. La première bouée étant encore placée très proche de la plage (il n’y a aura d’ailleurs que 3 bouées sur le parcours dont 2 à moins de 300m d’écart) il va y avoir une belle bataille pour se placer et nager le long des falaises et flysch qui nous mènent à l’entrée du port où une fois de plus je me fais la belle en travaillant la glisse dans le courant en plein milieu du canal et me laissant pousser par la marée. Un beau parcours, aucun briefing de course mais interdiction de nager en Néoprène comme à Zarautz et partout ailleurs dans le Pays Basque sud,  voire avec une montre ou des bijoux, de l’eau libre à l’état pur. Mais peu de bouées sur le parcours si on connait on sait où aller, si on nage dans le peloton aussi, mais un nageur isolé va perdre pas mal de temps à naviguer. Ici je suis resté dans les pieds de 3 nageurs, une première pour moi qui préfère nager seul, et je les lache dans le chenal pour finir 16ème au général en 38’51 (on sent encore l’effet du courant dans mes chronos). 

Enfin la semaine du 15 aout je vais terminer ce tour du Pays basque par 2 courses dont l’une à Donostia (Saint Sébastien) sur 3000m qui aurait du être une belle traversée un peu à l’image de Zumaïa ou Getaria, et l’autre à Hondarrabia dans la baie de Txingudi qui ne restera pas dans les mémoires.

La Baie de Donostia où se déroule le Paseo Nuevo

Pour la première celle du Paseo Nuevo, nous ne nagerons pas au départ de la plage de Gros mais dans la baie de la Concha pour un plan B compte tenu de la houle. Sur le plan technique je vais devoir, d’une part partir et arriver en courant sur le plage (ce qui va me réveiller au démarrage) mais aussi, rattraper la moitié des nageurs partis dans la vague 2’ avant nous, avec des bonnets verts. En terminant 27ème de cette course et second de ma vague on comprend que j’ai du pas mal naviguer pour trouver un passage notamment au niveau des bouées afin de passer les différents pelotons de bonnets verts à qui je reprenais du temps sur ce parcours en boucle facile malgré une remontée face aux vagues. Je fus le poisson pilote pour la première féminine de ma vague qui s’est mis dans mes pieds à la première bouée et n’en a pas bougé jusqu’à l’arrivée où elle m’a déposé à la course à pieds pour franchir la ligne avec quelques secondes d’avance une belle collaboration car si elle n’a jamais pris un relais elle me motivait en me touchant les pieds. Lors d’un passage dos aux vagues j’ai pu encore pratiquer ce bodysurfing et remonter et larguer une bonne dizaine de nageurs, eux restaient à la même fréquence quand, je travaillais plus en force pour me laisser pousser par le courant et les vagues. 

Le genre de paysage qui vous sera donné à voir pendant la plupart des courses au large au Pays Basque

Traversée de la baie de Txingudi, Hondarrabia, 2.6km avec le courant de la marée descendante, ici ce sera très rapide autant pour le briefing (inexistant) que pour la course (avec un courant énorme sur la première partie) que le compte rendu car à part avoir passé presque une demie heure pour retirer mon bonnet et pu recroiser ainsi des nageurs de Bordeaux ou de Donostia, le reste est à oublier y compris la 25ème place au général.

Donc pour clôturer ce tour du Pays Basque (en sachant qu’il y a encore beaucoup à nager en Biscaye ou en lacs) vous aurez en général une très belle ambiance, un beau parcours ou un plan B en cas de houle trop forte, des vagues, un niveau élevé et du fair play, un briefing d’avant course parfois très sommaire, un beau tee shirt et un bonnet dédié (en finale de coupe de France on repart sans aucun de ces 2 goodies) pour Zumaia et Getaria un catering qui vous aura préparé des pintxos chaudes ou froides pour vous donner envie de flâner après chaque course dans les ruelles des vieilles villes du Pays Basque.

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Test du Dial (Dispositif Individuel d’Alerte et de Localisation) de la SNSM

La récente discorde sur le restube, mais aussi les chiffres de noyades en France notamment tous les étés nous rappellent que nous évoluons en milieu ouvert et finalement hostile ou du moins dangereux pour l’homme que ce soit en rivière, en lac ou en mer. Il existe bien des équipes et des moyens de sauvetage dédiés mais encore faut il pouvoir les joindre une fois en pleine mer et en maillot de bain quand on est pris d’un malaise alors qu’on voulait nager 3 ou 4000m le matin à la fraiche avant que les MNS n’arrivent sur la plage.

Au delà de la bande des 300m où le nageur s’aventure parfois à ses risques et périls (je parle pour moi essentiellement) c’est le CROSS ou centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage qui assure la mission de coordination en matière de sécurité et de surveillance des activités maritime dont l’eau libre fait partie (en faible proportion mais elle n’est pas à négliger aux côtés du Kite surf, du windsurf, de la pirogue, du prône ou du Stand up paddle qui se développent énormément).

Pour la France donc les CROSS sont au nombre de 7 dont 2 en Outre Mer, ils relèvent des directions interrégionales de la Mer et disposent de tous les moyens disponibles en mer ou dans l’air dont l’ensemble des navires civiles sur zone mais aussi les navires et appareils de l’armée de terre et de la Marine Nationale ainsi que de la Société nationale de sauvetage en mer (SNMS).
Et justement cette dernière qui ne fonctionne qu’avec des bénévoles à travers tout le territoire a voulu s’adapter à ces nouveaux utilisateurs de la mer afin de les retrouver plus rapidement et aussi d’éviter les fausses alertes.
Ils ont donc fait développer par Io-Data une entreprise de la région lyonnaise spécialisée dans les objets connectés, un bracelet qui s’appelle Dial pour dispositif individuel d’alerte, et celui-ci nous intéresse en tant que nageur d’eau libre. Il ne s’agit pas d’une montre GPS il n’affiche aucune donnée, pas même l’heure mais dialogue avec l’utilisateur par système de vibration. On l’allume ou le déclenche par une pression plus ou moins longue et il répond par une vibration différente selon qu’il se met en fonctionnement, s’éteint, capte un signal ou bien déclenche une alerte (courte vibration toutes les 2 secondes que l’on peut pas ignorer).

Le bracelet en question, un peu plus volumineux qu’une montre GPS.

Le bracelet est étanche jusqu’à 10 mètres (donc non adapté à la plongée), dispose d’une autonomie de 12 heures maximum (en fonction du niveau de réception du signal et sur une base d’une localisation toutes les minutes).  Plutôt pensé pour les utilisateur d’engins évoluant au large qui ne pourrait pas rentrer suite à un problème technique et qui vont attendre les secours sur leurs planches nous sommes aussi en tant que nageurs d’eau libre destinés à ce genre de dispositif car il peut être bien utile face à un problème qui ne nous permettrait pas de revenir dans la zone des 300m ou de continuer à nager tout simplement à condition de pouvoir attendre les secours, le Dial se contentant d’envoyer la localisation de son possesseur et le trajet effectué.

Le porteur du bracelet est en difficulté, il capte le réseau GSM 2G ce qui est très courant en bord de mer (et jusqu’à 10 milles nautiques) à la condition qu’il puisse maintenir son poignet ou le bracelet en dehors de l’eau. Le système qui fonctionne déjà dans 36 pays européens et qui va se connecter automatiquement au meilleur réseaux disponible, va déclencher une alerte qui lui sera confirmée par cette vibration récurrente. Dès lors le référent qui dispose d’un smartphone connecté au réseau, et de l’application DIAL, et en passant, de suffisamment de batterie, reçoit l’alerte et donc la localisation du bracelet. Il doit donc appelé le CROSS grâce à une interface dédiée qui permet au secours de prendre en compte cette alerte et de déclencher tous les moyens nécessaires pour cette personne en danger, dont, pourtant, personne n’est témoin direct de sa difficulté. La SNSM appareille en moins de vingt minutes et dans le cas présent devrait être encore plus efficace en étant capable de localiser le naufragé et de ne pas sortir sur une fausse alerte.

La procédure en dessin, l’utilisateur, le référent et les sauveteurs, toute une chaine qui ne fonctionne qu’avec des bénévoles au sein de la SNSM

Enfin dernière option on peut définir un périmètre en dehors duquel le bracelet va automatiquement lancer une alerte, un peu comme pour surveiller son chien avec des GPS dédiés. On en revient à de la vieille tactique militaire de la périphérie, périmètre et du compartimentage afin de se sécuriser.

Les concurrents possible :
Oublions le live tracking proposé par Garmin qui oblige le porteur d’un GPS de la marque d’avoir un téléphone connecté en Bluetooth à ses côtés, si le dispositif fonctionne bien en montagne notamment pour le mountainbike c’est plus compliqué (mais faisable) en natation, surtout pour avoir accès au téléphone afin de déclencher les secours.
Il existe de nombreuses différentes balises personnelles étanches. Que ce soit les  MOB1 rescueME ou de type ResQlink+, cette dernière dispose d’un positionnement GPS grâce à un signal de 406 MHz et une capacité de déplacement de 121,5 MHz – le ResQlink+ relie rapidement et précisément votre position à un réseau mondial de satellites de recherche et de sauvetage. Une lumière stroboscopique intégrée offre une visibilité lors des sauvetages nocturnes. Cette dernière option est plutôt très bonne, mais on un peu moins destinée à des nageurs qui a priori vont évoluer en plein jour sans brouillard.

Le ResQlink+, une alternative pour les sports nautiques, pour la nage il faudra l’installer sur une bouée.

Le système reste de la taille d’un ancien téléphone et n’est donc pas facile à transporter sur soi en nageant (il n’est d’ailleurs pas prévu pour cela), au mieux à placer sur une bouée à tracter derrière soi. Une fois de plus ce type de sac étanche flottable permet d’emporter pas mal de choses essentielles en cas de besoin dont un peu d’eau et pourquoi pas une balise de localisation en plus de ses vêtements et autres clés. Ici on dispose donc d’un kit balise et sac orange permettant de flotter (même si le sac en question ‘es pas un dispositif de secours et de flottaison adapté) en attendant les secours.

Il existe enfin un bracelet dont le design est très, très proche du Dial, le Sea tags, qui lui se déclenche automatiquement en cas de chute dans l’eau ou sur pression du possesseur et qui déclenche un alerte et une localisation sur le smartphone des équipiers dans un rayon de 100m, car celui-ci se destine surtout on l’aura compris au navigateur et moins aux nageurs. Pour autant les similitudes sont nombreuses avec l’objet désigné par P Starck, même couleur, même type de silicon et système de fermeture identique, il enveloppe toutefois un boitier plus petit et donc moins gênant au poignet.

Contraintes du Dial :

Le premier point étant bien sûr qu’il faut et c’est une évidence que vous et votre référent captiez du réseaux téléphonique, lui de la 3g pour que l’application tourne (à défaut du Wifi) et pour le possesseur du bracelet que le système dispose de suffisamment de crédits et qu’il capte de la 2G.
Une fois dans l’eau au niveau 0 donc il n’est peut être pas si facile que cela de recevoir le réseau sur la puce Sim multi opérateurs dédiée installée dans le boitier, mais pour l’instant je n’ai pas souffert de perte de signal. Notez que la mise en route du boitier peut être assez longue surtout la première fois et qu’il met un peu plus de temps que votre montre à se localiser.

Le tarif est très correct pour un tel accessoire de sécurité et si l’on regrette un bracelet en silicone un peu moins souple que ceux des montres GPS, et un boitier plus épais aussi, cela ne gêne en rien lors de la nage, j’ai même testé en piscine où l’on noterait très rapidement les désagréments notamment lors de la touche au mur ou de la relance post culbute si cela ne tenait pas, mais rien de négatif à ce niveau là, juste un système d’attache moins conventionnel mais efficace malgré tout.

Pour la photo la personne à sauver est en combinaison de plongé mais en réalité le dispositif n’est pas adapté à cette pratique, le boitier n’est étanche qu’à 10m

Pour le reste si les débuts ont été difficile pour enregistrer son profil sur l’application (il s’agissait des premiers pas du dispositif) le fonctionnement est assez simple et l’interface très claire. Le boitier recharge ses batteries par induction avec une petite plateforme et se connecte facilement au téléphone, il dispose d’une batterie suffisamment efficace pour l’emmener en week end et faire plusieurs sorties en mer sans avoir à s’inquiéter de sa charge. Enfin il est livré avec 80 heures de localisation et une dizaine de sms prépayés mais je rappelle ici que l’on peut recharger facilement pour 25€ et 100 heures de localisation. Reste à savoir l’efficacité dans le temps et la sécurité de l’objet connecté contre des attaques extérieures.

Pour ma part je procéderais ainsi, partir avec un référent et en se renseignant toujours auprès d’un poste de secours s’il en existe un avant de plonger, afin de connaitre les courants, les marées, les obstacles et la météo. Se munir d’un sac étanche que l’on tire derrière soit pour être visible des autres utilisateurs notamment ceux munis d’un moteur. Avoir dans son sac des vêtements et une paire de chaussures pour pouvoir marcher et être couvert du vent si l’on devait sortir loin du point d’entrée et rentrer à pieds. Faire un test d’activation du dispositif bracelet et smartphone du référent pour être sûr que le signal passe bien. Enfin ne jamais se surestimer et ne pas chercher à nager contre le courant et trouver rapidement un point de repli ou un itinéraire bis si le parcours d’origine est trop dangereux (bateaux, courants, hauts fonds…). À la sortie de l’eau, remercier les personnes que l’on a sollicité pour ce suivi depuis la plage (secouristes) ou depuis son smartphone afin de rassurer et pouvoir faire un bilan de ce qui n’a pas fonctionné. Ainsi lors de ma première sortie je pensais avoir un cracking en temps réel alors que mon référent n’aura reçu que le point de mise en route de mon bracelet et son extinction, sauf déclenchement d’une alerte il ne savait pas où j’étais. Cela fait une économie de crédit certes mais il vaut mieux en mer pouvoir rassurer aussi ses proches par une simple consultation d’un point sur une carte afin de comprendre que l’on est bien sur le retour vers la plage après une heure et plus de nage quand on a un peu trainé dans l’eau.

3 nageurs que l’on distingue très peu en haut (avec un restube) mais bien mieux grâce à leurs bouées de signalisation.

En tant que sauveteur, que pratiquant de prone paddle board ou nageur d’au libre je valide donc ce petit bracelet et surtout le fait que cela soutienne la SNSM en lui dédiant une petite partie du prix d’achat. enfin pour soutenir ma station locale de la SNSM je réaliserai une belle traversée de 20km en Septembre de Saint Jean de Luz à Anglet pour relier symboliquement les stations qui officient sur cette partie de la côte basque toute l’année. si vous voulez les soutenir vous pouvez faire un don :
https://don.snsm.org/soutenir

Test de la combinaison Arena Powerskin carbon black

Il est toujours délicat de traiter de combinaison Néoprène sur un blog dédié à l’eau libre quand, pour les puristes il s’agit uniquement de nager en maillot et que ce fut même la règle jusqu’à récemment, mais que le grand public et que certains triathlètes ne jurent que par le Yamamoto pour faire 1900m dans une eau à 23°C. Je me permets de rappeler ici, que si la température de l’eau va effectivement entrainer une certaine hypothermie et que ce processus est propre à chacun, l’eau chaude et au moins aussi dangereuse. Au delà de 31°c les compétitions sont interdites car le corps ne pourra pas se rafraîchir et c’est important, il faut donc accepter d’avoir un peu froid au début et surtout de s’acclimater sur des périodes plus ou moins longues, dès lors, de ne pas partir avec une idée préconçue sur l’impossibilité pour son corps de s’adapter au frais voire au froid. Rappelez vous qu’il n’y a pas si longtemps des traversées longues et officielles se faisaient en maillot dans une eau à moins de 16°c. 

Mais revenons à nos combinaisons qui sont désormais imposées dès que la température (dont la méthode de captation n’est pas très claire) de l’eau se situe sous les 18°c mais sont déjà optionnelles sous les 20°c et qu’en triathlon on prend le risque de nager à 23.9°C avec un Néoprène sur le dos quand bien même l’air ambiant serait à plus de 30°c ce jour là. La différence air/eau est rarement traitée mais elle est aussi un facteur déterminant pour le choix de sa tenue le jour d’une course. 

Et concernant mon passif avec le Yamamoto j’ai eu l’occasion de nager depuis quelques années avec notamment des Aquaman, Zerod, Orca, Tyr, Zoot et autres depuis des années je pense savoir ce qu’il me faut pour ne pas trop souffrir dans l’eau avec un Yamamoto sur le dos. Ayant au programme de ma saison une étape en mer de 7.5km lors du défi quiberonnais où la combinaison est obligatoire, je proposais donc à Arena de tester leur combinaison et d’en faire un compte rendu ici le plus simplement possible. Je recevais la combinaison un jeudi de juin, et le samedi suivant, j’étais à Paris pour l’Open Swim stars où j’étais engagé sur le 10km puis le 2km le lendemain. Ce fut l’occasion de découvrir la Powerskin carbon black wetsuit  le nouveau modèle 2019 dans de l’eau douce.  Je précise donc que je n’ai aucun contrat avec Arena qui m’a prêté son modèle haut de gamme pour participer à quelques compétitions estivales et en faire un compte rendu sur ce blog que vous êtes nombreux à suivre. Vous pouvez retrouver le modèle ici :

Si j’avais le modèle noir intégral on voit bien la maillage en carbon sur cette image, cela facilite le gainage dans l’eau.

Première étape de quoi est elle constituée : 

Pour ce qui est de sa composition c’est du Yamamoto comme toutes les autres combinaisons de triathlon ou d’eau libre depuis des années, et dans le cas de de cette Arena vous n’aurez pas été insensible au terme de Carbon car c’est bien la matière qui lui a été ajouté par un maillage qui vient stabiliser le corps dans l’eau et surtout à mon sens le gainer. Ce gainage est essentiel pour aller vite (à la surface) mais droit également en alignant les pieds et la tête dans la bonne direction. Arena parle ici de Yamamoto Aerodome qui apporterait un maximum de flottabilité, et en cette matière je pouvais être un peu dubitatif car ce n’est pas ce que je cherche n’ayant pas naturellement les pieds qui coulent . Enfin les épaisseurs vont au maximum de 4.5mm sur le ventre et les jambes à 1.5mm sur les bras et les épaules en se limitant à 3mm sur le dos et l’arrière des jambes. Elle dispose d’un sytème de fermeture à glissière inversé  pas toujours facile à maitriser seul.

Mes points de référence en la matière : 

Des Yamamoto 39 et 40 de milieu et haut de gamme de marques de natation ou de triathlon qui proposent des modèles allant de 400 à 750€. Ma préférée étant la Orca Alpha car elle sa coupe ne descend pas trop sur les jambes ou les bras et que les épaules sont fines, extrêmement fine avec seulement 0.88m, mais dans une matière finalement peu extensible. En contre partie, la combinaison n’est pas chaude mais reste tout de même très fragile j’ai du la recoller à de nombreux endroits… Par ailleurs si les Zerod et Tyr se mettaient sans problème, la Orca ne glissait pas aussi bien dans un sens ou dans l’autre ce qui contribue aussi à l’abimer notamment en compétition de triathlon lorsque l’on est en mode transition 1. 

L’intérieur, les coutures, les collages et notamment cette matière finalement facile à enfiler.

Choix de la taille et enfilage : 

J’ai chois une taille L, donc a priori plus petite que celle à laquelle je pouvais prétendre, l’objectif étant de retrouver cette absence de tissu sur les chevilles et de bien dégager l’avant bras pour plus de sensations. Ici la black carbon s’enfile sans frottements et sans retenue elle glisse, une fois fermé le zip inversé (pas facile à faire seul toutefois car la protection de la glissière vient souvent se faire mordre) on est bien gainé et pas serré. Pour mes 1m90 et 85kg elle est parfaitement taillée.

Les points sensibles : 

Ils sont souvent nombreux, il y a d’abord le changement de la position dans l’eau à cause de le propension à faire trop flotter les jambes et donc d’induire un mal de dos et un manque d’efficacité des pieds qui ont tendance à ressortir de l’eau dans un battement que l’on ne sent plus. Ici je ne souffre pas de cette remontée des pieds à la surface c’était déjà le cas avec la Orca, mais cette dernière parfois me grattait ou me frottait au niveau du cou. Ici on aborde le point noir du Yamamoto, le côté obscur quand le lundi matin votre nuque est marqué pour quelques semaines par des brulures à la base du cou ou plus haut presque dans les cheveux. En réalité nous avons ici deux problèmes courants sur la plupart des designs de combinaison qui ne peuvent empêcher que le néoprène viennent en contact avec la peau et à chaque rotation de la tête lors de la respiration notamment dans un élément salé, viennent brûler l’épiderme doucement mais surement. Enfin une autre gêne pouvant survenir à l’endroit même de la fermeture éclair et du Velcro qui se rabat dessus qui peut avoir tendance à venir en contact avec l’épiderme entrainant des rougeurs ou plus ou un simple désagrément lors de la nage.

Après 25km en eau libre la combinaison n’a pas souffert et mon cou non plus, deux points importants dans le choix d’une néoprène.

Voilà donc pourquoi je préfère toujours nager en maillot afin de ressentir mieux l’eau et les appuis, ne pas souffrir de brulures, ne pas avoir une nage moins naturelle et éventuellement un mal aux lombaires. 

Autant dire que je ne pars pas convaincu du bienfait des néoprènes ni sur le fond ni sur la forme. Pour autant il m’arrive de faire des kilomètres en hiver avec en eau froide ou simplement un matin sous la pluie quand j’ai froid ou que je nage seul pour optimiser ma sécurité ou que je nage avec des nageurs plus lents que je vais devoir attendre voire assurer leur sécurité. Je ne suis pas hostile à l’objet en soi s’il était confortable, pas trop cher et durable (je pourrais rajouter écologique). C’est un vêtement technique pratique mais dont l’utilisation en compétition devrait faire l’objet d’une révision.

Les premières sensations :

Dès le premier essayage la Black Carbon d’Arena va se révéler être bien différente de ces expériences passées. Je pensais trouver une combinaison souple certes mais pas aussi confortable aux épaules que ma Orca Alpha qui affichait 0,62mm moins de matériel à ce niveau. À peine enfilée et déjà parti pour un 10km que je bouclerais en 2h24 soit une 7ème position sur une centaine de nageurs, je me sens immédiatement bien, malgré quelques pertes de sensations sur les appuis des bras la combinaison va me propulser comme le lendemain sur le 2km parmi les meilleurs nageurs en me faisant gagner de précieuses secondes au 100m. 

Se sentir frais après plus de 7km dans l’eau fraiche et pouvoir courir facilement pour rejoindre l’arrivée avec le sentiment d’une mission bien accomplie

Concernant la souplesse des bras et la sensation d’appui je rappelle que les combinaison sans manche ne sont pas homologuées en compétition, il faut donc obligatoirement en nage en eau libre disposer d’une intégrale complète. Mais revenons à notre Arena, pour laquelle je n’avais mis aucune « protection » autour du cou pour ce premier test en eau douce et où aucun désagrément n’est apparu sur ces 12km dans le canal de l’Ourcq.  Ni tour de cou en silicone ni vaseline ou autre graisse ça pouvait être délicat mais en enfilant la combinaison je sentais que l’encolure était basse et confortable que la matière si elle était proche du corps et ne faisait pas entrer d’eau ne tirer pas sur la peau. Je prenais un risque mais en eau douce sur ces compétitions à plutôt bonne intensité je n’ai ressenti aucun problème, aucune rougeur ou frottement au niveau de la fermeture.

Une première place sur le 2km de l’open swim stars en catégorie d’âge que je dois à ce morceau de néoprène on ne va pas se mentir, au départ en maillot je n’avais aucune chance.

Je me devais donc de tester ce néoprène en eau salée ce que je ferais un mois plus tard sur la très rapide mais courte traversée de la baie de saint jean de Luz, 1850m annoncés qui se gagnent en moins de 20 minutes et sur laquelle je termine 20ème en 22 minutes. À nouveau aucune protection autour du cou ou ailleurs, j’enfile la Arena avec des gants de vélo pour ne pas la marquer elle ne souffre d’aucune blessure pour l’instant et je la fait fermer par quelqu’un car ce matin là je n’y arrive pas seul. Enfin, je vais terminer mon test grandeur nature sur les 3 et 7.5km des défis quiberonnais dans une eau plus fraîche et sur un parcours magnifique où la combinaison est obligatoire. Toujours pas de produit autour du cou et un gainage appréciable pour nager droit et garder un cap et terminer en 1h38 cette distance en pleine mer dans les pieds de très bons nageurs. Aucune fatigue au niveau des bras ou des épaules je peux terminer en forçant et en augmentant la fréquence, la seule limite vient du nageur pas du matériel. Je nage plus vite qu’en maillot, je ne ressens pas du tout le froid présent au 4ème kilomètre et je souffre un peu du chaud qui suivra pour nous ramener au port Haliguen, aucune fatigue et toujours aucune rougeur.

Voilà ce que j’appelle poliment rougeur, le résultat d’une eau salée, d’une intensité dans la nage, d’une matière trop irritante et d’une mauvaise coupe dont souffre pas mal de nageurs dont mon camarade après Quiberon…

Les résultats dans l’eau : Elle va vite, elle ne blesse pas, elle gaine bien, elle est bien coupée, elle est hyper souple aux épaules donc j’avais tous les atouts pour faire 2h24 au 10km de l’open swim stars ou encore 1h38 sur le 7.5km de Quiberon. 

À l’heure du bilan j’ai été bluffé par la qualité des matériaux, la bonne tenue (après 4 compétitions seulement on verra sur le long terme) du néoprène et sur l’absence totale de frottement. J’ai nagé clairement plus vite qu’en maillot (voilà pourquoi il faut revoir les règlements en la matière pour que les nageurs soient à pieds d’égalité) et j’ai bien ressenti la glisse qu’une telle technologie permet en eau douce calme aussi bien qu’avec des vagues dans le dos sur le parcours breton  en pleine mer. De tous les modèles que j’ai pu tester au cours des dernières années elle est clairement au dessus et si les bras sont plus épais que sur le haut de gamme de Orca, la souplesse est pourtant au rendez-vous comme quoi les chiffres, ça ne fait pas tout. À ce stade, après 25km en eau libre, aucune critique à part peut être sur la durée de vie mais ça je vous le dirai avec le temps.

Débuter en eau libre, aborder sa première compétition.

J’aborde souvent des détails très techniques de l’entrainement et des projets ou des compétitions qui sans être hors normes paraissent simplement hors de portée à bon nombre de nageurs que je croise tout au long de l’année. En parallèle je vois que les épreuves grand public comme l’Open Swim Stars ou dans son sillage les Aqua Challenge de la fédération française cherche à promouvoir cette discipline et dispensent souvent des conseils voire des entrainements afin de pouvoir se sortir de sa première épreuve. À ce niveau là la fédération de natation ne propose pas grand chose de qualitatif avec des sessions de 1500 à 1700m pour un niveau confirmé qui s’apprêterait à se lancer sur un 5000m cet été.  Face à cette demande accrue et à mon sens au manque d’informations pertinentes sur la question vis à vis de ce public débutant ou en provenance d’une autre discipline comme le triathlon, le trail, le ski de randonné ou autre, il me semblait bon de faire un rapide présentation à l’attention de ces futurs nageurs d’eau libre qui en sont encore au stade de la recherche sur internet afin de se lancer dans le grand bain.

Le choix du lieu et de la distance :

En dehors du choix de la date et de la localisation qui restent totalement personnel, je souhaite me pencher sur la stratégie à adopter pour ses premières courses. Va t-on se plonger dans un lac, une rivière ou en pleine mer, à quelle température, avec ou sans Néoprène et sur quelle distance?

Le choix du milieu est important, un lac n’est pas forcément froid contrairement à pas mal de rumeurs, mais pas pour autant calme car il peut y avoir du trafic maritime et du vent. En mer on peut se retrouver à chercher des bouées très éloignées du bord et à devoir naviguer en se fiant au reste de la meute ou à des immeubles et autres détails au loin sur la côte, l’eau salée va irriter plus vite aussi autour du cou et des bras notamment pour ceux et celles qui voudraient se lancer habillés.

En pleine mer, en lac ou en rivière, en combi ou en maillot beaucoup de possibilités et de facteurs bien loin de vos conditions d’entrainement en piscine.

La distance à nager le jour J va dépendre de ce que vous pouvez nager chaque semaine ou en une fois sans être totalement détruit. À la différence des conseils de la fédération je ne vous dirigerai pas vers un 5000m ou vous considérerai comme confirmé si vous faites 3 sessions de 1700m par semaine, donc si votre volume hebdo ne dépasse pas votre objectif en compétition passez votre chemin, entrainez vous à raison de 3 à 4 fois par semaine sur une distance totale de 10 à 12000m et là oui le semi marathon (équivalent de l’effort en course à pieds qui parlera à beaucoup de novices en eau libre). Si votre entrainement compile en plus des sprints, de la distance en aérobie et de la technique (notamment spécifique à l’eau libre avec par exemple de la respiration type water polo et autres) vous êtes selon mon expérience tout à fait capable de vous lancer sur ce type d’épreuve grand public. 

Reste une condition à satisfaire celle du temps limite que la compétition vous propose c’est souvent un grand mystère jusqu’au briefing de départ et j’ai vu des nageurs se faire sortir de l’eau en coupe de France à moins de 500m de l’arrivée sous prétexte que le temps était dépassé. Pas forcement la meilleure voie pour développer la discipline et encore moins très compréhensible quand e public master débutant dans l’eau libre ne finira jamais à moins de 30 minutes de jeunes nageurs évoluant en coupe de France, des épreuves qui pourtant si on en croit le DTN ne sont pas du haut niveau. Je veux bien le croire quand ce même entraineur nous poste des entrainements de la semaine à moins de 2km par session pour ce public confirmé. Donc au moment de faire votre choix ne vous lancez peut être pas sur une épreuve ayant un label coupe de France mais préférez une organisation grand public qui saura vous accueillir dignement et pourquoi pas vous remettre une médaille à l’arrivée.

Choisissez un milieu qui vous parait le plus sympathique possible, la météo y fera pour beaucoup et ne sous estimez pas un petit lac au coeur de la France ou une rivière, les épreuves sur la côte méditerranéenne sont souvent des lieux sous au Mistral et donc à l’annulation ou modification de course et le rendez vous d’un public de nageurs vraiment confirmés.

Le choix de l’équipement.

Le choix du Néoprène dépendra malheureusement de la prise de température de l’organisateur le matin même, mais soyez prêt à nager sans pour vous sentir plus libre et ne pas finir en hyperthermie si le soleil tape. Soyez prêt à débuter une épreuve en ayant un peu froid, lorsque vous partez courir il s’agit du même phénomène, vous aurez froid au tout début puis votre corps va se réchauffer et vous serez parfaitement disposé à réaliser un effort sans étouffer. La température de l’air est donc au moins aussi importante que celle de l’eau.

Si vous partez en eau salée avec un maillot ou une combinaison un tant soit peu serrée, alors utilisez de la vaseline pour éviter les frottements sur le cou ou sous le bras, voire sur les tétons. Enfin s’il fait beau ne sous estimez pas le pouvoir du soleil sur votre peau et protégez vous, même si vous êtes immergés.

Soyez plutôt vigilant sur le type de lunettes que vous allez porter, un écran clair ne facilitera pas la vision s’il y a du soleil et la buée est à éviter donc lavez bien vos montures au savon avant le départ et n’y mettez pas vos doigts, sinon ce sera le Fog anglais qui vous emmènera dans la mauvaise direction. Choisissez une paire confortable si jamais vous envisagez de vous placer dans une mêlée et de prendre des coups de pieds, de poings et de coudes ou autres pendant votre trajet…

Avant votre départ passez par la case échauffement en partant du bas du corps et en remontant dans le but de vous assouplir et de vous faire monter en température et de vous étirer le dos et les bras le plus possible en insistant aussi sur la nuque. Inutile de courir ou d’imiter une éolienne ou un moulin, des rotations lentes devraient préparer au mieux vos articulations et pour vous faire monter le cardio avant le départ vous pouvez utiliser des mouvements plus efficaces et moins brutaux. Le but étant que vous soyez prêt 10 à 15 minutes avant le départ sans avoir pu nager et donc en capacité d’écouter le briefing de course en vous maintenant au chaud et parfaitement capable de nager vite dès le départ pour vous extraire du paquet.

Au départ était la mass-start.

Car c’est bien ce qui vous empêche de vous inscrire sur une course d’eau libre avec la distance à nager, le départ en mode mass-start comme les triathlon de ma jeunesse avant que des fonds d’investissements ou des gens du marketing décident qu’il fallait partir par vagues et ne plus faire une course ensemble depuis le début et donc ne plus rien comprendre à sa position dans la course… En eau libre on est au départ en ligne (virtuelle) sans toucher le fond et en attendant le son du clairon pour attaquer un 3, 5 ou 10km en visant une bouée que l’on distingue à peine au loin, ou au contraire beaucoup trop proche et où l’on sait que ce virage va être un triste spectacle pour l’humanité, les droits de l’homme et du nageur… 

Si en eau libre vous partirez dans l’eau, en triathlon ça débute souvent par un bon sprint sur le sable.

Enfin heureusement cette année encore vous partirez dans un bouillon plus ou moins grand en fonction de votre distance et de la popularité de l’épreuve choisie, une fois de plus le Monte Cristo cette année ce sera 800 à 900 partant en mer, mais le lac de Saint Pardoux sera bien plus calme, y compris pour moi qui part dans les premiers et qui aime bien se frotter sans pour autant donner ou prendre des coups.

Choisissez bien votre position au départ plutôt sur un côté, plutôt à l’arrière, qui sera mon choix sur une traversée de la baie de Saint Jean de Luz, une épreuve très courte de 1850m car sur les premiers mètres au départ de Socoa certains jouent leurs vies ou partent très vite mais par expérience trop vite et en passant se placer au mieux dans l’axe de l’arrivée se montent les uns sur les autres alors qu’en étant plus prudent à l’écart de cette meute, mais bien échauffé et sûr de mon parcours (les bouées d’entrées au 300m sont plus importantes que le reste) je termine dans le top 20 en doublant pas mal de nageurs qui ont du se faire peur et mal.

À ce stade quoi de mieux que vous conseiller d’ignorer toute forme de pression et de nager selon votre allure en cherchant à bien poser votre nage sans partir trop vite et en vous amusant.

Pas facile de s’y retrouver, à vous de rester dans votre course et de gérer votre allure selon votre niveau et la distance.

Car il faudra gérer la distance et son allure, ici c’est l’entraînement qui va conditionner cela et votre capacité à maintenir de la vitesse sur de longues périodes et en parallèle le travail en aérobie pour développer votre endurance fondamentale. Donc avoir fait des sprints sur 25 ou 50m tout au long de l’année ne vous servira pas à grand chose si vous n’avez jamais pu faire 1500m à allure souple non stop où 3×500 à allure de course avec peu de repos entre chaque répétition pour habituer votre corps à affronter le coup de moins bien que vous allez connaitre, plus ou moins tôt en fonction de votre préparation.

J’ai cette habitude de partir trop vite du fait de l’envie de bien faire mais si je double, passé les 500m, beaucoup de nageurs c’est mauvais signe pour eux, logiquement je devrais plutôt être rattrapé au fur et à mesure de mon ralentissement par des nageurs plus stable et capable de maintenir une allure plus longtemps que moi. Donc ne partez pas trop vite ce léger gain va peut être provoquer un ralentissement plus important que si vous aviez maintenu une allure moyenne sur toute la distance. C’est votre première course, vous ne visez pas un podium alors partez bien échauffé mais tranquillement. La course ne s’arrête pas à la première bouée il faudra nager et nager encore pour venir toucher la plaque.

Nagez souple mais nagez droit.

Le reste de mes conseils vont être plus compliqué à appliquer si vous n’avez aucune notion d’eau libre, des virages et de la lecture des courants et autres vagues. Car en milieu ouvert sauf à devoir nager tout droit d’un point A à un point B sans passer par des bouées il faudra jouer avec un grand nombre de paramètres dont la navigation mais aussi le drafting. 

Nager en peloton ou pas ne vous épargnera pas de naviguer au mieux.

J’organisais au Liban une traversée dans la largeur de la Baie de Jounieh et sur 3000m la plupart des nageurs partaient bien trop à droite ou à gauche sans être capable d’évoluer si au mieux avec les courants et les vagues, au moins tout droit vers le point d’arrivée. Ils pensaient toujours faire face à l’énorme immeuble qui nous servait de point de repère quand le corps et notamment leurs pieds n’indiquaient plus depuis longtemps le point de départ, ils ne dessinaient pas une ligne droite mais bien une grande courbe qui leur faisait nager 10% en plus de la distance à tel point que les compétiteurs étaient persuadés que la distance réelle est de de 3300m.

Donc si vous voulez nagez vite, nagez moins que le paquet et évitez vous des détours et autres déperditions voire éliminations en ne passant pas autour des bonnes bouées. Regardez aussi souvent que possible la direction que vous visez et restez gainé dans l’eau pour tenir votre cap.

Enfin si vous souhaitez vous économiser (pas en navigation) vous pouvez opter pour une aspiration dans un peloton de nageurs qui comme en vélo s’ils vous encadrent vont vous faciliter la tâche et donc vous épargner un peu d’énergie. En eau libre vous ne pouvez pas drafter comme en triathlon car si vous gênez le nageur de devant qui peut chercher à s’éloigner de vous, vous pourriez être sanctionné d’un carton jaune voire rouge si vous êtes récidiviste. Dans tous les cas si vous collaborez avec un ou des nageurs essayez de prendre des relais ou au moins de ne pas toucher l’autre nageur et de pas le bloquer à une bouée alors qu’il vous tracte depuis 2000m.

Aux bouées justement c’est tout un art de tourner et de ne pas se faire rouler dessus ou enfermer, si vous êtes de ceux et celles qui sont partis au plus large et en dernière ligne vous appliquerez une méthode dite du virage au large pour ne pas connaitre le phénomène précité à chaque changement de direction. Sinon il n’y aura pas, a priori, de virage à plus de 90° (si c’est le cas pensez à ne tourner qu’à un bras et tendre le membre intérieur pour vous protéger de la bouée et des autres concurrents), et un court passage sur le dos ou un peu de contorsion et ce passage technique ne sera qu’un jeu d’enfant où l’on perd ou gagne souvent quelques places, si vous ne jouez pas le chronomètre une fois de plus soyez intelligents et prenez le temps. Si je me permets de vous conseiller de passer sur le dos lors des virages c’est aussi une bonne technique pour récupérer ou pour remettre ses lunettes en évitant de passer en brasse ou de stagner à la verticale qui pourrait vous amener à vous faire percuter par un nageur et surtout vous faire perdre de l’énergie et de la vitesse.

Vous arriverez loin derrière les nageuses élites et ça vous fera méditer sur le sexe fort, un bon point pour l’humanité.

Si vous nagez face aux vagues il faudra surement réduire un peu l’amplitude et augmenter la cadence de bras, en cherchant à vous orienter quand votre tête arrive dans le haut de la vague que vous croisez histoire de voir autre chose que de l’eau. À l’inverse avec une houle dans le dos vous pourrez pousser plus, façon bodysurf pour progresser avec l’onde naturelle en cherchant à glisser sur chaque bras et en vous aidant des jambes.

Pour ce qui est du courant si vous ne connaissez pas l’endroit, la marée et les rivières alentours regardez le plan d’eau avant le départ mais surtout prenez des infos auprès des nageurs locaux et dans une rivière vous pouvez aussi éviter de nager contre le courant et trouver des endroits où il sera moins contraignant, l’eau est déjà 800 fois plus dense que l’air pas besoin d’en rajouter…

Vient enfin l’arrivée, du moins la vision de cette ligne d’arrivée qui est constituée bien souvent d’une plaque qu’il faudra frapper avec la main porteuse du transpondeur que bien des triathlètes portent à la cheville par habitude, et qui auront bien plus de mal à apparaitre dans le classement officiel à défaut de pouvoir valider leurs chronomètre. La fatigue aidant il est bien plus difficile de venir claquer cette plaque qu’il n’y parait car elle semble avance au même rythme que vous dans les derniers mètres et na jamais vouloir se laisser rattraper. Soyez intelligent ici encore et poussez avec les jambes un peu plus fort en cherchant à ne pas trop maltraiter la technique naviguez bien pour ne pas rater l’entonnoir d’arrivée et essayez de sprinter s’il vous reste un peu d’énergie, sinon terminez au mieux en cherchant de la glisse et avec le sentiment du travail accompli. S’il s’agit d’une sortie terrestre pour passer une ligne comme en triathlon alors ne négligez pas les jambes afin de pouvoir vous porter après cet effort à l’horizontal, en augmentant la cadence de battements et en nageant le plus loin possible pour ne pas avoir à courir avec de l’eau jusqu’à la taille…

L’eau libre est un sport magnifique et si vous êtes un nageur moyen vous y trouverez un sentiment de liberté et de belles amitiés pour peu que vous ayez en club un entrainement minimal pour nager cette distance sans problème.

Passage sérieux à la très longue distance (Préparer un 25km en coupe de France).

Me voilà inscrit à plusieurs longues distances cette année dont un 15km à enchainer derrière un 10km à Saint Pardoux mais aussi un 25km à Rouen le lendemain d’un 10km pour ouvrir la saison de Coupe de France sur une maudite épreuve Aqua Challenge (mot compte double au classement) ce qui fait que je joue 1/3 de mes kilomètres totaux et un peu plus de mes points sur un week end de reprise de la compétition en eau libre. C’est assez osé mais le pari peut être payant en terme de classement. Le point positif de cette épreuve : l’organisation (les Vikings de Rouen) est très bonne et si la météo n’est pas garantie en ce début de mois de juin, je connais déjà ce lac dans lequel j’ai fait en 2017 un 10km en 2h22.

Le reste de la saison sera une alternance de 5km et de 10km en mer ou en lac pour viser les 2000 points au final et un place à nouveau dans le top 5 de cette coupe de France dans une catégorie où Axel Reymond a pris place cette année. Le kid ayant plus de 26 ans désormais il faudra éviter de prendre des tours et se la jouer une dernière année avec les torpilles de l’équipe de France et autres.

L’affiche de l’an dernier qui promet une rencontre avec Ragnar Lothbrok et sa troupe, cette année il faut prévoir une catégorie super élite pour le 25km

L’enjeu sera donc de terminer ce long week end (10km le samedi soit 4 tours et 25km le dimanche soit 10 tours) et bien négocier l’hydratation et la récupération. 

Un peu à l’image des courses en montagne, on peut classer les compétitions en eau libre en 3 catégories selon des critères simples. Pour ma part, un 5km que ce soit en lac ou en mer est une distance que je maitrise parfaitement, à l’inverse si la distance est raccourcie, un 3km ou moins, il s’agit d’un sprint qui va me faire mal au bras et en terme de classement. Mais le semi marathon est un exercice maitrisé sur lequel je vise un classement et un chronomètre de référence. Ma meilleure marque étant autour de 1h06 au Monte Cristo sur une course facile en mer.

Un 7.5-10km se joue essentiellement dans la tête et une défaillance n’est pas impossible on dépasse la distance nagée quotidiennement à l’entrainement et la nutrition/hydratation est un point stratégique, les conditions de course peuvent aussi influencer négativement ce genre de journée. Nager seul notamment et n’avoir aucune chance de remonter sur des nageurs qui vont s’éloigner logiquement va vite peser sur la seconde moitié de la course.

Enfin toutes les distances qui vont se situer au delà de 15km sont synonymes non pas d’inconnu mais de test où il s’agira juste de ne pas craquer, le chronomètre, s’il se joue encore sur un marathon, n’est plus de mise sur une telle distance, finir dans les délais selon les critères de course et ne pas exploser, ne pas souffrir physiquement, le mental sera déjà suffisamment dans le dur.

Alors me voilà confronté à un défi majeur dès mon premier week end de compétition avec un enchainement inconnu, 10km et 25km en moins de 24h, si j’ai déjà privilégié, depuis 2017, les week ends de compétition à 2x10km il faudra se rappeler que l’an dernier j’avais débuté la saison à Paris pour l’Open Swim Stars et que le 2km du dimanche avait été très dur à enchainer après la longue distance de la veille au soir.

Je mise d’abord sur une préparation plus aboutie autour de 3 thèmes :

Du volume d’abord mais en privilégiant les sessions qualitatives et donc en insistant plus sur l’intensité que sur la seule distance. L’objectif étant autour de 28km par semaine sur 5 à 6 jours.

S’il est assez rare que je réalise des sessions de plus de 5-6km il est assez commun qu’une journée se divise en 2 sessions de 4km et que la seconde soit réalisée en club avec quelques sprints bien placés.

Enfin un travail technique basé sur la prise d’eau et les appuis sous marins afin de garder la meilleure propulsion possible, mais aussi sur la fréquence de bras en faisant quelques sorties en prone paddle board.

Il s’agit d’une planche type surf destinée à la rame allongée ou à genoux, qui permet d’évoluer en mer (ou en lac) à un régime sous la minute au 100m et à une cadence de bras bien plus élevée qu’en natation (70 rpm+). Il y a dans cette pratique une forme de souffrance pour le dos et la nuque ainsi que pour les épaules et les bras que l’on ne retrouve pas en natation du fait d’un retour aérien plus relâché et d’une position plus naturelle dans l’eau que sur la planche. 

Alterner les disciplines et se mesurer à d’autres athlètes en prone, sauvetage côtier ou en surf et en Mountain Bike voilà une saison bien remplie digne d’un retour au Pays Basque

Il y a tout de même pas mal d’avantage à ce sport et aussi un grand plaisir à évoluer en pleine mer, en pouvant boire facilement depuis un porte bidon situé devant la tête et de pouvoir s’arrêter pour admirer le paysage et la côte d’un point de vue unique.

J’ai donc pas mal pratiqué depuis le printemps cette discipline afin de dédoubler des sessions et de nager 2 à 4km après avoir déjà réalisé plus de 5-6km sur la planche (soit 45-60’ de rame pour fatiguer l’organisme). Je participerai d’ailleurs à un 12km à la rame à Lacanau mi Mai afin de travailler encore plus les bras en essayant de suivre des rameurs plus affutés que moi sur différents engins (pirogues, OC1, SUP…) avec comme objectif de maintenir une allure donnée en fonction de la météo (autour de 1′ max au 100m soit 10′ au km).

Dans le genre, une journée dites des 3×50 minutes fut un délice pour préparer un peu mieux les 10km en eau libre, il s’agissait de faire 50 minutes de rame avec une cadence bien élevée (plus de 68-77 rpm) non stop sans jamais ramer à genoux, puis de se changer et nager 50 minutes en mer à une allure qualifiée d’aérobie pendant 50’ à 1’28 ou moins (plus facile pour moi en mer de tenir cette allure). Enfin d’enchainer après un petit break une session d’une heure en piscine en club avec les copains qui envoient sur 25-50m ou plus. 

Résultat, 6km en prone paddle, 3300m en mer et en piscine en finissant fort et sans problème.

Une session en piscine après une journée passée sur la planche et en eau libre, du fractionné qui fera du bien le jour J pour garder une allure plus facile. On voit que la vitesse est bonne en fin de session.

Le but sera de renouveler une ou deux fois cet entrainement en haussant un peu les durées et/ou les allures afin de fractionner utilement un effort de type 10km en eau libre en compétition. Cela devrait me permettre de terminer plus fort sur cette distance et de renforcer le mental sur la deuxième moitié de la distance.

Pour ce qui est de la préparation au 15km et au 25km, je me dirige vers un 17km en piscine en profitant d’une après midi complète 10 jours avant le week end de Rouen, soit 5 heures de nage non stop en bassin de 25m afin de nager en régularité et tester une hydratation bien dosée afin d’avoir un apport calorifique et une concentration (osmolarité) approximative de 284mmol/l quand l’idéal se situe autour de 240mmol/l pour rester sous celle de la concentration du plasma humain (280-300 mmol/l) vers lequel cette boisson et ses apports nutritifs doivent se diriger afin de rester hydraté et alimenté en sucres.

Mon choix se porte sur une boisson isotonique que je vais constituer moi même avec de l’eau minérale type Thonon ou Evian (39cl) avec un morceau de sucre (saccharose), une pincée de sel (1g+), 25ml de jus de citron et 10cl de jus de pomme par demi litre d’eau. Vous l’aurez compris c’est assez facile de trouver ces ingrédients un peu partout dans un supermarché et de se souvenir de la recette. 

Le résultat théorique sera une boisson un peu trop concentrée (44mmol/l de trop ) mais disposant d’un apport de glucides à son maximum (16g/demi litre) pour 64kcal, ce qui me laisse l’occasion d’ingérer un gel ou une compote, voire une banane pour mâcher un peu… Je me situe dans la moyenne basse de ce que mon corps tolère en apport glucidique par heure (80g) et je reste largement sous la barre des 20g/h de fructose qui sont souvent synonyme de maux de ventre. Enfin les 473mg de sodium vont permettre de reconstituer les réserves du fait de la transpiration (à condition de ne pas nager en combinaison Néoprène sous le soleil) qui devrait se situer autour de 600 mg/h,  et un fort pouvoir sucrant devrait me changer du gout de l’eau du lac et permettre à mon cerveau de prendre un bon coup de boost à chaque ravitaillement.

Un exemple d’une boisson bien concentrée qui joue son rôle et diffuse du glucose dans le sang sans trop de vidange gastrique.
à l’inverse un exemple ce qu’un gel ou un coca peut provoquer pour votre organisme.

Lors du 25km, je devrais boire un demi litre toutes les heures et les ravitaillements auront lieu toutes les 40-45 minutes. Un demi litre m’attendra à chaque fois et si je ne bois pas la totalité il faudra au moins en vider les 3/4 pour être sûr de rester hydraté et alimenté pour finir cette course en moins de 7h sans avoir à uriner trop souvent ce qui voudrait dire que le liquide se dirige vers la vessie un peu trop vite sans donc apporter ses nutriments au sang.

La session en piscine étant fixée à 5h non stop, elle me permettra de valider la quantité buvable, le goût mais aussi la sensation de faim sur la durée. Il faudra combattre l’ennui du bassin qui sera plus facile à faire passer en eau libre grâce aux tours pas si nombreux que cela (10x2500m +/-) et aux autres concurrents et ravitailleurs. Par contre je n’aurais pas de montre le jour de la compétition (logiquement interdit en coupe de France) alors qu’en piscine j’aurais une chrono et une distance indiqués à mon poignet, ce qui peut aider aussi à garder un rythme notamment à travers une alerte tous les 500m afin de garder un certain rythme qui peut m’amener à nager presque 18km si le mental est là.

Enfin le jour J à Rouen, en ayant bien mangé et bu depuis les dernières 72 heures je devrais être capable de terminer la course à 80% de ma puissance maximale sans me mettre dans le rouge et sans souffrir. Le rendez vous est pris ce sera dans un mois.

Bilan de l’année d’eau libre 2018

Pour ceux et celles qui aiment les statistiques voilà une évolution des distances que j’ai nagé depuis 2016

Après avoir plafonné autour de 800km les deux dernières années, J’ai pu nager plus de 1260km cette année en piscine et en eau libre pendant 12 mois avec une coupure en fin d’année, soit 320 séances de natation. À quoi il faut rajouter pas mal de vélo.

J’avais mis une grosse option sur l’augmentation de la distance pour passer un cap dans mon entrainement, au détriment de la vitesse ce qui s’est ressenti sur les 10km, mais qui m’a permis aujourd’hui de gagner en endurance, en force sans aucune blessure, avant de me replonger dès janvier prochain dans des séries de sprints pour améliorer mes temps sur notamment 3 et 5km. (Pour cette année 39’51 sur 3km et 1h06 sur le 5km du Monte Cristo)

La courbe la plus foncée est celle de 2018 avec 105km par mois jusqu’à la fin de saison qui amorce une descente vertigineuse…

Je boucle donc 2018 en ayant fait près de 15 compétitions soit 81km (dont 5 distances marathon).

Je termine, à nouveau 5ème du classement coupe de France pour les maitres 1 et dans le top 30 au niveau Européen lors des championnats de la LEN en Slovénie sur 3 et 5km.

L’an prochain sera beaucoup plus orienté vitesse, le fait d’avoir rejoins non pas un mais deux clubs, l’un de triathlon et l’autre de sauvetage côtier me permettant de travailler notamment ce point-ci mais également d’améliorer pas mal de sessions de manière qualitative.

Des traversées en pleine mer entre copains voilà surement ce que je préfère dans cette discipline.

Le programme 2019 lui sera fait de belles traversées au Pays Basque et de quelques compétitions notamment des 5 et 10km ici ou là en Europe, peut en Italie et en Catalogne pour aller me confronter à un plateau relevé et découvrir de nouveau spots.

En aout prochain se dérouleront les championnats du monde masters en Corée du sud, l’occasion si cela est possible d’aller me confronter au meilleur sur 3km et de ramener une belle performance avant de basculer chez les plus de 45 ans.

J’ai eu encore un énorme plaisir à rencontrer des eau libristes tout au long de l’année, aussi bien au Liban (ATCL) que ceux du Paris Aquatique, de Nîmes, de Montpellier ou d’ailleurs, de partager quelques sorties avec les collègues basques ou encore avec Babette lors de la traversée Hendaye Saint jean de Luz. 

Même nager seul en combinaison ne donne aucun sentiment de culpabilité.

Je vous donne rendez vous l’an prochain avec de nouveaux défis (le début du Ocean’s 21), et de nouveaux partenaires qui permettront surement de développer encore et toujours l’eau libre. J’aurais l’occasion d’aborder également des sujets sur le sauvetage côtier, la nage avec palmes en mer très agitée (notamment pour les photographes de surf) ou l’ultra endurance avec des traversées de 30km et plus en natation mais aussi en proie paddle une autre discipline que j’affectionne. Un bon programme bien solide.

Bonne année à vous toutes et tous…

Hypothermie (suite) les raisons physiologiques

Les premières études enregistrées sur les effets de l’immersion en eau froide sur le corps humain sont sans doute celles du Docteur James Currie qui n’avait pu sauver en décembre 1790 les passagers d’un voilier américain échoué en eau froide. Déjà en 450 av JC, Hérodote, relatant l’expédition du général Mardonius témoigne que « ceux qui ne savaient pas nager ont péri de noyade, les autres de froid ».

Et depuis si on comprend mieux les mécanismes et les enjeux d’un tel phénomène ils sont souvent ignorés de la plupart de nageurs ou des baigneurs. Voilà donc un petit rappel.

Tout d’abord, qu’est ce que le froid? On peut déterminer la température du corps qui sera bien souvent de 36.9°C avec une fluctuation selon l’heure de journée (au plus chaud à 18h et au plus froid à 4h du matin) et surtout une fluctuation en fonction de la méthode de prise de température., tout ce qui va faire baisser celle-ci est donc du froid.

La méthode de prise de température en elle même est primordiale car elle ne sera pas la même en rectale, buccale ou sous l’aisselle voire sur le front, donc il faut privilégier la prise à l’aide d’une thermomètre médical et sur une durée de 3 à 5 minutes pour obtenir un chiffre réel et donc définir si l’on a chaud ou froid.

Une fois notre corps plongé dans l’eau froide celui-ci va connaitre deux mécanismes biologiques, celui de l’augmentation de la production de chaleur d’une part, et  d’accroissement de l’isolement thermique du corps d’autre part.

Le premier phénomène d’augmentation  de production de chaleur est obtenu par contraction musculaire mais celle-ci peut être volontaire ou involontaire.

La contraction musculaire à l’effort au cours de l’exercice va dégager de la puissance, ainsi au repos un homme de 70kg produit une puissance allant de 60 à 100 watts qui va être entièrement convertie en chaleur et lors d’un effort cela pourrait atteindre 1000 à 1200 watts dont seulement 800 watts seront convertis en chaleur.

Enfin si on comprend bien ce qu’est la contraction volontaire on se souvient aussi qu’au contact du froid on frissonne et il s’agit là de la contraction involontaire. Elle est moins efficace car elle ne développe que 400 watts et surtout reste limitée dans le temps à 3 heures mais peut surtout mettre la personne en danger en l’empêchant d’avoir des gestes coordonnés (pour s’habiller, pour sortir de l’eau, pour tenir du matériel de secours ou passer un appel…)

Le second phénomène est celui de l’accroissement de l’isolement thermique qui est simplement la conséquence de la modification de la circulation sanguine dans la peau et le tissu sous cutané. Pour faire simple la plus grande partie de la chaleur corporelle est produite par le fonctionnement des organes et des muscles et celle-ci est distribuée vers la surface cutanée par le biais de la circulation sanguine. Mais sous l’effet du froid la circulation périphérique (comprendre l’envoi de sang vers les extrémités par exemple) peut être réduite par vasoconstriction des vaisseaux et fermeture des boucles capillaires cutanées afin de maintenir la chaleur dans le centre du corps et le cerveau (le maitre des lieux qui va toujours privilégier son propre confort).

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Ainsi pour vous donner un ordre d’idée le débit sanguin normal de notre home de 70kg est de 20ml/minute en temps normal mais il peut être réduit à 1ml/minute et sa conductance thermique elle peut être divisée par 2 sous l’effet de la vasoconstriction.

Ici entre en scène le débat sur les différences de réaction au froid entre les individus et notamment l’importance du gras ou du poil pour mieux conserver la chaleur par rapport à un individu imberbe et maigre qui sera beaucoup moins tolérant.

Pour nous qui sommes exposés au froid de l’élément liquide il faut aussi prendre en compte notre refroidissement notamment à la sortie de l’eau du fait du vent qui va participer encore plus vite à celui-ci. Il faut donc s’isoler du froid ou éviter de s’y exposer ou de sortir de l’eau en pensant que ça ira mieux.

En sortant il faut se couvrir notamment la tête pour réchauffer le cerveau et ne pas oublier que 20% de la perte de chaleur se situe dans cette région et laisser le corps se réchauffer tout seul en évitant de toucher des objets chauds pour ne pas se bruler, ou ne pas provoquer un choc thermique en prenant une douche chaude. En cas de médicalisation on pourra respirer de l’oxygène réchauffée ou provoquer un réchauffement des organes grâce à des transfusions ou lavages. Mais on parle ici d’un corps qui serait déjà descendu très bas en température et qui dès lors ne serait pas en capacité de la faire remonter de lui même.